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dimanche, 25 janvier 2015 07:15

Architecture persane (2)

En référence aux hautes colonnes de pierre découvertes aux alentours de Suse, dans le tepeh Moussian, les archéologues ont conclu que « la colonne » est la clé de voûte de l’architecture iranienne. Un constat que confirme la citadelle de Hassanlou, au sud du lac d’Oroumieh, dans le nord-ouest d’Iran, qui est le  plus ancien et le plus important monument en colonnes. Il y a aussi des excavations creusées au cœur  des rochers avec des colonnes de pierre sur lesquelles reposait le toit, ou des cavernes  avec des stèles qui servaient à célébrer des rituelles. Ces stèles et les fresques rupestres qui couvraient les murailles des cavernes traduisaient la foi des hommes de ces époques anciennes au monde post-mortem.

La période mède était l’ère des monuments grandioses avec des colonnes en pierre. Les Mèdes avaient vaincu, en ce VIIe siècle avant Jésus-Christ le puissant gouvernement assyrien en Mésopotamie. Ils avaient fondé leur propre gouvernement dont Hagmataneh, l’actuel Hamédan, était la capitale. Il s’agissait en fait du premier Etat mis en place sur le plateau iranien, ce premier gouvernement iranien régna durant deux siècles sur un vaste territoire. Austère, l’architecture mède avait pourtant ses propres spécificités. Ainsi les éléments constituant de ce qui sera par la suite l’architecture persane, ont-ils vu le jour.

C’est depuis l’époque mède que  les citadelles gigantesques, les fortifications colossales, les créneaux, les portails et les voies souterraines furent en vogue en Iran. Ces citadelles étaient construites au cœur des villes et abritaient les rois et leur cour au moment des guerres ou les offensives étrangères. Or, l’architecture mède ne se résumait pas aux fortifications ; les architectes de cette époque bâtissaient aussi des temples et des palais somptueux. Les façades étaient très austères et mêmes rudes mais tout un dispositif était prévu pour rendre invulnérable l’édifice devant les offensives, les tempêtes et même les séismes. Il est intéressant de savoir que l’on construisait encore de ces citadelles jusqu’au XVIIIe siècle et qu’il en reste encore partout en Iran. Sept styles architecturaux sont déjà définis en Iran. Deux datent de l’époque antéislamique : les styles perse et parthe.

Ce fut au VIe siècle avant Jésus-Christ qu’un prince achéménide,  Cyrus jeta les bases d’un immense empire sur le plateau iranien. Cyrus réunit autour de son trône les ethnies iraniennes dont les Perses et les Mèdes. Puis il lança une vaste campagne pour élargir les frontières de son empire mais il n’oublia pas aussi la prospérité  du pays. Il appela de partout de l’Iran, mais aussi des autres pays, les architectes et les artisans pour construire des monuments qui seraient dignes de son empire et en célèbreraient la grandeur. Ces architectes ont su fonder les bases d’un style architecture aux couleurs perses mais porteur aussi des éléments de l’art des anciens.

Les architectes perses utilisaient les matériaux de plus haute qualité. Pour en avoir une idée, il suffit de mentionner les palais et les pavillons de Persépolis qui étaient couverts du bois du cèdre libanais ou de sandale de Kandahar. Les monuments étaient souvent érigés sur des socles, un élément propre à l’architecture persane.

Il va sans dire que de nombreux édifices étaient bâtis, dans le monde entier, avant Persépolis mais dans aucun de ces monuments, l’espace entre deux colonnes n’était comme celui de cette esplanade de palais.  La distance entre deux colonnes était parfois même 6,5 mètres dans les palais de Persépolis, chose inédite jusqu’à cette époque. Les architectes perses qui se servaient des pierres enchâssées les unes avec les autres par des crochets métalliques, sont parvenus à ériger des colonnes d’une hauteur de 22 mètres. Soucieux de préserver l’esthétique, les architectes de l’époque achéménide évitaient soigneusement toute symétrie ou monotonie qui aurait gêné l’œil. Des chapiteaux en bois embellissaient les colonnes rupestres et des lampadaires étaient disposés sur les toits pour assurer la lumière de l’édifice dans la nuit. Des iwans rehaussés par des rangés de colonnes, bâtis sur les ailes extérieures des monuments couronnaient tout cet ensemble harmonieux et sublime. 

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