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lundi, 09 mars 2015 11:02

Neichabour : le tombeau d’Attar

Neichabour : le tombeau d’Attar

Figure de proue de la poésie persane, Fereydoun Abou Hâmed Mohammad Attar de Neyshâbour est peut-être un des Grands Classiques avec une aura les plus mystérieuses. Les rares données concernant sa vie et son parcours spirituel et littéraire le laissent encore plus inconnu que Sanâï (poète persan qui vécut un siècle avant lui). Ses parents, sa famille, ses contemporains, ses maîtres et ses voyages font tous partie du côté secret de sa biographie. A ce sujet, tout ce qui a été dit sur lui est ponctué de légendes et de probabilités.

Pourtant, les quelques sources crédibles qui nous sont restées jusqu’à aujourd’hui attestent qu’il est né à Neyshâbour en 1146 et qu’il fut tué en 1221 lors de l’invasion moghole en Perse.  Son père était pharmacien et après sa mort, Attar reprit le commerce familial et devint apothicaire. Apparemment, c’est vers le milieu de sa vie que sa rencontre avec un derviche changea sa vision du monde à jamais. La légende dit qu’un jour, un pauvre derviche entra dans sa boutique d’apothicaire et lui demanda une aumône qu’il refusa. « Mon fils, comment allez-vous mourir ? »lui demanda le derviche. « Je vais mourir comme vous », lui répondit Attar. Le derviche mit son bol en bois de derviche par terre, s’allongea et y posa la tête, puis mourut. En voyant cette scène, Attar sortit de son magasin, se repentit et se consacra désormais au soufisme et à l’ascèse.

Quant à ses œuvres, dans le prologue de son ouvrage Mokhtar-Nâme (ensemble de ses quatrains) écrit vers la fin de sa vie et réunissant 2300 quatrains, il évoque lui-même ses livres : « Le règne de Khosrow est apparu dans le monde et mon Asrâr-Nâme est terminé. » Outre les quatrains du Mokhtar-Nâme, il est aussi l’auteur de quatre autres longs poèmes : Asrâr-NâmeMantiq at-Tayr (La conférence des oiseaux), Mossibat-nâme et Elâhi-Nâme. Ce dernier a également été publié sous son vrai nom Khosrow-Nâme, mais plus connu sous le nom d’Elâhi-Nâme puisque le livre s’ouvre sur une prière qui commence par le terme « Elâhi » ("Mon Dieu")D’après les recherches du professeur allemand Helmut Riter, Attar n’a pas eu l’intention de nommer son ouvrage Elâhi-Nâme.

Mantiq at-Tayr, (La Conférence des Oiseaux)  composé en 1177, est l’une des œuvres mystiques les plus brillantes de la gnose persane. 

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