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samedi, 14 décembre 2013 03:53

Un moment de repos : le caravansérail (2)

Un moment de repos : le caravansérail (2)

Pour retrouver les premiers caravansérails - grandes auberges routières – il faut remonter les dédales de l’histoire à des époques très lointaines : les historiens grecs citent les caravansérails de l’époque des Achéménides construits sur les routes principales de l’Empire, à intervalles plus ou moins réguliers par rapport à la distance parcourue chaque jour par une caravane de voyageurs ou de marchands.

Le climat rude et l’aridité d’une grande partie du plateau iranien où les précipitations diluviennes sont relativement faibles, impliquaient comme conséquence l’existence des lieux de repos sur les routes où les voyageurs pouvaient s’approvisionner en eau et en nourriture. Etant donné la longue distance qui sépare souvent les agglomérations rurales et urbaines, la traversée du pays serait quasi-impossible sans ces auberges routières, et les différentes régions resteraient naturellement isolées les unes des autres. Il est vrai que les caravansérails se sont surtout développés en Iran à l’époque postislamique, mais il faut savoir que dès le règne de la dynastie achéménide, des historiens grecs comme Hérodote et Xénophon soulignaient l’existence d’un vaste réseau routier et des lieux de repos sûrs dans les différentes régions de l’Empire. Hérodote écrit : "Les routes de l’Empire sont mesurées par parsang. A tous les quatre parsangs, il y a des emplacements où sont aménagées de bonnes auberges.

Sous les Arsacides et les Sassanides, la sécurité des routes et l’existence des caravansérails étaient impératives pour le contrôle du vaste empire perse. Par ailleurs, l’Iran se trouvait sur les routes du commerce international qui reliaient l’Occident, le monde Méditerranéen et l’Extrême-Orient. Les itinéraires principaux de la Route de la soie traversaient les régions du nord de l’Empire. Outre l’importance stratégique des routes pour l’Empire perse, la sécurité routière et le confort des voyageurs et des marchands qui parcouraient ces longues routes assuraient une source de revenus très importante pour le trésor royal.

Les caravansérails achéménides et arsacides ont, hélas, tous disparu, mais les vestiges de rares caravansérails sassanides qui ont été découverts par les archéologues montrent que les grands caravansérails de la période islamique ont pris pour modèle le plan général de leur prototype préislamique. Le caravansérail de Darvazeh Gatche, sur la route qui relie Chiraz à Firouzâbâd, est l’un des plus anciens monuments de ce genre. Les fondations de pierre et de mortier et quelques murs de ce caravansérail ont été préservés jusqu’à ce jour. L’édifice est composé d’une cour centrale entourée de plusieurs galeries.

Dans son ouvrage intitulé Les Caravansérails d’Iran, Maxime Siroux  écrit : "Il existait deux types de caravansérails vers la fin de l’ère sassanide : D’abord les caravansérails qui, à l’instar du caravansérail de Darvâzeh Gatche, étaient composés d’une cour centrale entourée d’une large écurie pour loger les animaux. Viennent ensuite les caravansérails dotés de la même cour centrale, entourée cette fois-ci par une série de pièces rectangulaires destinées à loger les voyageurs. Dans le premier type, l’hébergement des voyageurs était exclu, tandis que le deuxième plan se développe pendant la période islamique." 

En effet, pendant la période islamique, les plans de ces deux types de caravansérails anciens ont été rationnellement superposés pour assurer l’extension du fonctionnement du caravansérail. Le nouveau plan comporte une cour centrale, entourée de pièces servant à loger les voyageurs, et derrière ces pièces se développent les galeries où se trouvent les écuries pour loger les animaux. Dans la plupart des caravansérails de l’époque islamique, la cour centrale est également entourée, comme dans les palais arsacides et sassanides, de deux ou de quatre terrasses. Au Pakistan, en Afghanistan, en Inde et en Asie centrale, de nombreux caravansérails ont été édifiés d’après ce nouveau plan iranien.

À suivre…

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