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lundi, 29 septembre 2014 04:32

L’artisanat iranien au creuset de l’histoire (4)

 

L’art du livre naquit et se répandit très vite dans l’Iran ilkhanide avant 1336 grâce à l’esprit ouvert des gouverneurs de l’époque qui considéraient le livre comme une œuvre d’art méritant d’être richement décorée. C’est pourquoi toutes les étapes de la fabrication des livres commençant par la calligraphie, l’enluminure, l’illustration, et la reliure entrèrent dans le champ de l’artisanat iranien. Tabriz, capitale permanente et Marâgheh, capitale d’été des Ilkhanides, se transformèrent en centres intellectuels du pays et Chiraz devint l’atelier provincial où on traitait les livres, les manuscrits qui contenaient soit des Corans, soit des textes littéraires. Les reliures en cuivre furent décorées tantôt avec des formes géométriques, tantôt avec des rosaces. Vers la fin de la dynastie ilkhanide et avec l’arrivée de la dynastie muzaffaride, on se mit à produire des manuscrits commerciaux. Le style de miniatures changea par rapport aux miniatures ilkhanides. On remarque une extrême miniaturisation, disparition des rochers anthropo-zoomorphes, et une riche végétation surtout sur l’enluminure à fond bleu, et des figures dessinées avec beaucoup plus de finesse. Les XIVe et XVe siècles en Iran marquèrent la venue au pouvoir de deux dynasties turkmènes ; les Aq Qoyunlus (les moutons blancs) et les Qara Qoyunlus (les moutons noirs) issus des tribus nomades peu à peu sédentarisées entre la mer Noire et la mer Caspienne. Leur importance historique est notamment marquée par le rôle indéniable qu’ils jouèrent dans l’arrivée au pouvoir de l’une des plus grandes dynasties iraniennes, les Safavides. S’ils n’ont pas tenu une place considérable dans la promotion et la pratique de la céramique, ils ont en revanche grandement influencé tout type d’artisanat en rapport à la décoration de livres. Seule une série de plats à décor noir moucheté ou peint sous glaçure turquoise est attribuée à cette époque historique de l’Iran. Quant aux manuscrits, cette période marque une richesse exceptionnelle grâce au brassage de trois styles très en vogue à l’époque, à savoir le style timuride de Chiraz, le style classique de Herat et le style commercial turkmène. Cette évolution artistique fut sans doute rendue possible grâce aux efforts du gouverneur de Chiraz et de Bagdad, Pir Boudagh Ibn Jahânshâh entre les années 1452 et 1466. Celui-ci, fervent amateur et mécène de l’art du livre, s’investit dans la mise en œuvre de ce projet de fusion des trois styles. Pourtant et malgré tous les efforts du gouverneur, un grand nombre d’artisans experts de l’époque se dispersèrent et cet art disparut progressivement. Les décorations et les miniatures étaient disposées sur des pages de "gouttelettes d’or" et la domination du bleu profond et lapis-lazuli fut l’une des caractéristiques des ouvrages réalisés à cette époque.

Le style timuride baptisé "style international" comprend l’ensemble des artisanats dont la céramique, le travail de la pierre dure, l’art du métal et l’art du livre très en vogue sous les Timurides, dynastie fondée par Tamerlan, entre 1370 et 1506, depuis la Perse jusqu’en Syrie. Bien qu’illettré, Tamerlan avait le goût de l’art et à la suite de ses conquêtes, il déportait les artisans de chaque région vers Samarkand, capitale de l’époque, afin de les réunir et de créer un art métissé qui mérita bien son nom. Ce style atteignit un tel renom qu’après la mort de Tamerlan, il devint célèbre partout dans les contrées musulmanes.

 

Le travail de la pierre dure était très apprécié par les Timurides majoritairement à cause des propriétés magiques qu’ils lui attribuaient. L’une des variétés de jade, la néphrite, était la pierre la plus utilisée et se présentait sous ses différentes couleurs et nuances de couleur allant du blanc au vert et au noir. Cette pratique artisanale fut importée depuis la Chine, où on y avait recours depuis des milliers d’années. Parmi les artisanats liés à cette pratique, les pièces comme des pichets globuleux surmontés d’un col cylindrique, des sceaux, de la vaisselle, des jarres, des verres à vin et des gardes d’épées en sont quelques exemples. Malgré les efforts de Tamerlan et contrairement au succès exceptionnel de l’art de la pierre, la céramique ne connut pas d’apothéose et semble avoir été peu étudiée et pratiquée à cette époque. Cet artisanat fut adopté dans quelques provinces iraniennes comme à Neyshâbour, à Machhad, à Tabriz et à Chiraz. On y pratiquait des styles différents comme la peinture en noir et blanc sous glaçure colorée d’inspiration chinoise, le lustre métallique de couleur orangée et le style bleu blanc imité des porcelaines chinoises.

L’art du métal connut deux périodes timourides : l’époque du règne de Tamerlan où l’on produisait d’importantes pièces incrustées d’or ou d’argent, et la période après sa mort marquée notamment par la fabrication d’objets de taille plus petite et la miniaturisation des incrustations. Il faut également rappeler que la présence de la fameuse pierre de jade est un trait caractéristique de l’art du métal à cette période. L’art du livre s’y développa également considérablement. Le concept de bibliothèque fut valorisé et la calligraphie évolua de plus en plus avec la naissance de l’écriture dite nasta’liq à l’iranienne qui prit forme à Chiraz et à Tabriz en 1375. La texture du papier changea aussi au XVe siècle, et on assista à la naissance des papiers colorés et sablés d’or. La reliure connut de même quelques changements, à savoir, quelques ajouts dans la méthode de décoration à l’aide des fers, des papiers colorés et des rehauts dorés ou bleus. 

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