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samedi, 17 janvier 2015 15:04

Architecture persane (1)

Aussi vieux que l’Histoire, l’art persan a vu le jour au berceau même de la civilisation, et l’architecture en est l’apport. Les Iraniens ont eu une large contribution dans l’épanouissement de l’art d’architecture, remontant loin dans l’histoire. Quels sont les styles architecturaux en Iran antique et Iran postislamique ? Où en est l’architecture moderne iranienne ? Quelles sont les caractéristiques des constructions en Iran ? Par exemple, quel est le rôle de la lumière, dans l’espace architectural persan ? Quelles sont les matières de construction préférées des architectes iraniens ? Dans quelle mesure les besoins des habitants de ces constructions sont pris en compte ? Ce sont autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles nous essaierons de répondre, à travers les différents chapitres de notre nouvelle série de programmes  Architecture persane. C’est donc à un voyage merveilleux  que l’Architecture persane vous invite, un voyage, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment l’architecture, selon Le Corbusier, est, à la fois, « l’art de bâtir » et « l’art typographique », mais aussi, l’art de vivre.

Un des nombreux domaines où les Iraniens ont une grande part est l’architecture persane dont les origines se perdent dans la nuit des temps. L’architecture persane utilise abondamment la géométrie symbolique, les formes pures telles que le cercle et le carré. Les plans sont souvent basés sur des rendus symétriques dont les cours rectangulaires et les halls sont parmi les caractéristiques. D'après ce qui a retrouvé au cours de fouilles, l'histoire de l’architecture et de la planification urbaine en Perse, vieille de plusieurs millénaire. Les Persans étaient parmi les premiers à utiliser les mathématiques, la géométrie et l'astronomie dans l’architecture. Reconnu par l'UNESCO comme un des berceaux de l'humanité, l’Iran se classe parmi les 10 premières nations tenant des vestiges antiques.

 Le Tepe Sialk, près de Kashan, où se trouve une importante ziggurat construite il y a 7.000 ans, est un de ces sites historiques en Iran où les habitants ont été les initiateurs d'une technique de construction déjà évoluée. L'architecture iranienne a laissé une forte influence sur celle des vieilles civilisations. Selon Arthur Pope, « L’architecture en Iran a au moins 6.000 ans d'histoire continue, dont des exemples peuvent être vus de la Syrie jusqu'au nord de l'Inde et aux frontières Chinoises, et du Caucase à Zanzibar. »

Les dernières découvertes archéologiques en Iran ont bouleversé les grandes et intouchables théories qui se basait sur cette même et unique idée que la majeure partie de l’artisanat était issue de la terre mésopotamienne. Tandis que les nouvelles théories barrent d’un trait rouge cette théorie pour démontrer que c’est du plateau iranien que la civilisation arrive en Mésopotamie. En d’autres termes ce sont les sumériens qui ont véhiculé avec eux la civilisation issue du plateau iranien dans la vaste plaine confinée entre les deux grands fleuves anciens que sont le Tigre et l’Euphrate. Ils ont ainsi su profiter des expériences vécues par les Iraniens, pour jeter les bases d’une nouvelle civilisation en Mésopotamie.

Thaalebi son Akhbar-e molouk al-fars (Les renseignements sur le pays de Fars) rappelle des points que confirment les découverts de notre temps. « Le gouvernement iranien, écrit Thaalebi, figure parmi les plus anciens et les plus stables gouvernements du monde entier. Les inventions utiles qui sont à l’origine de la civilisation humaine sont attribuées aux Iraniens. » Pour Thaalebi, ce sont les Iraniens qui ont donné naissance à l’agriculture, à l’élevage, la pêcherie, la construction des fortification et de l’urbanisme, les principes du jugement, le calendrier des fêtes, l’invention des instruments de musique…

Chacune des périodes Elamite, Achéménide, Parthe et Sassanide ont créés des types d’architecture, qui se sont répandues à travers les âges et ont été adoptées par d'autres cultures. Les palais achéménides conservés présentent une grande échelle. Les artisans, artistes et matériaux dont ils se servaient étaient amenés de pratiquement tous les territoires de ce qui était alors l'un des plus grands empire du monde. Pasargades établit le standard : la ville s'élevait dans un grand parc constellé de ponts, de jardins, de palais à colonnades et de pavillons ouverts à colonnes. Pasargades, ainsi que Suse et Persépolis exprimaient avec force l’autorité du Roi des Rois, et les escaliers de cette dernière rappelaient par ses bas-reliefs sculptés la vaste étendue de l'empire. Avec l’émergence des Parthes et des Sassanides sont apparues de nouvelles formes. Les innovations Parthes se sont pleinement exprimées à l’époque Sassanide par de massifs chambres voûtées, de solides dômes en maçonnerie et de hautes colonnes. Cette influence allait se maintenir pour les années à venir.

Pour avoir une meilleure conception de l’architecture persanes, nous vous parlerons, quoique succinctement deux sites archéologiques mondialement connus le Tepe Sialk et la Ziggurat de Tchogha Zanbil. Le Tepe Sialk, situé dans la banlieue de la ville de Kashan, dans le centre de l'Iran, est un site archéologique dont les bases d'occupation vont du Ve au IIIe millénaire av. J.-C., avec une phase plus tardive au IIe millénaire av. J.-C. Il se divise en deux grands tells : le tell nord, le plus anciennement peuplé, et le tell sud, plus récent.

Ce site a été fouillé dans les années 1930 par Roman Ghirshman. Il est actuellement l'objet de nouvelles fouilles, sous la direction d'une équipe iranienne. Le tell nord comprend deux niveaux : Sialk I et Sialk II. L'architecture du niveau I est assez rudimentaire. Des tombes contenant des poteries ont été mises à jour. La céramique est au départ assez fruste, puis devient de meilleure qualité avec le temps. Aux sous-périodes 3, 4 et 5, on a retrouvé des poteries claires à décor peint. L'outillage est encore en pierre ou en os. Le niveau Sialk II voit l'apparition de la métallurgie. Le matériel archéologique retrouvé dans les bâtisses de cette période témoigne de liens croissant avec l'extérieur. Le tell sud comprend les niveaux Sialk III et IV. Le premier, divisé en sept sous-périodes, correspond au Ve millénaire et au début du IVe. Cette période est en continuité avec la précédente, et voit la complexification de l'architecture (briques moulées, utilisation de la pierre) et l'artisanat, notamment métallurgique.

 La céramique la plus représentative de ce site consiste en des vases à long bec, peinte de motifs géométriques ou animaliers. Le site est abandonné au début du Ie  millénaire. On voit généralement dans les occupants de ce site des Proto-iraniens, ancêtres des Mèdes et des Perses, qui arrivent dans l'Iran occidental depuis l'Asie centrale à cette période.

Tchogha Zanbil est un complexe élamite dans la province du Khûzistân en Iran. On y trouve notamment une des seules ziggurats dont les ruines aient été préservées jusqu'à aujourd'hui en dehors de la Mésopotamie (l'autre étant Sialk). C'est d'ailleurs sans doute la mieux conservée de toutes. Le site se situe à approximativement 45 km au sud de Suse et à 230 km au nord d'Abadan en passant par Ahvaz, qui est à 60 km

C'était un centre religieux du royaume élamite, fondé vers 1250 avant Jésus Chirst par le roi Untash-Napirisha sur la route entre Anshan et Suse. Untash-Napirisha engage des travaux gigantesques : La cité sainte, entourée d’une enceinte de 400 m de côté, est vouée au dieu national de Suse Inshushinak. Le monument le plus imposant est une superbe ziggourat qui pourrait ne pas être construite de la même façon que celles de Mésopotamie : au lieu de terrasses superposées, on se trouve en présence de quatre étages emboîtés verticalement, méthode qui n’a pas été encore repérée ailleurs. Un quartier royal avec des palais est édifié au sud-est de la cité sainte ; des tombes royales, construites sous l’un des palais. Les quartiers d’habitation n’ont apparemment jamais été construits. La ville elle-même a été rapidement abandonnée, peut-être à cause de l’extinction rapide de la dynastie d’Untash-napirisha. Le plus grand nombre des œuvres d’art réalisées pour Dur-Untash ont été rapportées à Suse où elles seront retrouvées lors des fouilles. La ziggourat servira cependant encore plusieurs siècles, jusqu’à sa destruction par les Assyriens. En 1979, Choqa Zanbil est devenu le premier site iranien à être inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

 

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