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lundi, 11 mai 2015 02:47

Le récit de la conquête…

Le récit de la conquête…

Pour le martyr Seyyed Morteza Avini, ceux qui tiennent compte de l’engagement éthique dans l’art, s’intéressent surtout au documentaire car ce genre repose sur la probité et la sincérité dans l’expression et  l’engagement envers la réalité. Seyyed Morteza Avini est né en 1947 à Shahr-e-Rey, au sud de Téhéran. Il s’intéressait à l’art dès la tendre enfance. Il composait des poèmes, il rédigeait des histoires et des articles et il faisait de la peinture. Après avoir terminé ses études secondaires, il a poursuivi ses études à la Faculté des Beaux-arts de l’Université de Téhéran, dans la discipline de l’architecture. Dans le même temps, il faisait des recherches concernant la littérature, la poésie, la musique et la peinture tout en ayant une présence active dans les milieux artistiques.

Après la victoire de la Révolution islamique d’Iran, en 1979, et la formation du Djihad de la Construction sur ordre de l’Imam Khomeiny, Avini s’est adonné à la reconstruction des villages éloignés et s’est employé à régler les  problèmes des villageois. En constatant la tyrannie que l’ancien régime avait infligée à la couche démunie de la société, Avini a commencé à tourner des films pour le Djihad de Construction. Sa première œuvre fut une série-télé intitulée Choisis par les maîtres. Dans cette série-télé, Avini se déclarait solidaire avec les villageois tout en appelant les responsables à leur porter une attention toute particulière.

Avini a réalisé une centaine de films. Auprès de l’Organisation des Propagandes islamiques, Avini faisait pendant des années des activités culturelles et artistiques. Il fut aussi le rédacteur en chef d’un mensuel artistique intitulé  Sourate et les publications qui le concernaient. Parmi ses œuvres écrites, citons un recueil d’articles cinématographiques intitulé Le miroir magique. Il est l’auteur d’un nombre de livres : Le début d’une fin La victoire du sang,  L’explication de la lumièreTourbillon du Diable et des dizaines d’articles avec pour sujet la culture, l’art, la philosophie et la politique. Le miroir magique est une œuvre précieuse, dans laquelle Avini explique ses théories et ses nouvelles idées sur le cinéma. Cette œuvre montre que Seyyed Morteza Avini a une vision structurée mais en même temps moderne du cinéma.

Après avoir tourné des films documentaires sur les habitants des villages iraniens, Morteza Avini a rejoint une équipe baptisé « Jihad » qui réalise des œuvres télévisées. Ensuite, il a commencé à produire une série documentaire intitulée le « Récit de la conquête ». Cette série est un souvenir précieux des fronts et les combattants iraniens pendant les huit années de la guerre imposée. Elle s’est poursuivie même après la fin de la guerre et elle a passé en revue les souvenirs des combattants. Lorsque la guerre a pris fin, le martyr Seyyed Morteza Avini s’est rendu aux zones opérationnelles en compagnie d’une équipe de recherches pour tourner une nouvelle série du « Récit de la conquête ». Il est tombé en martyre le 9 avril 1993, à Fakkeh, dans le sud-ouest de l’Iran, tué par une mine, laissée de l’époque de la guerre. L’anniversaire de la mort en martyre de cet artiste est baptisé « La Journée de l’Art de la Révolution islamique ».

 

« Le Récit de la conquête » est un documentaire qui raconte les événements militaires et politiques des huit années de la guerre imposée par le régime de Saddam contre l’Iran. Morteza Avini a commencé à produire cette série depuis le début de la guerre imposée et il l’a continuée jusqu’à sa mort. La chaîne 1 de la télévision iranienne diffusait cette série documentaire d’une manière constante. La série racontait les événements qui se passaient sur les fronts. Les combattants iraniens y étaient interviewés. Parfois l’une des opérations menées par les forces iraniennes était relatée. «Le Récit de la conquête » a été produite en cinq parties : les opérations Val Fajr-8, les opérations Karbala-1, les opérations Karbala-5, les événements politiques et culturels de l’an 1987 et les opérations  des forces iraniennes comme les opérations Karbala-10 et certaines opérations menées dans l’Ouest du pays. Morteza Avini a combiné avec brio le récit et l’image d’une manière unique.

 

La caméra raconte en général avec une certaine d’amertume le récit de la guerre mais « Le Récit de la conquête » évoque cette amertume en la combinant avec un certain sentiment d’espoir et de gloire. Ce qui faisait aux spectateurs de regretter d’être absents de l’ambiance spirituelle des fronts de guerre. La caméra de cette série fut en effet passionnée des combattants et de l’ambiance des fronts et elle savait bien transférer cette passion aux spectateurs.

 Tous les experts et les critiques iraniens considèrent  « Le Récit de la conquête » comme le plus important documentaire du cinéma iranien dès le début. Cette série est marquée par un récit tout particulier de la guerre, un récit qui n’avait jamais été vu dans les autres œuvres.

 Dans la série, le réalisateur-narrateur omniprésent sur les  champs de bataille,  analyse les actes héroïques de ses amis et confrères. Il suit avec l’œil  de la caméra les événements sur les fronts de la guerre et les actes de ses amis. Le réalisateur dit bonjour aux combattants, leur demande comment ils vont, les interroge sur leur sentiments et exprime à son tour ce qu’il ressent à ce moment-là. Il est parfois touché par leur chagrin et leur joie et y réagit par parole, musique ou silence. Le plus important est que Morteza Avini a créé des personnages dans la série « Récit de la conquête ». Ses personnages ont en même temps une identité individuelle et une identité collective, c’est-à-dire qu’ils éprouvent un certain sentiment de cohésion collective. Avini ne considérait pas les combattants comme une masse homogène d’individus et il est arrivé à montrer une image unie et en même temps individuelle des combattants iraniens.

 

Seyyed Morteza Avini portait une attention toute particulière aux interlocuteurs. Il croyait qu’il fallait d’abord connaître l’interlocuteur et ensuite produire une œuvre qui puisse le séduire. Dans la foulée, il essayait de faire usage de la technique pour exprimer le contenu confirmé et accepté par ses interlocuteurs. Autrement dit, il croyait qu’il fallait iraniser les techniques du cinéma. Sa théorie est appelée par les critiques « la forme et l’expression nationale du cinéma ». Elle est parfois appelée « cinéma ou film spirituel ». Selon Avini, c’est une motivation intérieure qui exhorte les artistes à se rendre sur les fronts de la guerre et non pas les responsabilités et les engagements administratifs. Les équipes de tournage  étaient présentes sur  les fronts de la guerre, avec la même motivation qui  exhortaient les combattants à y affluer. L’esprit d’engagement des artistes, des réalisateurs et des photographes, présents sur les champs de bataille, avait encouragé Avini à réviser la nature de la caméra, du film et du septième art en Iran. Il a par conséquent rédigé une série d’articles théoriques sur la nature du cinéma, la critique du cinéma d’Iran et du monde et l’explication de l’art religieux, l’art traditionnel et l’art révolutionnaire.

«Le Récit de la conquête » a été produit en 98 épisodes et a été diffusé plusieurs fois par la télévision iranienne. Cependant, les spectateurs aimeraient toujours  regarder cette série. A propos de ce succès, madame Ensiyeh Shah Hosseini, cinéaste iranienne, dit : « Si on supprime la voix du martyr Avini de ses œuvres, celles-ci n’auront pas beaucoup de différence avec les autres œuvres. Dans « Le Récit de la conquête », des images extraordinaires des fronts de la guerre ont été enregistrées, mais ce qui est important est la direction que Morteza Avini a donné à ces images. Le martyr Avini combinait les événements qui se passaient sur les fronts avec la culture d’Achoura, issue de son cœur, assurant ainsi leur perpétuité. L’Achoura est un événement qui ne devient jamais répétitif. « Le Récit de la conquête » lui ressemble aussi. Cette série ne se répète pas car sa répétition est du genre d’Achoura. Quand un film de guerre est produit en appui de la culture d’Achoura, il sera perpétuel ».   

 

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