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jeudi, 05 juin 2014 06:59

Le graphisme en Iran (1)

L’art du graphisme remonte à ces temps dit immémoriaux, ses origines datant  de la préhistoire, à cette époque où sont apparus les premiers dessins  sur des os ou des murs. Ces images représentent la première trace laissée sciemment par l’homme. Elles correspondent à une volonté d’expression, de transmission d’un message, d’un savoir. Elles sont considérées comme l’essence du graphique.

A l’époque préhistorique, l’inexistence de traces écrites nous permet d’avancer l’idée que les savoirs se transmettaient oralement. Toutes les informations que nous avons de cette époque proviennent de fouilles archéologiques, de découvertes de sites historiques, de recherches qui nous laissent supposer des hypothèses quant à la façon de vivre des populations.  

L’évolution du graphisme en Iran

Du point de vue historique,  cet art moderne trouve ses origines dans les images objectives et subjectives créées par les premiers hommes. Par ces images, on peut supposer que leurs intentions étaient d’imiter et de reproduire la nature : animaux et individus, mais aussi la vie et la société, comme dans leurs représentations de la chasse. A la base de ces dessins, les premières inscriptions étaient des pictogrammes qui reproduisaient assez fidèlement les objets et scènes désignés.

Rappelons que l’écriture est apparue dans le bassin mésopotamien  à Sumer, il y a environ cinq mille ans. Pour des raisons d’économie et de gain de temps, les dessins se stylisèrent de plus en plus jusqu’à se résumer parfois à quelques traits. Un pas fut franchi lorsque les écritures se dissocièrent de ce phonème et qu’on passa à un système de graphème, la plus petite unité décomposable du langage. On parvint ainsi à l’abstraction de l’écriture, chaque code demandant une initiation avant d’être compris. Ce n’est que dans leur articulation et leur solidarité que ces signes parviennent à prendre un sens. Ce langage devint même le héraut de l’intellectualisation et de toutes les philosophies en Occident. Un langage lié à la spiritualité, la construction et la réflexion. Il y avait donc un langage abstrait et conceptuel destiné à retranscrire un monde intelligible et spirituel et un langage pictural anodin destiné à retranscrire un monde anodin.

Autrement dit, l’alphabet naquit de la volonté de signification descriptive et géométrique des interjections, donc des sons et de la parole. La pensée, parce qu’elle correspond à un besoin de l’homme, serait issue de cette volonté de s’exprimer.

En considérant ces premières représentations de la vie sociale comme le premier moyen par lequel l’humanité s’est exprimée, nous admettons alors que le graphisme y trouve ces sources.

Le graphisme donne une vision du monde et des objets au travers des images et de l’écriture. C’est l’un des arts les plus anciens de l’humanité, mais aussi une création moderne. En effet, s’il a commencé avec des représentations sur des pierres ou des murs, il englobe maintenant les technologies les plus modernes et les plus complexes pour faire des illustrations. C’est un art qui a évolué en même temps que l’homme.

En Iran, l’art graphique a connu une évolution à la fois claire et obscure. Nous trouvons des traces graphiques partout, dans l’écriture et  les dessins. L’architecture en est une mine de trésors, comme le temple d’Anahita ou les bas-reliefs de Persépolis. Les villes de Tchoghâzanbil, Suse  ou Bishâpour nous frappent également par leurs richesses architecturales. Par exemple, à l’époque des Mèdes et des Achéménides, les cartes spécifiques des coursiers de la poste portaient des signes qui indiquaient la dimension et le chemin des caravansérails. Des fouilles archéologiques ont également montré que l’esquisse de la monnaie de l’époque achéménide (Shiki) présentait toutes les caractéristiques d’une œuvre graphique. Même l’art de tapisser des Iraniens est empreint de traces graphiques et d’esquisses. Pendant la guerre de Xerxès Ier  contre les Egyptiens (484 av. J.-C.), les artistes iraniens et les graphistes de l’époque dessinèrent un parapet tête de chat sur les casques des soldats. Le chat étant considéré comme un animal sacré en Egypte, les Egyptiens ne purent donc pas attaquer leurs adversaires et furent vaincus.

L’art graphique iranien a laissé son empreinte partout. A l’époque safavide, Shah Abbâs Ier, les esquisses des navires de guerre iraniens étaient de véritables œuvres graphiques. Les tableaux de Mohammad Zamân - graphiste et peintre de l’époque du Tahmasp Ier- sont très renommés, comme par exemple son tableau « La rencontre de Leili et Majnoun », qui est un chef-d’œuvre incontestable. Les poteries trouvées à Izeh, Sialk et Dâmghân portent des signes graphiques très clairs. Elles sont une source de renseignements couvrant plus de sept millénaires d’Histoire. Le Shâh-Nâme  décrit le poinçon de Kaviân, vestige mythique de l’art graphique. Même l’étendard iranien de l’époque présente des caractéristiques graphiques avec son design du Farvahar.

Ainsi, toutes les fabrications artisanales, en l’occurrence la décoration des miroirs, la forge ou la fabrication des tapis, sont considérés comme des trésors graphiques nationaux. Les personnes chargées de décorer de mosaïques des bâtiments, qui mélangeaient la ligne et la couleur sur les murs et les voûtes, pourraient être considérées comme des graphistes de périphérie. Le potier, qui créait des formes et des motifs différents pour distinguer chacune de ses œuvres, aurait été un graphiste d’emballage. Les illustrateurs exercent toujours le même travail de nos jours : peindre le texte en images. La calligraphie, graphique qui transmet un concept avec un ordre spécifique et une couleur unique, est considérée comme un art indépendant, mais lorsqu’elle apparaît dans la mise en page ou dans l’alphabet, elle se rattache aux œuvres dites graphiques.

A suivre…

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