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dimanche, 01 février 2015 08:45

Architecture persane (3)

 

Nous avons expliqué dans la précédente édition comment au VIe siècle avant Jésus-Christ un prince achéménide,  Cyrus jeta les bases d’un immense empire sur le plateau iranien. Cyrus réunit autour de son trône les ethnies iraniennes dont les Perses et les Mèdes. Puis il lança une vaste campagne pour élargir les frontières de son empire mais il n’oublia pas aussi la prospérité  du pays. Il appela de partout de l’Iran, mais aussi des autres pays, les architectes et les artisans pour construire des monuments qui seraient dignes de son empire et en célèbreraient la grandeur. Ces architectes ont su fonder les bases d’un style architecture aux couleurs perses mais porteur aussi des éléments de l’art des anciens. Les architectes perses utilisaient les matériaux de plus haute qualité. Pour en avoir une idée, il suffit de mentionner les palais et les pavillons de Persépolis qui étaient couverts du bois du cèdre libanais ou de sandale de Kandahar. Les monuments étaient souvent érigés sur des socles, un élément propre à l’architecture persane.

Sur la route actuelle d’Ispahan à Chiraz, 10 km après Ghâder-Abâd, se trouve la vallée de Morghab. A l’époque des Achéménides, cette région s’appelait Pasargades et était la capitale politique de Cyrus. Selon les documents historiques, ce site avait été construit sur le lieu de la défaite du dernier roi des Mèdes. Certains historiens pensent que ce nom vient de l’expression "Parse-gad" qui signifie "le campement des Perses", et qui devait être à l’époque entouré de murailles et abriter des vergers, des palais et des temples. Cyrus y fut enterré après sa mort sous un édifice dont les vestiges sont encore visibles de nos jours.

Avant la fin de la construction du palais de Suse, Cyrus Ier décida de faire construire un autre site impérial en Perse. Pasargades ne servit plus qu’aux cérémonies de couronnement des empereurs achéménides. Darius commença la construction environ 515 ans av. J.-C. Persépolis devait servir aux festivités et servir de centre administratif. La construction exigea une coopération de toutes les régions de l’empire et montre le degré de soumission des lointaines parties de l’empire au roi des Perses.

La cité de Persépolis, ancienne résidence « de repos » des souverains achéménides doit, à l’image de la dynastie, sa puissance et sa beauté à Darius Ier et son fils Xerxès. On peut notamment y voir la porte de Xerxès, ornée des statues colossales de taureaux ailés à tête humaine ; la salle d’audience du palais de Darius, qui pouvait contenir jusqu’à 10 000 personnes ; les célèbres colonnes Apadana et l’escalier dont les bas-reliefs représentent une double procession dans laquelle chaque personnage est sculpté avec un luxe de détails.

Les travaux furent achevés à l’époque d’Artaxerxés Ier  et du roi Xerxès. Le site a une superficie de 135 000 mètres carrés, avec des bâtiments d’une hauteur de 12 mètres. Des blocs de pierre ont servi à la construction des escaliers et des voûtes célèbres, comme celle de Xerxès, nommée aussi "la voûte des peuples".

Le palais d’Apadana, le palais aux trois entrées, le palais réservé à Darius et aux cérémonies officielles, le palais de Xerxès réservé aussi aux cérémonies officielles, le palais aux cent entrées, la salle du trône, le salon aux cent colonnes, le salon aux 99 colonnes, construit sur l’ordre de Darius pour servir de dépôt central au trésor impérial, les autres dépôts du trésor et la partie sud d’une estrade orientée vers la plaine, au milieu des résidences impériales, comptent parmi les différentes parties du site impérial de Persépolis.

Les colonnes en forme de lotus retourné sont une autre particularité de Persépolis. Elles symbolisent la vie et ressemblent fortement aux colonnes de Suse. Le pied de la colonne ressemble à un vase retourné ou à un cube. Elles sont décorées de lignes verticales. La base de certaines colonnes en forme de feuilles de palmiers s’inspire de l’architecture égyptienne, alors que le modèle en spirales rappelle plutôt les colonnes et le symbolisme grecs. De l’avis de certains archéologues, ces formes en spirales s’inspirent de l’architecture Mède. Enfin, les têtes de taureaux en haut des colonnes seraient le symbole de la fécondité.

Persépolis se distingue par ses nombreuses épigraphes et bas-reliefs qui représentent les gardes, les courtisans,  les représentants des peuples de l’empire, Ahourâ Mazdâ, des animaux et des griffons, des sphinx. La violence et la souffrance des reliefs assyriens ne se retrouvent plus dans les représentations perses d’où émane une impression de paix, de simplicité et de sérénité. Les archéologues y admirent surtout le réalisme de l’art architectural achéménide, un phénomène que l’on trouve rarement dans l’architecture d’une période historique.

L’utilisation de pierres de même taille, la qualité des matériaux et des peintures, les fondations sur socle de pierre, les nombreuses colonnes espacées, les plafonds en poutres de bois, les escaliers tournants, la taille très précise des épigraphes et leur décoration, les décorations intérieures et extérieures et les mosaïques, les carrelages, les jardins et les bassins, les couloirs secrets qui reliaient les différentes parties des palais, les abris pour préserver du soleil ont fait de l’art achéménide, un art équilibré, puissant et solide.

En 331 avant J.-C., Alexandre le macédonien ordonna de brûler Persépolis mais avant il fit transférer ses trésors incommensurables en Grèce. Des lingots d’or, des œuvres d’art, des bijoux, des meubles, des tapis et des armes furent tous chargés sur les chameaux et les mulets pour être envoyés au palais d’Alexandre. Mais ce qu’il ne put faire disparaître ce furent les sublimes sculptures, les majestueuses colonnes de pierre de Persépolis qui, défiant les aléas du temps, le vent et le feu, se dressent toujours sur cette vaste plaine pour témoigner de l’art des Iraniens, aussi vieux que l’histoire.

 

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