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jeudi, 16 janvier 2014 06:57

Un moment de repos : le caravansérail (4)

Un moment de repos : le caravansérail (4)

Les caravansérails des régions montagneuses

Dans les régions montagneuses, les caravansérails devaient être protégés contre le froid et les intempéries : ils étaient donc souvent dépourvus de cour centrale, compensée par une grande salle pour loger les voyageurs. Autour de cette salle s’organisaient des galeries utilisées en guise d’écuries. La configuration de ces caravansérails avait pour objectif principal de garder la chaleur à l’intérieur du bâtiment : La hauteur sous plafond, c’est-à-dire la dimension comprise entre le sol et le plafond des pièces, était réduite par rapport à la longueur et la largeur. Les écuries se situaient entre l’espace extérieur, les chambres et la salle centrale, et cela conservait au maximum la chaleur produite à l’intérieur du caravansérail.

Les fondations et les murs des caravansérails des régions montagneuses étaient souvent de pierre. Dans certains caravansérails, comme celui de Shebli, les voûtes sont en briques, tandis que dans d’autres caravansérails comme les caravansérails d’Emâmzâdeh Hâshem et Gambosh, les voûtes sont en pierre.  Les voûtes qu’elles soient en briques ou en pierre, étaient très lourdes, et pour que les fondations de l’édifice puissent supporter leur poids, les maçons devaient épaissir les murs. Or, dans les régions montagneuses, l’épaisseur des murs permet également de réduire les changements drastiques de température. Pour assurer la sécurité du caravansérail face aux assauts des bandits, les caravansérails des régions montagneuses formaient un carré complètement clos sans le moindre contact avec l’espace extérieur. Certains caravansérails, comme le caravansérail de Gambosh  était à moitié sous terre, de manière à réduire le contact de l’édifice avec son environnement surtout pendant la saison froide. L’entrée du caravansérail était petite et derrière la porte, une pièce spécialement disposée empêchait l’air froid d’entrer directement à l’intérieur.

Les caravansérails des plaines du plateau central

Les caravansérails sont beaucoup plus nombreux dans les plaines du plateau central de l’Iran. En effet, les caravansérails les plus grands, les plus beaux et les plus somptueux du pays se trouvent dans ces immenses plaines iraniennes. Dans ces caravansérails, on retrouve de nouveau le plan principal de ces édifices : une cour centrale entourée de deux ou de quatre portiques. Les pièces des voyageurs donnent toutes sur la cour centrale, tandis que les écuries sont aménagées derrière les chambres.

Les chambres qui entourent la cour centrale se trouvent sur une plate-forme, avec une terrasse large de près de deux mètres. Les chambres mesuraient souvent de 10 à 12 m². L’aération des chambres était assurée par la porte et parfois par de petites fenêtres. Selon Mohammad Karim Pirnia, les chambres disposaient rarement de portes et fermaient par des rideaux.  Les chambres les plus spacieuses et luxueuses se trouvaient derrière le portique principal ou aux quatre coins de la cour centrale. Certains caravansérails, comme le caravansérail de Sharaf sur la route reliant Sarakhs à Mashad, datant de l’époque des Seljoukides, étaient pratiquement dotés de deux cours séparées, l’une réservée aux personnalités importantes, et l’autre destinée aux simples voyageurs.

Les caravansérails offraient parfois des services différents aux voyageurs. Le caravansérail de Mahyar (à 52 Km au sud d’Ispahan, datant de l’époque des Safavides) était équipé d’un moulin, d’une salle de prière, d’une boulangerie, d’une maison de thé et d’un petit commerce. Le caravansérail de Meybod (située près de la ville de Meybod, sur une route reliant Yazd à Ispahan, datant de l’époque des Safavides) était également équipé d’un commerce et d’une citerne. Il y avait aussi un Tchâpârkhâneh (relais de poste) à côté de ce caravansérail. Le caravansérail d’Aliâbâd (sur la route reliant Rey à Qom, datant de l’époque des Qâdjârs) était doté d’un bain public.

Dans les plaines du plateau central de l’Iran, la sécurité des caravansérails était renforcée avec la fortification des murs extérieurs. De plus, des tours défensives étaient érigées aux quatre coins de l’édifice. La structure close du caravansérail le protégeait parfaitement des vents chauds, de son environnement désertique et des intempéries. Dans la cour centrale, les matériaux utilisés, dont la terre cuite, les briques et la pierre, fonctionnaient comme un réservoir de chaleur pendant la nuit.

Dans les caravansérails situés aux confins du " Kavir " (désert intérieur), comme le caravansérail d’Ardakân (dans la province de Yazd, datant de l’époque des Qâdjârs), le caravansérail de Zeyn al-Abedin (sur la route reliant Yazd à Kermân, datant de l’époque des Safavides) et le caravansérail de Jokâr (près de la ville de Tabas, dans la province de Yazd), existaient des tours en guise de soupirail (Bâdgîr) pour aérer l’intérieur du bâtiment pendant la saison chaude.

Il est à noter que les caravansérails n’étaient pas construits uniquement sur les routes, mais aussi à l’intérieur des villes pour loger les voyageurs et les marchands. Pour faciliter le commerce, les caravansérails urbains étaient souvent construits à proximité du bazar, ce qui donnait au caravansérail un aspect commercial. Dans les grandes villes, plusieurs caravansérails avaient été construits. Les caravansérails situés dans les villes, comme le Caravansérail de Mâdar-e Shâh (Mère du Roi) à Ispahan ou le grand caravansérail de Shâh Abbâs à Kâshân étaient différents de forme et de fonction des caravansérails situés à l’extérieur des villes et sur les routes.

Les caravansérails routiers étaient dotés de fortifications pour défendre les voyageurs et les marchandises face aux assauts des bandits de grands chemins, d’où la structure isolée et close de ces édifices. Mais à l’intérieur des villes, où le souci de sécurité était moins important, le caravansérail faisait partie du tissu urbain et s’intégrait entièrement à son entourage.

Par ailleurs, les caravansérails routiers s’étendaient souvent sur un vaste terrain, étant donné que la terre ne coûtait pas cher ou elle était parfois gratuitement offerte par l’Etat. Mais dans les villes, surtout dans les quartiers à proximité du bazar, la terre coûtait très cher, et les caravansérails étaient construits à plusieurs étages sur des terrains moins vastes. Par ailleurs, contrairement aux caravansérails routiers où une grande partie de l’édifice était consacré aux écuries pour loger les animaux, les caravansérails situés dans les villes étaient souvent dépourvus d’écuries ou ils disposaient d’un très petit espace pour garder les animaux.               

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