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mercredi, 10 juin 2015 07:01

10 juin: Journée mondiale de l’artisanat

10 juin: Journée mondiale de l’artisanat

Le calendrier mondial a dédié le 10 juin aux travaux artisanaux. Ce qui offre une occasion pour avoir une plus juste conception de l’artisanat et en quoi consiste justement le patrimoine culturel.

La civilisation plurimillénaire iranienne a laissé en héritage un patrimoine culturel et artistique riche dans sa diversité et précieux dans sa rareté,  un patrimoine qui constitue aujourd’hui l’identité régionale et historique des habitants de cette terre. Une partie essentielle qui est  aujourd’hui protégée des aléas du temps par sa perpétuation, comprend l’artisanat iranien. L’artisanat doit  son importance à son rôle dans la sauvegarde des  techniques d’art autochtones. Il incarne aussi le goût et la finesse artistique, en l’occurrence iranienne, grâce à son caractère manuel et à la délicatesse des réalisations auxquelles il donne lieu.

Il faut également préciser que l’artisanat de chaque région et de chaque époque historique est révélateur du tempérament, du goût, de l’arrière-plan historique, des conditions géographique, sociale, économique et même politique du pays en question. Le tapis persan, le kilim, la marqueterie, la ciselure, la mosaïque, la poterie, l’émaillure, la calligraphie, l’art du métal et des pierres précieuses, l’enluminure, la céramique, la verrerie… révèlent le tempérament artistique des iraniens, leur proximité à la nature et leur attachement aux pratiques traditionnelles. Les images peintes ou incrustées dans les différents artisanats iraniens rendent compte des styles de vie et des croyances, ainsi que de leur intégration au sein des pratiques sociales. Cette diversité artistique - pourtant harmonieuse - est un symbole à la fois de la variété et de l’unité culturelle des régions iraniennes. C’est justement ce thème qui va être développé au fil des éditions du nouveau magazine de la rédaction francophone de l’IRIB, « La magie des doigts ».

En général, lorsqu’on parle du « patrimoine culturel », l’on se souvient des œuvres historiques et architecturales ; des monuments historiques tels que Persépolis près de Chiraz ou la « place Naqsh-e-Djahan » à Ispahan, de même qu’on se rappelle des voyages dans les villes comme Rome et Athènes ou la visite des enceintes anciennes et historiques en Chine et en Inde. Or, une réflexion plus approfondie fait émerger dans l’esprit des musées et des œuvres historiques, des œuvres telles que des manuscrits, des objets d’art et des objets découverts par les archéologues, tout ce qui nous est resté des anciennes civilisations et qui dévoilent des secrets sur la vie de nos ancêtres. Le patrimoine culturel des peuples comprend aussi des concepts immatériels tels que la langue, les croyances, les convictions, les rites, les traditions…

Pour commencer, nous posons une question essentielle : en quoi consiste  exactement le « patrimoine culturel » ?

Lorsqu’on parle de la culture, on se souvient  a fortiori des œuvres d’art dans différentes branches dont la musique, le cinéma, le théâtre... Une autre partie de la culture se manifeste au sein la société qui comprend les us et coutumes du peuple, son quotidien, la façon dont les gens s’habillent, dont ils parlent et dont ils conduisent leurs voitures. Cette partie de la culture retient l’attention du peuple, en général, de même qu’elle attire les programmations et les campagnes des médias. Il y a même des termes particuliers tels que « la culturalisation » via laquelle, l’on essaye de changer le comportement des gens, les conduisant vers un objectif ou but particulier.

La réalité est que la culture est comme un arbre dont les racines, le tronc et les branches ont pris forme, durant des siècles et des millénaires. Si cet arbre donne de fruits c’est parce qu’il y a des réactions  naturelles dans la racine et le tronc de cet arbre. Or, si l’on veut voir cet arbre aussi vivant que fécond, il est tout à fait naturel qu’on doit se focaliser sur sa racine et son environnement.

Les racines authentiques d’un peuple, le symbole de son identité résident dans son « patrimoine culturel »,  ce qui ne se limite pas, selon les chercheurs et les penseurs, dans une partie infime. Le patrimoine culturel influe sur tout. C’est un arbre à l’abri duquel, nous sommes nés, nous sommes élevés et nous apprenons à vivre. Il ne faut pas toutefois oublier que notre mode de vie, a ses influences sur la promotion du patrimoine culturel  sans jamais pouvoir l’anéantir. Les racines de cet arbre restent solides et invulnérables.

Le « patrimoine culturel » est notre seule voie d’accès et de lien avec nos ancêtres, la seule voie, d’ailleurs, qui est la plus sûre et la plus certaine pour les connaître, une connaissance via laquelle, nous pouvons connaître même revivre leur mode de vie, leurs us et coutumes et leurs visions et comprendre l’histoire, de manière plus réelle et plus palpable qu’en lisant des livres d’histoire. Pour être plus précis, évoquons le cas des Etats-Unis dont les antécédents historiques sont  limités. Les Américains manquent un « patrimoine culturel » à l’exception des amérindiens qui peuvent se référer à leur patrimoine culturel.  Par contre, sur un territoire aussi ancien que l’Iran, des signes de la vie urbaine et rurale sont perceptibles depuis des millénaires.

Nombreuses sont les sources auxquelles on peut se référer pour connaître le patrimoine culturel des Iraniens.

La civilisation plurimillénaire de l’Iran a laissé en héritage tout un ensemble qui forme le patrimoine culturel et l’identité historique et nationale des Iraniens. Ce patrimoine a des manifestations diverses dont chacune décrit, de la meilleure manière, le passé brillant et la riche civilisation de ce territoire. Et parmi toutes ces manifestations qui témoignent l’identité, l’art et le génie des Iraniens, nous nous pencherons,  dans ce magazine sur « l’artisanat ».

Le Néolithique, il y a environ 8000 à 4000 ans avant J.-C., c’est l’ère du début de l’agriculture et de l’apprivoisement des bestiaux. A cette ère, dans certaines régions du sud-ouest de l’Asie dont l’Iran actuel, l’homme a dépassé l’étape de la collecte de nourritures et de la chasse pour arriver à celle de l’agriculture et de l’apprivoisement des bestiaux. Parmi les inventions de cette ère, on peut évoquer la roue et le bateau. Les premiers villages et la sédentarisation datent également de la même ère du Néolithique. Il est évident qu’une des nécessités de cette vie sédentaire, s’avère la construction des maisons et l’agriculture qui exigent, tous les deux, l’existence et l’accès à l’eau.

Les œuvres les plus anciens de cette ère, concernent les sites archéologiques de « Teppe Gandj Darreh » et « Assiyab » près de Kermanshah aussi bien que « Ali Kash » à Ilam dans l’ouest de l’Iran.

Sur cette vaste région, les hommes vivaient, au début, en petits groupes séparés avant de se réunir et de s’installer dans un même endroit. Ainsi les premiers villages se sont apparus. Les objets  qui nous sont parvenues de cette période, montrent comment l’homme a su fabriquer des outils en pierre, dont des lames à dents avec diverses formes géométriques.

L’homme qui avait appris à planter des graines comestibles, s’est vu obligé de conserver ces graines dans un endroit. Il a senti le besoin des récipients qui sauraient résister devant la chaleur et l’humidité pour pouvoir y garder ses graines sans risquer de les retrouver pourris. C’est alors qu’il s’est mis à fabriquer les premières vaisselles, en mélangeant l’eau et la terre, s’inspirant des formes naturelles. Ainsi sont-elles apparues les premières poteries.  Les objets découverts au XXe siècle, au  « Teppe Ziwiye » dans la province du Kurdistan dans l’ouest de l’Iran, sont des exemples remarquables de poteries. Parmi d’autres, c’est une pièce de vaisselle très belle et artistique, ayant une anse de forme de l’aigle. Cette pièce, brisée d’ailleurs, a été fabriquée avec de la boue de couleur bleu océan et elle mesure 14 cm de hauteur. Elle se servait dans les cérémonies de rite.

D’après les recherches effectuées et les objets divers découverts dans les fouilles archéologiques, l’Iran, avec l’Inde et la Chine, est le principal foyer de l’artisanat du monde. L’Iran devance, en plus, l’Inde et la Chine, du point de vue de diversité de ses travaux artisanaux. En Iran, environ 152 sortes d’artisanat ont été trouvées et reconnues, qui, avec leurs sous-branches, s’élèvent à 253. L’artisanat en Iran a, par ailleurs, plus d’ancienneté par rapport à l’Inde et à la Chine, sans évoquer sa distinction du point de vue de taux de production et de la richesse  d’expérience de leurs fabricants, en tant qu’appui de cet art.

Il faut préciser que l’artisanat, sans oublier son sublime rôle culturel, assurait des siècles durant, une sorte d’équilibre économique et social dans ces pays. En effet, un grand nombre d’artisans dans les villes et les villages gagnaient la vie, grâce à leurs travaux artisanaux d’autant plus que l’artisanat est considéré comme un important facteur dans la promotion de l’économie rurale.  Les travaux artisanaux qui datent d’il y a des millénaires, sont la manifestation de la culture, de l’art, des us et coutumes et des croyances des gens de l’époque où elles avaient été créées. Ces œuvres et objets nous aident à comprendre les anciens dans leur mode de pensée, de vie, de communication... Ces objets n’avaient pas dans leur fonction initiale, destinés à être conservés au musée, à servir de décoration ou d’objet de luxe. L’artisanat avait toujours une présence active dans le quotidien des gens. Par exemple, les Iraniens s’asseyaient sur le tapis qu’ils tissaient. Ils buvaient dans les pièces de vaisselles, décorées de magnifiques dessins et formes, inspirées de leur culture et de leur art et ils s’habillaient des vêtements dont ils avaient tissés l’étoffe de leurs propres mains. Tout ce qui existait, c’était de l’art. L’artisanat embellissait la vie.

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