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mardi, 28 octobre 2014 09:20

Racines et liens dans l’architecture de l’Orient (1)

Racines et liens dans l’architecture de l’Orient (1)

Une rétrospective des affinités culturelles et artistiques de l’Iran et du Sous-continent indien

 

Il y a quelque temps, à l’initiative des architectes iraniens, le colloque « Racines et liens dans l’art et l’architecture de l’Orient » a eu lieu en six jours à Téhéran, Kashan et Ispahan. Ce colloque a été l’hôte des architectes et des artistes orientaux notamment du Pakistan et de l’Inde. Des architectes et des artistes travaillant dans les différentes branches de l’artisanat y ont parlé des racines communes de ces arts et des leurs expériences. D’illustres noms figuraient parmi les intervenants dont Chandra Kapadia, Sajedeh Haïdar Vandal, Nour Jahan Bilgrami, Saba Sami et Ali Akbar Hossein de l’Inde et du Pakistan, Hossein Cheikh Zeyneddin, Mohammad-Reza Haeri, Farrokh Zonouzi, Iraj Kalantari, Mohammad-Reza Nikbakht et Homa Behbahani de l’Iran. Le colloque avait pour ambition de traiter les innovations et les potentiels artistiques dans le développement des sociétés orientales dans la perspective des affinités des peuples de l’Orient. Les chercheurs présents au colloque ont également examiné les voies susceptibles de renforcer les rapports de l’Iran avec les pays persanophones et ceux de l’est de l’Iran sur les plans architectural, artisanal et urbaine.

Il fait maintenant trois mille ans les membres de cette grand famille aryenne se sont séparés, mais durant toutes ces longues années l’interaction culturelle entre ces deux peuple iranien et indien a toujours perduré. Les peuples iranien et  indien avaient des rapports même avant l’arrivée des aryens au plateau iranien et dans le sous-continent indien. Les objets anciens découverts dans les fouilles archéologiques montrent comment, quelque 2500 avant Jésus-Christ, il y avait une grande civilisation dans ces régions. Les œuvres découvertes en Inde ressemblent beaucoup à celles trouvées dans le plateau iranien et en Mésopotamie. Ces objets montrent que même avant l’arrivée des aryens, les habitants de l’Inde et de l’Iran avaient d’étroites relations. De même les fouilles archéologiques faites en 1930 à Sialk de Kashan, témoignent du fait que ce site ancien était le point de contact des deux civilisations iranienne et indienne.

La civilisation de la vallée de l'Indus, historiquement, la plus ancienne culture, en Inde, était contemporaine de la civilisation proto-élamite d'Iran. La population de l'Indus avait des liens commerciaux avec une partie de l'Afghanistan, les régions côtières de l'Iran et la civilisation de Mésopotamie. À Suse, (ouest de l'Iran), on a déterré de la poterie ornementée semblable à celle de la culture "Kulli", au Nord-Ouest de l'Inde. On pense que la culture "Harappa", (autre nom de la culture de la Vallée de l'Indus), a importé de l'argent, du cuivre, de la turquoise et du lapis-lazuli de Perse et d'Afghanistan, contre de l'ivoire.

On pense que les langues de l'Inde appartenant à la famille indo-aryenne sont issues de la même source que les langues iraniennes, c'est-à-dire, la famille des langues indo-iraniennes, elles même membres du groupe «Satem» des langues indo-européennes. Les Indo-iraniens étaient des nomades issus des steppes d'Asie centrale, probablement, de la région de la vallée de l'Oxus, avant 2000 av. notre ère. Ils se faisaient appeler «aryens», d'où sont issus les mots «Iran» (en persan airyanam vaejo signifiant pays des aryens) et «Arya», en Sanskrit et en d'autres langues indiennes, qui signifie «noble». L'Inde ancienne était connue sous le nom de aryavarta (royaume, domaine, des Aryens). La civilisation aryenne pénétra au Nord-Ouest de l'Inde, probablement, vers 2000 avant notre ère.

La période védique débuta, en Inde, vers 1500 avant notre ère, avec, comme livre, le «Rigvéda», le plus ancien des Védas qui se contait en sanscrit védique, très similaire à l'avestan, langue ancienne dans laquelle fut écrit le texte sacré «Avesta» des Perses zoroastriens. Les Védas et l'Avesta semblent confirmer que les Aryens migrèrent, depuis leur pays originel, à cause d'une «inondation». Dans le récit Védique, cette «inondation» était due à l'eau, alors que l'Avesta fait état de neige et de glace. Selon les Écritures védiques, le survivant de cette inondation, Manu Satyavrata apparaît comme le progéniteur des Aryens, en Inde. Ce récit a des similitudes évidentes avec le récit sémite du Grand Déluge, avec Noé comme personnage central. Selon les traditions du Vendidad, les Aryens se répartissaient en quinze nations, dont les Haptahindu, forme avestan du sanskrit Saptasindhu (sept fleuves), qui font référence à la région du sous-continent indien.

 

L’ancienne religion védique et le Zoroastrisme ont, aussi, beaucoup de choses en commun. On retrouve, dans les Védas et les Gathas de l’Avesta, le respect du feu, l'accomplissement de sacrifices (en sanscrit Yajna et en avestan Yasna) et le rôle important des prêtres ou Mages.

 

La période achéménide et l'empire séleucide

L'émergence de l'empire achéménide, en Perse, empire fondé par Hakhamanis (Sakhamani, en sanscrit, signifiant «celui qui a des amis ou alliés»), provoqua le passage sous domination perse de parties entières de l'Inde du Nord-Ouest. Des émissaires indiens étaient à la Cour de Cyrus le Grand (590 - 529 av. J.-C.), dont l'empire s'étendait à l'Est, jusqu'à Gandhara et au Sind. On croit savoir, aussi, que lorsque Cyrus fut menacé par Crésus, il reçut l'aide militaire d'un roi indien. Sous Darius Ier (521 – 485 av. notre ère), des inscriptions firent état de relations entre la Perse et l’Inde. L'inscription de Bistoun , attestée, en 518 av notre ère, inclut le Gandhara, dans la liste de ses pays vassaux. Darius y dit que sa langue est la langue aryenne. L'inscription de Persépolis mentionne le Pendjab comme faisant partie de l'empire perse. L'épigraphe de Naghsh-e-Rostam décrit, aussi, l’Inde, comme le 24e État de l'empire perse. La province indienne de Darius était réputée la plus riche de l'empire.

Hérodote témoigne de la richesse et de la densité de la population indienne et du tribut payé à Darius. «La population de l'Inde est, de loin, la plus nombreuse de celles que l'on connaît, et ils ont payé une somme plus importante, en proportion, que les autres peuples : 360 talents de poussière d'or ». Hérodote mentionne, aussi, le contingent indien des armées perses, constitué de fantassins, cavaliers, et chars. Plus tard, il sera fait mention d'éléphants. On pense que les Indiens (ceux du Nord-Ouest de l'Inde, de la Bactrie et du Gandhara) ont combattu avec les Perses contre les Grecs, sous Xerxès Ier ou Khashayarsha, successeur de Darius, sur les champs de bataille de Platées et Marathon.

Mais, qu’en est-il de l’interférence culturelle entre ces deux mondes ? L'art et l’architecture achéménides eurent, aussi, une forte influence sur l'Inde. Avant la période historique d'Ashoka, on ne connaît pas d'épigraphie, en Inde. Il a été suggéré qu'Ashoka eut l'idée de proclamer des décrets, en s'inspirant des empereurs Achéménides, notamment, de Darius. Les piliers, avec leurs chapiteaux animaliers (beaux exemples de l'art impérial mauryen) ont subi l’influence des piliers achéménides. Ce moyen de propager des messages officiels et le style individuel des inscriptions font penser à l'influence perse.

Le commerce se développa, surtout, parce que les Achéménides introduisirent la monnaie ; ce qui facilita les échanges. L'Inde exportait des épices, telles que le poivre noir, et importait d'Iran des pièces d'or et d'argent. On cultivait la vigne, dans les Himalaya de l'Ouest, car on faisait venir le raisin de Perse, tout comme l'amande et la noix. L'un des plus vieux mots indiens relatifs à la pièce de monnaie (et aussi pour une petite unité de poids) est la Karsa. Il est d'origine perse.

En 330 avant notre ère, Alexandre le Grand vainquit Darius III dans la bataille décisive de Gaugamèles, des soldats indiens montés sur 15 éléphants combattirent aux côtés de Darius. Puis, Alexandre marcha sur l'Inde. Chandragupta Maurya, qui fonda la dynastie Maurya, entretenait de bonnes relations avec le successeur du vainqueur Macédonien, en Perse. On trouvait aussi des nobles perses à la cour des rois Mauryas. Un Perse, Tushaspa, figurait à la cour de Chandragupta Maurya.

L'écriture fut introduite, par les Perses, dans la province-frontalière du Nord-Ouest et fut utilisée, jusqu'au IVe siècle de notre ère.

L'empire parthe s'impliqua beaucoup dans ses relations culturelles et commerciales avec l'Inde. Dans les dernières périodes de cet empire, on appelait «Inde blanche» les régions frontalières de Kaboul, Kandahar et du Sistan, qui formaient une partie du Gandhara.

Le nom «Gujarat», qui a donné naissance à la région, à l'Ouest de l'Inde, est associé à la tribu Gujjar, descendant, en partie, des Indo-Scythes ou Sakas (peuples iraniens) et qui a combattu l'Empire Parthe. L'histoire du Gujarat, de 78 à 400 ans de notre ère, est, parfois, dénommée la période Satrape, où la suzeraineté de l'Empire parthe fut, progressivement, remplacée par les Sakas. Les maîtres Indo-Scythes de cette époque s'appelaient Nahapana, Chashtana, Jayadaman et Rudradaman. Avec le temps, ils prirent des noms Hindous. On pense, aussi, que Les Pallavas, chefs du clan Sisodia des Rajpoutes, sont d'origine iranienne et sont venus, en Inde, vers la fin du VIe siècle de notre ère.

A suivre...

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