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samedi, 14 juin 2014 03:27

Le graphisme en Iran (2)

Le graphisme contemporain en Iran apparaît comme un art médiatique. Dans les années 1940, on désignait le graphisme par les termes de "peinture publicitaire" ou "graphisme de marché". Les graphistes illustraient les livres et travaillaient essentiellement pour la presse. Ils faisaient la mise en page des communications et présentaient les produits d’importation.

En Iran, comme d’ailleurs partout dans le monde, deux visions du graphisme apparaissent. La première stipule que le graphisme n’est pas un art. Le graphiste n’est qu’un technicien et sa créativité dépend de la demande du commanditaire. La plupart des œuvres graphiques dans le monde ont été faites par les graphistes du marché. Ils dessinent par exemple les logos des entreprises ou des instituts.

La deuxième vision définit le graphisme par sa valeur artistique, qui est très importante. Ces œuvres sont produites pour le public et enrichissent la culture visuelle de la société. Ces œuvres laissent une trace visuelle de notre civilisation pour les générations futures, dans une certaine mesure comme les hiéroglyphes à l’époque égyptienne. Une telle vision du graphisme estime que si une œuvre est artistique, du point de vue des médias, le graphiste aura plus d’impact pour inspirer un message au sujet. Il s’agit donc de  graphistes auteurs parce qu’ils ne servent pas seulement le commanditaire, mais créent aussi sans demande. Des musées consacrés aux œuvres graphiques ont été créés, comme le Musée des affiches à Paris ou à Londres. Ils préservent et exposent les affiches en tant qu’œuvres d’art.

 La première génération de graphistes iraniens

C’est au  début des années 40 que la première génération des graphistes a vu le jour en Iran. Elle se divise en deux groupes. Les premiers sont les graphistes publicitaires, qui ont su créer de magnifiques designs basés sur leur expérience. En l’occurrence, Bouyk Ahmari (né en 1921), Mohammad Bahrâmi (né en 1927), Mohammad Tajvidi et George Simoniân.

Le deuxième groupe comprend des graphistes chevronnés ayant étudié à l’étranger. Ils sont les fondateurs du graphisme moderne en Iran. Prenons l’exemple de Mahmoud Javâdipour (né en 1921). En 1944, lorsqu’il était étudiant, il créa des œuvres mémorables pour la banque nationale d’Iran, comme les chéquiers. Ses créations, logos, timbres et affiches sont inoubliables et ses illustrations ont eu beaucoup d’influence sur le graphisme. Après des études à Munich, il mit sur pied un département de graphisme à la Faculté des Beaux-arts de l’Université de Téhéran. Ce département fut finalement inauguré en 1968, notamment grâce aux efforts de Houshang Seyhoun, doyen de cette faculté.

Une autre figure importante du graphisme moderne en Iran est Houshang Kâzemi. Il a été le premier étudiant iranien de graphisme en France en 1942. A son retour à Téhéran en 1957, il fonda la Faculté des Beaux-arts de l’Université de Téhéran. Il lança  également une section de graphisme au sein de l’Organisation iranienne du Tourisme. Cette section était chargée de créer et de dessiner des logos et des affiches destinés aux touristes et aux voyageurs.

La diffusion des œuvres de la première génération de graphistes dans les grandes villes a permis au public d’apprécier le graphisme dans ses aspects conceptuel et esthétique. Cela a également permis son développement, le public portant plus d’attention à ce type d’œuvres.

 La deuxième génération de graphistes iraniens

La première génération de graphistes iraniens céda la place dans les années 50 et 60 à la seconde génération, composée essentiellement d’étudiants des Beaux-arts surtout la peinture ou les arts décoratifs. Les expériences de la première génération leur avaient permis de travailler comme des graphistes indépendants. Ils réussirent à donner un autre aspect au graphisme iranien en définissant le graphisme en l’art des médias du XXe siècle.

La première figure de cette génération est Sâdegh Barirâni, que l’on peut considérer comme un médiateur entre la première et la deuxième génération. Il a étudié à la Faculté des Beaux-arts sous la direction de Mahmoud Javâdipour et Houshang Kâzemi. Avant de partir à l’étranger pour continuer ses études, il avait déjà créé des affiches. Il a joué un rôle important dans le développement de l’art graphique en Iran, en particulier lors de son travail au ministère de la Culture et des Arts.

Parmi les artistes de la deuxième génération, se distinbue Mortezâ Momayez dont les illustrations du magazine Ketâb-e Hafteh furent remarquables. On peut également citer  d’Aydin Aghdâshlou (né en 1941) dont son œuvre pour la couverture d’un livre publié par les éditions Gutenberg ; Noureddin Zarrinkelk (né en 1938) pour ses illustrations ou celles de Farshid Mesghâli pour un jeune public. Nous pouvons également mentionner la gestion artistique de l’atelier du Centre culturel pour les enfants et les adolescents ; le travail de Ghobâd Shivâ pour avoir dessiné les affiches de l’orchestre de la Radiotélévision ; Mohammad Ehsâi (né en 1940) pour ses travaux calligraphiques et typographiques ; Kâmrân Kâtouziân (né en 1941) et Abbâs Kiârostami (né en 1941), pour leur intervention dans les domaines publicitaires du cinéma ; Ali Akbar Sâdeqi (né en 1938) pour ses illustrations traditionnelles.

A suivre…

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