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samedi, 07 juin 2014 05:55

La musique à l’époque qajare

La musique a toujours eu une place importante à la cour qajare. Ces derniers prenaient les meilleures musiciens et ménestrels à leur service et les soutenaient. La présence de quatre groupes sociaux était ainsi nécessaire à la cour :  les poètes, les musiciens, les astrologues et les médecins. Dans l’ensemble, les rois qajars considéraient la musique comme un élément essentiel de leur quotidien.  Elle n’était pas seulement une distraction présente durant les fêtes et les cérémonies royales, mais était aussi très présente dans la vie quotidienne des rois qui en écoutaient même durant leur repas, leur repos, et lorsqu’ils pratiquaient l’équitation. La musique était également pratiquée par les femmes, notamment pour les cérémonies de deuil mais aussi à l’occasion de fêtes et de festins.

L’importance et la valeur des musiciens à l’époque de Nassereddin Shah étaient tellement grandes qu’ils étaient considérés comme des fonctionnaires. Les musiciens qui avaient le droit de jouer de la musique dans la cour avaient une grande importance, et ils recevaient  une pension et un salaire.

’Ali Akbar Farahâni est le créateur de sept instruments de musique iranienne et est connu comme le plus éminent représentant de la famille de l’art. C’était l’un des meilleurs musiciens de la cour de Nassereddin Shâh, très encouragé par le roi qui l’estimait, de sorte qu’il passait la plupart de son temps auprès du Shâh et jouait pour lui ses meilleurs morceaux. Son talent était apprécié par tout le monde. A l’époque de Nassereddin Shâh, il existait deux familles de musiciens officiels à la cour : la famille de Mohammad Sâdegh Khan, leader des musiciens du Shah, et la famille d’Ali Akbar Farahâni. Dès l’époque safavide, l’Iran avait tissé des relations avec l’Occident, mais l’influence de la civilisation et de la culture européennes, notamment dans le domaine de la musique, s’est propagée davantage sous le règne de Nassereddin Shah.

L’un des aspects remarquable de la musique religieuse iranienne est le ta’zieh, théâtre religieux le plus souvent consacré à la tragédie de Karbala. Ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de ta’zieh s’est développé à l’époque de Nassereddin Shah. Les riches et les grands de la ville rivalisaient entre eux pour attirer les meilleurs acteurs et organiser les plus belles cérémonies de ta’zieh. C’est également à ce moment-là que la plupart des tekieh et hosseinieh sont construites pour être l’hôte des cérémonies de ta’zieh. Le ta’zieh a eu un grand rôle dans la préservation et la propagation de la musique traditionnelle d’Iran. Les Iraniens appartenant à différentes classes sociales participaient à ces cérémonies, écoutaient les poèmes et les chansons, et les conservaient dans leur mémoire. C’est ainsi que le patrimoine de la musique iranienne s’est transmis d’une génération à l’autre.

 La fin de la période qajare et le début du mouvement constitutionnel ont été témoins du développement  des tasnif ou des chansons, dans lesquels se trouvent notamment une réflexion au sujet des idées de ce mouvement ainsi que de la situation politique et sociale de l’époque. Il marque un changement dans le mode d’expression musical. La plupart des tasnif dont nous disposons datent de la seconde moitié du XIXe siècle. Ces tasnif étaient composés par des poètes anonymes ou au contraire très connus comme Ali Akbar Sheydâ et Aref Qazvini. Il faut dire que les poèmes des tasnif étaient écrits dans une langue simple et traitaient d’amour, d’héroïsme, de satire et de politique. Ils étaient toujours appréciés par le public mais comme ils traitaient souvent de l’actualité de l’époque, ils ont vite été oubliés.

 

 

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