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samedi, 22 novembre 2014 09:04

Le maestro Hossein Dehlavi…

Né le 29 septembre 1927 à Téhéran, le maître Hossein Dehlavi a grandi dans une famille de musicien. Son père Moezzeddin Dehlavi était un disciple du célèbre virtuose du tar, Ali Akbar Khan Shahnazi, fils  de Mirza Hossein-Qoli, à qui on doit le radif de la musique savante persane. Hossein Dehlavi s’initia donc dès la tendre enfance avec la musique persane ; il n’avait que cinq ans quand son père lui apprit à jouer le tar ; à neuf ans il abandonna le tar pour le violon. Au début ce fut toujours le père qui l’initia au violon, ensuite Hossein Dehlavi suivit les cours d’Abol Hassan Saba. Il fit ses études secondaires à l’école de musique, ce qui fut décisif pour le jeune musicien, qui voulut apprendre la musique savante et les théories de la musique. Il s’initia donc à l’harmonie, au contrepoint, et aux principes de la composition. En collaboration avec Abdol Hassan Saba, Dehlavi, alors qu’il était encore étudiant, lança l’orchestre N°1 des Beaux-arts et fit arranger en cette même période des œuvres de Saba pour l’orchestre. Il hérita après Saba, la direction de cet orchestre qui fut appelé plus tard Orchestre Saba. Les branches 2, 3 et 4 de l’orchestre furent aussi lancées. En 1962, Hossein Dehlavi fut nommé à la direction de l’Ecole de la musique ; il dirigea donc l’Ecole jusqu’en 1971. Il y fut à l’origine d’un grand élan, il y enseignait lui-même les théories de la musique iranienne, la combinaison de la musique et de la poésie, les formes de la musique iranienne et l’harmonie.

En 1997, Hossein Dehlavi commença la composition de l’opéra Mana et Mani, à l’occasion de l’année mondiale de l’enfant. Ce qui dura trois années. L’Orchestre symphonique de Slovaquie a joué et enregistré la suite symphonique de cet opéra en juin 2000, sous la direction d’Ali Rahbar à Bratislava.

Dehlavi est à l’origine de nombreuses initiatives ; en l’occurrence, l’élaboration de la méthode de tombak, - un instrument de percussion de la musique persane -, avec des maîtres dont Hossein Tehrani, Mostafa Kamal Pourtorab et Farhad Fakhreddini pour promouvoir la place de tombal dans la musique persane et faciliter son apprentissage ; il s’est aussi intéressé à la fabrication du santour chromatique pour compenser le réglage de cet instrument afin d’être utilisé dans un orchestre.

Le premier opus de Dehlavi à l’échelle de l’orchestre de la musique nationale « Le vol léger » a été composé en 1943, sur la base d’un motif inspiré d’un morceau de musique composé par Abol Hassan Saba dans le dastgâh Shur. Une autre œuvre parue dans cet album fut le Concertino pour le santour et orchestre. Dehlavi a arrangé de nombreuses œuvres de Saba pour orchestre dont « En mémoire de Saba », « Une étude pour violon et orchestre » et « la mélodie turque ». Il est aussi l’auteur de l’opéra Bijan et Manijeh. Dehlavi a aussi fait publier les partitions d’un grand nombre  de ses œuvres dont le « Duo du santour dans le dastgah Segâh », « Shur Afarin dans le dastgah Shur pour orchestre » « Le quatuor Mezrabi », « La suite symphonique de Bijan et Manijeh pour cordes », « Bijan et Manijeh pour orchestre », « le soldat pour chœur et orchestre »… pour n’en citer que quelques-unes.

En 1992, Hossein Dehlavi lança l’Orchestre à corde réunissant uniquement des instruments de musique dont le santour, le qanoun, le tar, le luth, le tar basse. Dehlavi est aussi auteur de nombreux ouvrages dont l’un des plus importants est Le lien entre la poésie et la musique vocale, qui a été lauréat du livre de l’année de la RII, dans la section art. Cet ouvrage est le fruit de quarante ans d’expérience de Dehlavi dans la combinaison de la musique et de la poésie persane, expliquant méthodiquement le processus du travail.

   

 

Et pour clôturer cet exposé, nous vous proposons justement un ghazal de Saadi, « Le jardin de contemplation », que Hossein Dehalavi a mis en musique, et qui est interprété par le chanteur Jamaladin Menbari et l’orchestre sous la baguette du maestro lui-même.

 

Le jardin de contemplation

Celui qui voudrait ma mort et moi sa santé

Fera tout ce qu’il voudra et on ne lui reprochera rien

Il ne donne de fruit à personne

N’étant que le jardin de contemplation

La pomme de son arbre n’est que d’illusion

Je ne remédie pas le cœur, puisqu’aucun remède ne guérirait

celui qui est malade de l’amour

Je ne le combattrai pas s’il brandit son épée

Je ne lui demanderai même pas le prix du sang au jour de la Résurrection

Pourvu que je le revoie au jour de la Résurrection

Pour me charger de tous ses péchés

Tout un chacun s’en alla en quête du vœu de son cœur

O Saadi ne prête aucune attention à ces dires

N’entends que la nouvelle de sa santé.

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