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jeudi, 27 mars 2014 05:10

L’émaillerie ou la miniature du feu (2)

   

La précision et la persévérance sont deux qualités essentielles dans l’émaillerie. L’ornement est d’abord réalisé sur de l’argent, puis l’artiste dessine le motif désiré. Le graveur doit ensuite ébaucher ce motif pour faire adhérer solidement l’émail au métal. L’émailleur orne ensuite le dessin gravé avec des couleurs spéciales appelées minâ. Un seul morceau de minâ passe à travers de nombreuses étapes pour atteindre sa perfection. Les motifs géométriques complexes de l’émaillerie symbolisent divers éléments d’une structure de croyances qui a évolué durant les siècles, depuis la domination du mithraïsme jusqu’à l’époque actuelle. A titre d’exemple, le médaillon central qui se trouve en général sur les plats émaillés symbolise Mithra, le soleil. Les années suivant la période de stagnation du début des années 199o ont été marquées par un renouveau de l’émaillerie avec la création d’un nombre considérable d’objets émaillés.

Le processus de fabrication de tels objets n’est pas très compliqué. Tout d’abord, un substrat métallique comme le cuivre, l’argent ou le laiton est choisi, travaillé et mis en forme par des chaudronniers. Cet objet métallique mis en forme constitue la base de l’émail. Dans le passé, l’émail était appliqué sur la tuile, la céramique et le verre, mais aujourd’hui, le cuivre est le plus souvent utilisé car il est malléable et souple. Il est préférable d’utiliser une couche de cuivre de première main qu’une recyclée. Le corps est recouvert d’un émail par trempage. Puis il est chauffé à une température maximale de 750 °C et recouvert d’un glaçage de meilleure qualité. Il est ensuite de nouveau chauffé. Cette étape est habituellement répétée trois ou quatre fois. Généralement, l’émail est constitué de silicium, magnésium, potassium, plomb, pierres précieuses, feldspath, kaolin, zirconium, étain et d’acide borique. Le corps métallique vitré et chauffé est maintenant prêt pour tout type de motifs, selon la créativité de l’artiste. Cette étape est appelée la peinture avec des couleurs magiques. Ces couleurs sont obtenues à partir des produits chimiques suivants :

 

1- Vernis blanc : étain, cristal au plomb, silex

 

2- Couleur turquoise : cristal au plomb, étain, silex, galets de cuivre

 

3- Jaune : oxyde de fer, oxyde d’étain, oxyde de plomb

 

4- Noir : oxyde de fer, dioxyde de manganèse, plomb, oxyde de cobalt

 

5- Violet rouge : Crystal, nitrate d’ammonium, or dissous

 

6- Vert : bardeaux de cuivre, verre flint (pierre), chromate de plomb

 

7- Marron : Oxyde de chrome vert, oxyde de fer, oxyde de zinc

 

8- Bleu : oxyde de cobalt, oxyde de zinc, silex.

 

Une fois que la peinture est terminée, les plaques émaillées sont remises au four à une température d’environ 600 °C, ce qui fait ressortir les couleurs finales. Dans le passé, les colorants inorganiques étaient utilisés dans cet art, mais aujourd’hui les couleurs chimiques sont davantage utilisées.

 Les critères influant sur la qualité de l’objet sont la sélection d’un métal approprié, la décoration, le type de chauffe et enfin le goût et la précision de l’artiste. L’œuvre  d’art émaillée peut être abîmée par les dommages des bords du corps causés par des chocs mécaniques ou le manque de chauffe approprié, ainsi que des défauts dans la base en métal (comme ayant une strie dans la couche métallique) ou un manque de jonction forte entre les différentes couches.

Différents types de motifs symétriques iraniens sont utilisés dans les peintures minâkâri, telles que l’eslimi, qui est l’un des motifs islamiques bien connu également utilisé dans l’architecture traditionnelle. La beauté de l’œuvre dépend du temps de chauffe et de la précision de l’artiste. La calligraphie finale est conçue sur le corps avant de se stabiliser par la cuisson. Comme nous l’avons évoqué, le plus grand risque pour l’émail est la séparation de la surface décorée en raison d’un choc mécanique. Par conséquent, des précautions doivent être prises lors du transport de l’œuvre. Si une partie de l’émail est séparée, elle doit être réparée immédiatement, sinon elle peut également endommager les autres parties. L’émail peut être lavé sans problème avec une éponge et de l’eau chaude car l’émail est recouvert d’un glaçage transparent.

 Les Iraniens sont connus pour produire des objets de minâkâri de la plus haute beauté. Comme nous l’avons évoqué, le grand maître de l’émaillerie d’Ispahan est Shokrollâh Sani’zâdeh, dont l’ancêtre était un peintre renommé. L’une des œuvres inestimables de ce maître a été utilisée pour l’impression d’un timbre en vue de rendre hommage à l’artisanat iranien en 2008. L’objet original est conservé au Musée des arts traditionnels et de l’artisanat. Parmi les élèves distingués de Sani’zâdeh, nous pouvons nommer Gholâm-Hossein Feizollâhi, qui se distingue notamment par la beauté de ses motifs. Actuellement, certains artistes d’Ispahan continuent de produire des objets d’une grande finesse. Ces artistes présentent leurs œuvres dans la rue Tchahâr-Bâgh aux environs de la place Naqsh-e Jahân.

 

 

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