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mardi, 09 décembre 2014 07:43

La musique ancienne persane perd un de ses virtuoses

Zolfaghar Asgarian, joueur de dotâr, virtuose de la musique dite maghami, folkloriquedu Khorasan s’est éteint le 7 décembre. Zolfghar Asgharian est né en 1932 à Kashmar et il a grandi à Torbat-e Jam. Il n’avait que 7 ans, lorsqu’il apprit à jouer le dotâr chez son père.

 

Le dotâr (littéralement « deux cordes » en persan) est un luth traditionnel à long manche. Son origine est probablement le tambur du Khorasan décrit par Farabi (Xe siècle) dans son Livre de la musique la grande. Le musicien tient l'instrument contre lui et utilise rarement un plectre préférant jouer avec ses doigts. La technique est très complexe et rappelle celle de la guitare flamenca dont elle est peut-être une source. En effet, le joueur parvient à jouer une succession très rapide de notes, non seulement par un mouvement de la main ou d'un doigt, mais en effectuant aussi des moulinets ascendants et descendants des doigts de la main droite, les pulpes, bien à plat en éventail, sur les cordes, tout en y appliquant des effets rythmiques.

 

Zolfaghar Asgarian était donc un virtuose du dotâr, jouant la musique du Khorasan du nord au sud, une caractéristique qui le distingue des autres virtuoses du Khorasan, étant donné que les musiciens du Khorasan sont spécialistes de la musique maghami ou du sud ou de nord de cette région. Asgarian est aussi internationalement connu, se reproduisant dans différents festivals du monde  ou ayant eu des concerts dans divers pays dont la France, l’Italie, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique…

Les techniques propres à Asgarian ont fait de lui un joueur du dotâr innovant, qui a son style distinct. La musique d’Asgarian est restée épargnée des aléas du temps et puise dans la musique persane ancienne, une musique qui se trouve à l’apogée de la créativité dans l’accompagnement du chant par  l’instrument. Il a donc transmis la musique du Khorasan intacte et pure, ancrée dans ses assises anciennes.

Pour avoir une meilleure idée de cette musique, écoutons le maître Abdeaziz Ahmadi, accompagné du dotâr du feu Zolfgaghar Asgarian. Un poème célébrant Torbat-e Jam, une ville du Khorasan, célèbre pour sa musique :

Heureux soit Jam, heureux sa rivière limpide

Heureux soit l’heure de voir ses habitants

 

Ne dis pas Jam, dit un océan d’amour

Comme Ahmad, telle une baleine nageant en son milieu 

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