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vendredi, 23 septembre 2011 20:50

De la musique persane (2)

Ancrée, dans une tradition vieille de 25 siècles, la musique persane n’est pas restée à part des événements qui ont empli les annales de l’histoire du plateau iranien. Aussi a-t-elle vécu aux rythmes des vicissitudes, qui, au fil du temps, ont traversé le pays.

Persistante et dynamique, elle s’est développée, restructurée, elle a même dépassé les frontières, pour aller prendre racine dans les contrées les plus lointaines, de la péninsule ibérique à la Chine, en passant par l’Asie mineure et centrale.

Les historiens ont retrouvé ses premières références, à Suse, la capitale de l’empire Elam, qui, il y a 25 siècles avant Jésus Christ, avait jeté les bases d’une brillante civilisation. Les fouilles archéologiques ont mis au jour différents objets sur lesquels sont gravés des motifs représentant des instruments de musique. Une coupe en bronze gravée, découverte dans les sites archéologique du Lorestan et conservée au musée national de l’Iran, dépeint un double Ney ou les pipes tubulaires, une lyre, un tambourin, dans une procession royale.



Au Ve siècle avant notre ère, Hérodote évoque, dans ses textes, la tradition de la musique sacrée, en Perse. Les Iraniens, écrit l’historien grec, chantaient les Gâthâ, les hymnes d’Avesta, le livre sacré des Zoroastriens, avec un accompagnement instrumental. Et, Xénophon parle, à son tour, de la musique persane de l’époque achéménide. Il décrit la campagne militaire du roi achéménide, Cyrus, contre l’armée assyrienne, une campagne qui débute par une impressionnante cérémonie où la musique joue un rôle de premier plan. Donnons, donc, la parole à Xénophon : «Fidèle à son habitude, écrit-il, Cyrus entonna alors un hymne. Mus par un profond respect, ses guerriers l’accompagnaient d’une seule et haute voix. Au terme de l’hymne, les hommes preux se sont mis en marche, l’armée avançait, en bloc, dans une imposante marche, en cadence régulière».



Ces témoignages de la part de grands historiens en disent long sur la place de la musique, dans la culture iranienne. Elle était, partout, présente, aussi bien, dans la guerre, qu’au moment de la paix, dans les fêtes et les deuils, bref, dans le quotidien de ces gens, qui vivaient, dans ces temps immémoriaux, et qui ont su développer une musique distinctive, ainsi que leurs propres instruments de musique, qui sont les prototypes des instruments de l’ère moderne, que les musiciens contemporains jouent, partout, dans le monde. Hérodote cite, souvent, un instrument de musique, très en vogue, chez les Iraniens, le Ney, cet instrument taillé dans un roseau à sept nœuds qui sera l’ancêtre du piccolo.

La somptueuse cour sassanide se vantait d’accueillir les illustres noms de la musique de l’époque : Bârbad, Bâmshâd, Ramtin, Nakisâ, Azadvar-e Tchangui… Ces musiciens, dont les noms seront, à jamais, inscrits, dans les annales de l’histoire. A l’époque d’Ardéchir ou Artaxerxés, les musiciens avaient eu droit à leur propre caste. Bahrâm, ce monarque mélomane, invita à sa cour, 400 musiciens et chanteurs indiens.
Le règne de Khosrô Parviz est lié au nom de Bârbad, ce grand musicien, qui avait composé 360 morceaux de musique, pour tous les jours de l’année, et exécutait, chaque jour, un morceau.




Il est relaté que lorsque Shabdiz, le cheval favori de Khosrô, meurt, personne n’osait le dire au monarque, craignant son grand courroux. Seul, Bârbad, accepta de mettre au courant le roi de la perte de son cheval, par un morceau de musique, qu’il composa, en cette circonstance, une mélodie qui figure, encore, au répertoire de la musique traditionnelle persane, empruntant le nom de ce cheval, Shabdiz. La musique persane a hérité d’autres mélodies attribuées à Bârbad. A titre d’exemple, nous en citons quelques unes : «La parure du soleil», «Midi», «La félicité de l’âme», «Nowrouz», «Le jardin du cyprès», «Le vert dans le vert», «Le jardin de Shirin».

A suivre

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