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samedi, 16 août 2014 05:15

Qorban Soleimâni, dans la lignée des bardes du Khorasan

Maestro de dotâr et chanteur, Haj Qorban Soleimâni a sa place de choix dans la lignée des bardes du Khorasan du nord ;  il a été aussi de renommée mondiale en l’occurrence, il a été  lauréat du Festival de la musique de Lyon et a brillé au Festival d’Avignon. Né en 1920 à Ali-Abad un petit village aux alentours de Qutchan dans le nord de la province de Khorasan.  Il a appris de son père Karbalaï Ramezan, lui-même une des figures importantes de la musique du Khorasan du nord, à jouer le dotâr et après la mort de son père, il suivit son parcours chez les grands bardes du Khorasan dont Khan Mohammad, Eyvaz et Gholâm Hossein. Haj Qorban chantait en persan, turc et kurde. Sa musique reposait sur l’improvisation. Pour Haj Qorban Soleimâni, elà d’être un très bon dotâriste, un bakhshi (littéralement barde) doit aussi être capable de fabriquer son propre instrument. Il doit savoir faire le frettage et l’accordage de son instrument. Il doit réparer son instrument lorsqu’il est défectueux. Il doit être lettré, capable d’écrire et il doit avoir une belle voix. Il précise : « Considérons qu’il manque quelques pages au milieu d’un livret de poèmes. Qu’est-ce qu’il doit faire ? Il faut qu’il soit capable d’imaginer et reconstruire l’histoire et les poèmes. Alors il faut qu’il soit poète aussi. Ce n’est pas une tâche facile. »

A ses yeux, pour être bakhshi, on est soit bon joueur soit bon chanteur mais c’est mieux quand les deux qualités sont réunies : et c’est là où deux âmes (celle du chanteur et du musicien) ne deviennent qu’un. Quand le chanteur et le musicien ne sont pas le même, il peut arriver que l’un d’entre eux devance l’autre. L’instrumentiste doit donc s’adapter au chanteur. C’est quand l’accordage est bon que la musique est belle, pour eux comme pour le public. C’est le même problème pour l’instrumentiste qui chante lui-même, il faut qu’il accorde son instrument à sa voix.

Haj Ghorban Soleimâni avait donné de nombreux de concerts en Iran, à l’étranger (Pérou, Pays-Bas, Tunisie, Turquie, Belgique, Angleterre, Suisse, Colombie, Equateur, Panama, France, Etats-Unis…) et dans différents festivals internationaux, parmi lesquels il avait gardé un très bon souvenir de son apparition au festival d’Avignon.

Haj Qorban offrit en 2007 son dotâr à son fils Ali-Reza Soleimâni et fit ses adieux avec la musique. Il s’est éteint l'année suivante,  le 20 janvier 2008 dans son village natal, à la suite d’une pneumonie, il avait 87 ans.

Le dotâr (« deux cordes » en persan) est un luth traditionnel à long manche de la musique persane. Son origine est probablement le tambur du Khorasan décrit par Al-Farabi (Xe siècle) dans son essai Kitab Al Musiqi Al Kabir (Livre de la grande musique).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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