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jeudi, 03 juillet 2014 06:00

La musique comme outil thérapeutique

De tout temps, la musique a été étroitement liée à la vie spirituelle de l’être humain, à son rapport avec le sacré et à son environnement. Les musicologues ont souvent insisté sur la part irrationnelle de la musique, sur le pouvoir émotionnel des sons sur l’homme. Cependant la musique, ce système structuré, constitué à partir d’unités combinées en plusieurs dimensions harmonique, mélodique et temporelle, est aussi une discipline proche des mathématiques et de la logique. L’idée de communiquer par la musique soulève la question des affinités avec le langage. La question du rapport entre la logique propre aux structures musicales et la charge émotive de l’univers des sons restent toujours ouvertes. Sous toutes ses formes, la musique représente pour l’homme une expression essentielle des données de sa conscience et de sa culture. Née dans les premières civilisations humaines, la musique fut liée à l’origine au sacré. Pour les anciens Grecs, les formes de la musique influaient sur les émotions et produisaient des états de conscience différents selon le contexte et le type de  gamme employé. En Inde, les traités de musique où sont consignés les ragas, évoquent ces mélodies sacrées de la tradition sanskrite qui agissent selon la période de l’année et le moment de la journée où elles sont jouées. En Iran, la musique savante persane est avant tout un art de réflexion, une réflexion qui opère dans un univers du déjà réfléchi. Elle se veut comme le moteur générateur de cet art et se situe au centre de son cercle de création.

La musicothérapie est une des composantes de l'art-thérapie.
Elle consiste en une utilisation judicieuse de la musique comme outil thérapeutique de base, pour rétablir, maintenir ou améliorer la santé mentale, physique et émotionnelle d'une personne. Elle résulte de l'interaction entre le patient, la musique et le musicothérapeute. Parler de musicothérapie, c'est parler de communication. Le musicothérapeute qui agit dans le domaine du non verbal, cherche à atteindre la sphère émotionnelle du destinataire, à ouvrir des canaux de communications, à provoquer, à l’aide de stimuli sonores, un état émotionnel agréable, réconfortant, voire perturbant, propice à l’ouverture sur soi et sur les autres, pouvant permettre de lutter contre certaines douleurs, certains mal-être.

 

 De nos jours, la musicothérapie fait l'objet de travaux scientifiques approfondis qui lui ont permis de prendre place dans de nombreux Centres Hospitaliers comme thérapeutique complémentaire ou à part entière. La musicothérapie est une intervention centrée sur le sujet dans son rapport avec la communication. Elle trouve ses racines dans le monde sonore qui constitue notre environnement : les bruits, les voix, les sons (sans oublier les sons de la langue), le silence, le souffle, le mouvement, la musique...

Les grandes figures des sciences  persanes, dont Fârâbî, Avicenne ou Safi al-Din Ormavî abordaient aussi, parmi tant d’autres thèmes liés à la musique, dans leurs ouvrages, cette autre fonction de la musique persane notamment la musique classique et y traitaient l’influence du son et de la mélodie sur l’esprit, y trouvant une méthode pour guérir des maux et des maladies, et un facteur qui aurait préservé la santé psychique de l’individu. Safi al-Din Ormavî avait consacré à ce sujet tout un chapitre de son œuvre maîtresse, Behjat orrûh, un ouvrage inédit à l’époque, sur la musique et ses traits spirituel et mystique.

Depuis, les théoriciens iraniens établissent des grilles sur l’influence des sons musicaux du répertoire persan sur l’esprit humain. Très variés, ces grilles englobent des points très intéressants. A titre d’exemple, ils proposent d’écouter au moment de la levée du soleil, le gusheh rahâvî ou basteh negar, au milieu de la journée hosseini et rast gusheh, à midi  erak et hejpaz et dans l’après-midi sefâhân et navâ.

De nos jours, la musicothérapie fait l'objet de travaux scientifiques approfondis qui lui ont permis de prendre place dans de nombreux Centres Hospitaliers comme thérapeutique complémentaire ou à part entière. La musicothérapie est une intervention centrée sur le sujet dans son rapport avec la communication. Elle trouve ses racines dans le monde sonore qui constitue notre environnement : les bruits, les voix, les sons (sans oublier les sons de la langue), le silence, le souffle, le mouvement, la musique... A travers ses fréquences et rythmes, transmis par les vibrations des nerfs, la musique provoque différentes émotions chez l’homme, elle l’émancipe de l’emprise de la dépression et de l’angoisse et lui rend la sérénité qu’il a tant besoin dans la vie. Les effets bénéfiques de la musique sur l’âme se constatent chez l’homme alors qu’il n’est qu’un fœtus jusqu’au plus grand âge.  Mêmes la faune et la flore restent sensibles à ces effets.

La société de musicothérapie de l’Université des sciences médicales d’Iran a mené de vastes recherches sur les effets de la musique, y trouvant un facteur efficient dans la guérison des enfants d’arriérés mentales. D’après ces recherches, la musique parvient à contrôler les traumatismes découlant de l’arriération mentale, chez ces enfants, et leur rend la confiance en soi dont ils ont besoin pour améliorer ainsi leurs conditions de vie.

Le docteur Alizadeh Mohammadi, un psychologue qui a consacré 15 ans de sa carrière professionnelle à la musicothérapie, a sa propre théorie de la fonction des différents instruments de musique dans la guérison de ses patients. « Parmi les instruments de musique, que la musicothérapie emploie dans la guérison des malades mentaux, figurent notamment le xylophone, le métallophone ou la flûte recorder, ainsi que les percussions dont le tambourin et les tambours. », précise le Dr Alizadeh Mohammadi. « Les malades mentaux, souligne-t-il, sont incapables de jouer des instruments de musique comme le setar. Il leur faut un instrument de musique qu’ils apprennent facilement à jouer et avec lequel ils puissent communiquer rapidement et qu’il les aide sur le plan rythmique à améliorer leurs mouvements et à les contrôler. » « Les effets de la musique sur ceux qui souffrent de la cécité, sont extraordinaires ; la musique développe le appareil auditif, ce qui contribue largement dans la promotion de leurs activités quotidiennes. », explique le Dr Alizadeh Mohammadi, pour qui la flûte est un instrument de musique majeur dans la musicothérapie. Place à la musique, et écoutons un beau morceau de musique pour flûte.

Pour fermer ce chapitre, parlons d’un grand musicien iranien qui était connu surtout pour son talent dans la musicothérapie. Il s’agit du feu Cheikh Saber Qâderi du Baloutchistan, qui jouait le nâl, une sorte de ney, en vogue dans cette région du plateau iranien. Originaire de Tchâh Bâhâr, il jouait son nâl et chantait des récits épiques baloutches. Il était très jeune lorsqu’il commença à jouer le ney. Il jouait trois neys de taille différente, qu’il choisissait selon les réactions du patient. Il jouait sans répit dans ses séances thérapeutiques, car, d’après lui, il ne fallait pas interrompre la musique si on souhaitait une rapide guérison. Lorsqu’aucune diagnostique n’était efficiente, le nâl restait, selon le maître Cheikh Sâberi, l’unique moyen pour guérir le malade.

 

 

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