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lundi, 10 novembre 2014 08:53

La céramique préislamique iranienne (1)

Si l’argile constitue la matière première de la poterie, la céramique doit cependant son éclosion, sa renommée et sa survivance aux travaux des artisans qui l’ont ornée avec des couleurs et des dessins splendides. Au début, les poteries avaient  uniquement une fonction quotidienne, servant aux premiers hommes de vaisselles. Au fil du temps, l’art contribua à embellir les poteries par des motifs les plus variés.

Comme les premiers hommes fabriquaient des pièces de vaisselle en argile, la céramique mérite donc d’être considérée comme l’un des artisanats le plus ancien et le plus en usage dans le monde entier. Nous ne possédons certes pas de documents susceptibles de nous informer sur la genèse de cet artisanat, cependant selon certaines estimations, il serait apparu entre 7000 et 10 000 av. J.-C., et fut d’abord pratiqué par des femmes. Selon Maurice Dumas, cet art est né au moment où il devait naître, c’est-à-dire au temps où les hommes ont appris à cultiver la terre et ont eu besoin de récipients afin de conserver leur récolte.  De la période néolithique (7000 av. J.-C.) nous sont transmis des indices nous conduisant vers les premiers objets fabriqués en pâte argileuse. Ces hommes qui ne connaissaient pas l’art de faire cuire la tuile, laissaient sécher à l’air ou exposaient au soleil les objets qu’ils fabriquaient en pâte argileuse. Ainsi, les tuileaux restés de cette période sont fragiles et non-résistants. Selon Herbert Read, « les débris de tuile restés de cette période dénotent à quel point les premiers hommes qui n’avaient ni divinité, ni calligraphie, ni littérature, ni science, fabriquaient des objets qui, même aujourd’hui, sont admirables ».  J. Glack attribue les premières pratiques de cet art aux habitants des vallons du Mexique, aux Amérindiens, aux Thaïs, aussi bien qu’aux habitants de quelques régions de l’Afrique. Quant à l’Iran, il cite les noms des provinces telles que le Baloutchistan, le Kurdistan et le Guilan. Selon Maurice Dumas, les Egyptiens antiques fabriquaient des objets en pâte argileuse ; les tuileaux qui nous sont transmis de cette ère prouvent cette hypothèse. Bien que les Egyptiens aient possédé la matière brute de cet art, les restes des objets en pâte argileuse qui nous sont parvenus dénotent une certaine impureté dans leurs matières premières par rapport à ceux transmis par les Grecs. Ainsi peut-on prétendre que les Grecs étaient plus doués, plus habiles et plus avancés dans la pratique de cet art, cependant, leur notoriété ne fut que de courte durée en raison de l’augmentation des échanges commerciaux entre les îles ioniennes, la Mésopotamie et le plateau iranien, puisque les commerçants préféraient désormais importer de l’Iran des objets en pâte argileuse, et le style et l’art des Iraniens sont à remarquer dans la céramique grecque.

Parmi les arts, la céramique occupe une place privilégiée grâce au caractère résistant de sa matière brute qui, contrairement au bois et au métal, ne se désagrège pas facilement et peut fournir aux chercheurs de précieuses informations. A la suite des excavations et découvertes archéologiques, et d’après les estimations de Mohammad Youssef Kiâni, durant l’Antiquité, cet art était particulièrement florissant dans quatre régions du plateau iranien : à l’ouest des montagnes du Zagros (actuelle province de Kermânshâh), sur le littoral sud de la Caspienne (provinces de Guilan et Mazandéran), au nord-ouest du plateau iranien (province d’Azerbaïdjan) et au sud-est de l’Iran (Sistan et Baloutchistan).

A la suite des dernières fouilles archéologiques effectuées à la lisière du désert central de l’Iran, on a découvert des tuileaux dont l’ancienneté remonte à 8000 ans av. J.-C. De même, les investigations effectuées dans la région de Herssin et de Ganjeh Darreh, les céramiques découvertes à Ghazvin, Kâshân et au Mazandéran font dater l’âge général de la céramique en Iran à 7000-8000 av. J.-C. Ainsi, avant même l’invention des premiers tours de potiers, des céramiques ornées de dessins de plantes et d’animaux symboliques étaient fabriquées. L’invention du tour de potier contribua non seulement à faciliter la fabrication des objets en pâte argileuse, mais joua aussi un rôle important dans l’évolution de cet art, permettant aux artisans de donner des formes plus variées à la matière brute. Après l’invention du tour de potier, la céramique se développa encore plus et beaucoup d’objets en pâte argileuse de formes variées datant du Ve millénaire av. J.-C. ont été découverts au nord de l’Iran. Une autre importante série d’objets, notamment des assiettes et des pots de couleur rouge, grise et noire aux motifs animaliers datant du IIIe millénaire av. J.-C. a été également découverte, ainsi que, dans la région d’Amlash au Guilan, deux types d’objets en pâte argileuse datant du IIe millénaire av. J.-C., les uns subvenant aux besoins des vivants et les autres retrouvés dans les tombeaux des morts inhumés.

Outre la province du Guilan, des fouilles archéologiques se font aussi dans la province du Sistan et Baloutchistan, notamment le site Kalpouregân (situés à 35 km de Sarâvân) et y ont découvert des céramiques vieilles de dix millénaires. Les habitants de Kalpouregân fabriquent, toujours, les poteries selon les méthodes  traditionnelles, héritées de leurs ancêtres : ils modèlent l’argile à la main et créant des objets du quotidien tels que bols, coupes ou assiettes, les font cuire dans des fours également construits selon un plan ancestral.

A suivre…

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