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samedi, 22 septembre 2012 05:55

Le cylindre de Cyrus : première Déclaration universelle des droits de l’Homme

 
Le cylindre de Cyrus, petit rouleau de terre cuite d’une longueur d’environ 22 centimètres, a la particularité de présenter sur toute sa surface un texte en cunéiforme babylonien, gravé sur les ordres du roi achéménide, Cyrus II le Grand, après sa conquête de l’Empire babylonien en 539 avant l’ère chrétienne. Il fut découvert en 1879 sur le site de Babylone - appartenant à l’époque à l’Empire ottoman, aujourd’hui en Irak - par une équipe d’archéologues du British Museum de Londres. Il fait partie des collections de ce musée, l’un des plus grands du monde.

La présentation particulièrement soignée par les organisateurs de l’exposition est digne de cette trouvaille archéologique qui a acquis un statut d’icône en sa qualité de témoin d’un grand événement de l’histoire du Moyen-Orient, à savoir la prise de Babylone qui a permis l’extension de l’Empire perse achéménide sur la plus grande partie du Proche-Orient, des frontières de l’Egypte à celles de l’Inde. Son texte, qui autorisait le retour vers leur pays d’origine de peuples déportés par les différents rois de Babylone, impliquait une liberté de l’expression religieuse dans l’Empire perse.

Bien qu’écrit en babylonien et exécuté en Irak, ce cylindre est considéré comme faisant partie de la longue histoire de la Perse. Il permet de rappeler qu’au faîte de sa puissance, Cyrus était à la tête d’un empire immense et prospère.

Le texte du cylindre et ses interprétations

Cyrus y proclame qu’il a conquis Babylone sans combattre, avec l’aide de Marduk, le dieu principal de cette cité. Puis il décrit les mesures prises en faveur de ses habitants et détaille comment il a rendu aux temples de Mésopotamie et d’Iran occidental leur faste d’antan par des restaurations d’envergure et permis le retour des représentations de leurs dieux, que Nabonide, le roi de Babylone vaincu et capturé par Cyrus, avaient emportées. Il décrit par ailleurs l’organisation qu’il met en place pour permettre le retour dans leur pays des peuples conquis et déplacés dans l’Empire de Babylone par ses rois.

Voici une partie du texte en français de la traduction effectuée par Irving Finkel, du British Museum :

« Je suis Cyrus, roi du monde, grand roi, puissant roi, roi de Babylone, roi de Sumer et d’Akkad, roi des quatre quarts du monde, le fils de Cambyse, grand roi, roi d’Anshan, petit-fils de Cyrus, grand roi, roi de la cité d’Anshan, descendant de Teispès, grand roi, roi d’Anshan, d’une lignée royale éternelle, dont Bel [Marduk] et Nabû aiment la royauté, dont ils désirent le gouvernement pour le plaisir de leur cœur. Quand je suis entré à Babylone d’une manière pacifique, j’établis ma demeure seigneuriale dans le palais royal au sein des réjouissances et du bonheur. Marduk, le grand seigneur, fixa comme son destin pour moi un cœur magnanime d’un être aimant Babylone, et je m’emploie quotidiennement à sa dévotion. Ma vaste armée marcha pacifiquement sur Babylone ; je ne permis à personne d’effrayer les peuples de Sumer et d’Akkad. J’ai recherché le bien-être de la cité de Babylone et de tous ses centres sacrés. Pour ce qui est des citoyens de Babylone, auxquels [Nabonide] avait imposé une corvée n’étant pas le souhait des dieux et ne [...] convenant guère [aux citoyens], je soulageai leur lassitude et les libérai de leur service. Marduk, le grand seigneur, se réjouit de mes bonnes actions. Il donna sa gracieuse bénédiction à moi, Cyrus, le roi qui le vénère, et à Cambyse, le fils qui est ma progéniture, et à toute mon armée, et en paix, devant lui, nous nous déplaçâmes en amitié. Par sa parole exaltée, tous les rois qui siègent sur des trônes à travers le monde, de la Mer Supérieure à la Mer Inférieure, qui vivent en des districts fort éloignés, les rois de l’Ouest, qui résident en des tentes, tous, apportèrent leur lourd tribut devant moi et à Babylone embrassèrent mes pieds. De Babylone à Assur et de Suze, Agade, Eshnunna, Zamban, Me-Turnu, Der, d’aussi loin que la région de Gutium, les centres sacrés de l’autre côté du Tigre, dont les sanctuaires avaient été abandonnés pendant longtemps, je retournai les images des dieux, qui avaient résidé [à Babylone], à leur place et je les laissai résider en leurs demeures éternelles. Je rassemblai tous leurs habitants et leur redonnai leurs résidences. En plus, sur commande de Marduk, le grand seigneur, j’installai en leurs habitats, en d’agréables demeures, les dieux de Sumer et Akkad, que Nabonide, provoquant la colère du seigneur des dieux, avait apportés à Babylone. Puissent tous les dieux que j’installai dans leurs centres sacrés demander quotidiennement à Bel et Nabû que mes jours soient longs, et puissent-ils intercéder pour mon bien-être. [...]Le peuple de Babylone bénit mon règne, et j’établis toutes les terres en de pacifiques demeures. »

Dès l’Antiquité, Cyrus fut considéré par quelques Grecs, Hérodote et Eschyle en particulier qui ont vécu après sa mort, comme un grand conquérant plein de bonté. Bien que les Juifs déportés à Babylone par Nabuchodonosor II ne soient pas mentionnés dans le texte du cylindre, la Bible mentionne leur retour à Qods par la volonté du grand Cyrus.

Les Nations Unis firent traduire le texte du cylindre de Cyrus dans toutes les langues officielles de l’organisation. Une copie est toujours exposée à la vue des visiteurs dans l’immeuble des Nations-Unies à New-York.

Comme le rappellent des historiens tels que Josef Wiesehِfer et Hanspeter Schaudig, spécialistes allemands de l’histoire de l’Assyrie, faire de Cyrus un pionnier de l’égalité est un non-sens historique.

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