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lundi, 11 août 2014 08:04

L’artisanat iranien au creuset de l’histoire (1)

L’artisanat iranien au creuset de l’histoire (1)

La civilisation plurimillénaire iranienne a laissé en héritage un patrimoine culturel et artistique riche dans sa diversité et précieux dans sa rareté,  un patrimoine qui constitue aujourd’hui l’identité régionale et historique des habitants de cette terre. Une partie essentielle qui est  aujourd’hui protégée des aléas du temps par sa perpétuation, comprend l’art ou pour mieux dire l’artisanat iranien. L’artisanat doit  son importance à son rôle dans la sauvegarde des  techniques d’art autochtones et à la sauvegarde de la culture des peuples indigènes, peu modifiée par rapport à l’évolution rapide de la vie urbaine. Il incarne aussi le goût et la finesse artistique, en l’occurrence iranienne, grâce à son caractère manuel et à la délicatesse des réalisations auxquelles il donne lieu.

Il faut également préciser que l’artisanat de chaque région et de chaque époque historique est révélateur du tempérament, du goût, de l’arrière-plan historique, des conditions géographique, sociale, économique et même politique du pays en question. Le tapis persan, le kilim, la marqueterie, la ciselure, la mosaïque, la poterie, l’émaillure, la calligraphie, l’art du métal et des pierres précieuses, l’enluminure, la céramique, la verrerie… révèlent le tempérament artistique des orientaux, leur proximité à la nature et leur attachement aux pratiques traditionnelles. Les images peintes ou incrustées dans les différents artisanats iraniens rendent compte des styles de vie et des croyances, ainsi que de leur intégration au sein des pratiques sociales. Cette diversité artistique (pourtant harmonieuse) est un symbole à la fois de la variété et de l’unité culturelles des régions iraniennes. La culture persane est le ciment qui maintient l’ensemble des peuples d’Asie centrale et occidentale. A ce propos, Richard Nelson Frye, iranologue de renom, a dit : "Les peuples actuels d’Asie centrale, qu’ils parlent une langue iranienne ou turque, ont une culture, une religion, un ensemble de valeurs sociales et de traditions que seule une langue sépare."

L’usage de petits objets trouvés dans la nature, leur assemblage et, au fur et à mesure, la tentation de les embellir à l’aide des matériaux simples tirés de l’environnement naturel, ne date pas d’hier. A l’époque paléolithique, les peuplades de l’Asie du sud-ouest, formant pour la première fois des tribus, se sédentarisèrent en vue de former de petites communautés. A compter de cette époque, l’homme commença à fabriquer des ustensiles de base afin de subvenir à ses besoins primaires. Aux époques mésolithique et néolithique, il trouva le moyen de créer des poteries en s’inspirant de la nature et de tailler des objets de différentes formes géométriques, notamment des formes pointues et dentelées destinées à la chasse. Des objets retrouvés au cours des fouilles archéologiques à Bisotoun dans les grottes Hutu et Kamarband forment une collection de précieux spécimens de cette période lointaine. L’âge de bronze marque l’usage des métaux malléables sous des formes très diversifiées qui témoignent d’une maîtrise exceptionnelle tant dans le style que dans les motifs, et qui révolutionna le mode de vie de l’homme primitif. Les objets excavés en 1964 par les archéologues Daison et Kraford dans la colline Zivieh, dans le cimetière et au sein de la forteresse du même nom datent du 1er millénaire av. J.-C. et démontrent l’habileté et la finesse des artisans de l’époque dans la création des chefs-d’œuvre qui sont, même aujourd’hui, considérés comme des œuvres uniques. Ainsi on peut donner l’exemple d’un récipient extraordinaire à poignée unique en forme d’aigle fait de fragments de lapis-lazuli, de 14 centimètres de hauteur, qui faisait partie intégrante d’un plus grand récipient utilisé pour les cérémonies rituelles. Des objets semblables furent plus tard retrouvés par Daison sur la colline Hassanlou 4. Les découvertes les plus extraordinaires furent néanmoins celles de griffons en céramique de couleur et de tailles variées qui étaient placés dans les tombeaux aux côtés des morts. Trois formes de griffons attirèrent très tôt l’attention des archéologues : ceux en forme de tête d’animal couverts de glaçure verte ou vert foncé ; ceux en forme d’oiseau, garnis de glaçure violette et finalement, ceux en forme de cylindre sans courbe, de couleurs variées. D’autres objets de curiosité furent excavés au cours des fouilles archéologiques de la colline Hassanlou. Outre les poteries engobées d’émail et de glaçure, on compte les bijoux et les objets décoratifs en or ou en pierres précieuses, des sceaux et des statues dorées, des tablettes en céramique ou en métal et des objets en fer ou en bronze. Les objets destinés à être enterrés avec les rois jouissaient d’une qualité bien meilleure et étaient plus résistants. De plus, ils étaient valorisés par des reliefs, des gravures et ensuite enrobés de couches successives de glaçure ou d’émail aux couleurs éblouissantes. Ce genre d’objet a été découvert dans les vestiges des monuments des civilisations à Khorvine, Emar, Hassanlou et dans l’art urartien. Chez les Hittites et dans la civilisation Souri, l’usage des motifs animaliers notamment celui des lions symétriques se multiplia. Sur les bracelets en or, qui se fixaient autour du bras, ce genre d’images fut très récurrent. L’art à base d’or de Zivyeh également a donné lieu à certaines des plus belles pièces de la préhistoire. Des accessoires et des bijoux, notamment ceinture, collier, bague, tablette, sceau, statue, couverts et récipients, tous en or et de formes et de tailles différentes, sont en majeure partie décorés de motifs animaliers comme celui de lion (ou de lion ailé), de bouc, de cerf et de figure d’homme, ou parfois simplement des images inspirées de la nature comme une scène de rencontre de nuages, qui rappelle la civilisation mésopotamienne et celle de la Perse. Dans la civilisation de Zivyeh, on reconnait également beaucoup d’images combinées associant deux ou plusieurs animaux ou oiseaux. Ces œuvres sont réalisées avec expertise et les moindres détails, comme la taille et la dimension des animaux, sont scrupuleusement respectées. Les joyaux et les bijoux, surtout dans l’art phénicien et assyrien, étaient aussi marqués différemment selon le rang social et l’appartenance familiale. De manière générale, les fouilles de Zivyeh ont dévoilé une collection précieuse d’objets artistiques appartenant à la civilisation persane. Il y a, dans certains cas, des rapprochements à faire entre l’art de Zivyeh et celui d’autres civilisations comme celle de la Mésopotamie, des Hittites, des Scythes et des Urartiens, mais on ne peut néanmoins douter de l’impact direct de cet art sur les périodes ultérieures, particulièrement chez les Achéménides, les Arsacides et les Sassanides.

A suivre…

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