This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
dimanche, 04 août 2013 11:36

Spécial Auditeurs du 3 août 2013 (Première partie) : deux siècles de traductions françaises du noble Coran

IRIB- Chers amis, bonjour et bienvenus à une nouvelle édition du Spécial Auditeurs, programme qui vous est entièrement consacré.

Nous lirons, aujourd'hui, vos messages, puis, nous vous parlerons de divers sujets culturels, touchant, entre autres, la traduction en français du noble Coran et la poésie contemporaine persane.

- Comme à l'accoutumée, nous commençons notre programme par une revue de vos lettres et mails. Si vous êtres d'accord, cher collègue, lisons le premier message.

- Le premier mail d'aujourd'hui est de notre cher auditeur, FRANCOIS, qui s'exprime ainsi :

- «Merci infiniment pour tous ces cadeaux que vous m'avez envoyés si généreusement. Cet acte m'a touché, particulièrement, et je veux aussi vous remercier encore pour la confiance que vous m'accordez. C'est un grand honneur pour moi. Que Dieu Bénisse Votre Grand Peuple et Votre Grand Pays, l'Iran, qui fait la fierté de cette terre, par sa résistance, son humilité et sa noblesse».

- Cher ami, merci pour votre message amical et chaleureux qui nous est allé droit au cœur, et, bien sûr, à très bientôt, sur la VRII.

- Le deuxième message nous est parvenu de notre très fidèle auditrice belge, Hadassah BORREMAN, qui a commenté cette information : «Syrie: le chef de l'opposition promet un gouvernement, fin août», et ajoute :

- «Pourquoi former un gouvernement? Il y en a, déjà, un!, élu par le peuple. S'il y a des problèmes, il faut négocier avec le gouvernement Bachar, en place et sur place.

- Chère Hadassa, nous vous remercions, pour votre fidélité et votre bon sens. Amie, à la prochaine !

- Le mail suivant est de notre ami Hassan, de France, qui réagit à ce titre : «La mise en garde du lobby sioniste US au président élu iranien», et nous dit :

- «Ce n'est pas un problème pour l'Iran, si personne achète le pétrole iranien, ce sont les Chinois qui se chargeront de l'acheter. Les Chinois réduiront l'achat de pétrole saoudien, les Saoudiens protesteront, auprès de leurs maitres américano-sionistes, et les sanctions seront vouées a l'échec. Inch'ALLAH».

- Cher Hassan, nous vous savons gré pour ce message et vous disons au revoir et à bientôt !

- Claude ABAGUY nous envoie un message, pour réagir à cette information diffusée sur notre site : «Manifestation, à Ramallah, contre la reprise des «négociations» avec l'occupant», et de dire :

- «Il faut continuer à résister contre l'occupant spoliateur, colonialiste, et criminel. Il faudra juger, sévèrement, tous les collabos de l'Autorité palestinienne, qui facilite et aide l'ennemi, dans ses entreprises de destruction du patrimoine, et d'emprisonnement des résistants, sans jugement».

- Cher Claude, merci pour votre réaction et votre grande fidélité. Ami, à très bientôt !

- Chers amis, nous vous proposons, aujourd'hui,  un sujet intitulé «Deux siècles de traductions françaises du noble Coran».

- La première traduction française du Coran fut réalisée par André du Ryer et connut un tel succès qu'elle fut traduite en plusieurs langues. Six ans avant la Révolution Française, Claude Savary propose une nouvelle traduction, qui fut, maintes fois, rééditée, jusqu'au XXe siècle. S'insérant, dans le sillage des prises de position de Voltaire et de certaines grandes figures des Lumières, contre l'Islam, elle reste imprégnée de parti pris et vise souvent, en filigrane, à justifier la supériorité du Christianisme.

- La première traduction de référence fut réalisée, en 1840, par Kasimirski, un aristocrate, d'origine polonaise, maîtrisant, parfaitement, l'arabe et le persan. Elle a été utilisée par des générations d'étudiants et de chercheurs, et continue d'être rééditée, jusqu'à aujourd'hui. Cependant, on lui a reproché de trop chercher à réaliser des effets de style et de ne pas être assez fidèle au sens et à la structure du texte original. De lecture relativement facile, cette traduction n'en a pas moins contribué à une certaine vulgarisation du texte et à sa diffusion, au sein des cercles intellectuels européens. Les traductions réalisées par la suite, comme celles de Montet ou encore de Pesle et Tidjani, ne parviendront pas à supplanter la traduction de Kasimirski, qui restera la référence, pendant près d'un siècle. Durant cette période, de nombreuses traductions du Coran sont, également, réalisées, dans les pays européens ; cependant, les idées et apports des différents traducteurs sont trop peu souvent mis en commun.

- Plus d'un siècle après la traduction de Kasimirski, Blachère apporte sa pierre à l'édifice, en publiant, en 1951, puis, de nouveau, en 1957, une traduction puisant dans les ressources des différentes écoles de philologie européennes. Excellent arabisant, il fut, aussi, l'auteur d'un manuel de grammaire arabe, qui demeure une référence, au sein des universités françaises. Cependant, une attention excessive portée à la forme et à la structure des phrases a donné une traduction proche du texte original, certes, mais manquant de retranscrire la beauté de sa "forme". En outre, en voulant rester trop proche du texte même, il n'a pas, réellement, pris en compte les différentes exégèses réalisées par les Musulmans, au cours des siècles, et qui auraient pu éclairer le lecteur, quant à la façon dont les Musulmans lisent et comprennent leur livre sacré. Cependant, la traduction de Blachère comprend de nombreuses notes établissant des comparaisons particulièrement éclairantes entre le Coran et certains points de la Bible. D'autres traductions, comme celles du poète Jean Grosjean, en 1972, ou encore celle de René Khawam, en 1990, ont davantage insisté sur le respect de la forme du texte.

- Le problème de la majorité des traductions réalisées, jusqu'à aujourd'hui, est lié au fait qu'elles ne prennent pas réellement en compte ce que représente et signifie le Coran pour un Musulman. La traduction est abordée, avec l'œil extérieur du chercheur, qui traduit, souvent, en fonction des préjugés régnant au sein de sa société ou qui lui sont personnels, et n'a souvent pas assez lu d'exégèses coraniques lui permettant de mieux saisir la façon dont les Musulmans, eux-mêmes, comprennent le Coran.

- Cependant, en 1959, la traduction du professeur Hamidullah, Musulman indien, établi, en France, ouvre la voie à une série de traductions réalisées par des Musulmans, qui, tout en adoptant une démarche philologique rigoureuse, prennent en compte la tradition des écrits musulmans. Ainsi, en 1972, Hamza Boubakeur, qui, à l'époque, était recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris, publie une traduction accompagnée de nombreux commentaires glanés au sein d'importants ouvrages exégétiques du Coran. D'autres traductions "arabes" lui succédèrent, telles que celles de Sadok Mazigh, en 1980, ou encore celle de Salah Ed-din Keshrid, l'année suivante.

- Chaque traduction a toujours été accompagnée de son lot de critiques et de remarques, mais la plus controversée d'entre elles demeure, sans doute, la traduction d'André Chouraqui, publiée, en 1990. Hébraïsant, il a, d'abord, traduit le Coran, en hébreu, pour, ensuite, le traduire en français, donnant à de nombreux verbes et mot arabes de racine sémitique le sens qu'ils ont pris en hébreu. Il a, de plus, réalisé des traductions surprenantes de termes récurrents, dans le Coran : la formule "al-rahman al-rahim", se référant à Dieu, comme "Tout Miséricordieux" et "Très Miséricordieux", a, ainsi, été traduite par "matriciant" et "matriciel".

- Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, une prise de conscience de la présence et de la ténacité de certains préjugés a eu lieu, et de nouvelles traductions, comme celle de Jacques Berque, publiée, en 1990, essaient de concilier fidélité au texte, beauté du style, et prise en compte des apports de la tradition musulmane. En outre, le nombre grandissant de Musulmans participant au concert des traductions peut davantage aider le lecteur à se rapprocher du sens, non pas tel qu'il est perçu par le chercheur, mais tel qu'il est vécu par l'ensemble de la communauté des croyants, en tant que texte sacré et parole de Dieu. Si les traductions issues des communautés sunnites sont les plus nombreuses, il faut, néanmoins, saluer le travail entrepris, en milieu chiite, par Yahya 'Alawi et Javâd Hadidi, pour nous offrir l'amorce d'une nouvelle traduction du Coran. En attendant une traduction complète, le premier volume comprenant la traduction des deux premières sourates a été publié. Il offre, notamment, l'intérêt de présenter toute la démarche intellectuelle et les références qui ont orienté ce travail, et ce, dans l'optique de mieux nous aider à saisir les choix et partis pris irrémédiables et inhérents à toute traduction.

- A l'origine d'une littérature foisonnante et source d'une inspiration sans limite, dans tous les domaines des arts et de la pensée, la lecture du Coran est une véritable clé permettant une meilleure connaissance du monde arabo-musulman. En outre, la fin de l'orientalisme a permis d'en donner une vision moins occidentalisée, et, donc, plus conforme à l'esprit du texte, qui a été le fondement majeur des sociétés musulmanes, depuis sa Révélation. Avec cette inédite lecture coranique, moins imprégnée des représentations et concepts occidentaux, les nouvelles traductions offrent une nouvelle vision de l'Islam, plus "intériorisée". Cependant, loin de se contredire, l'ensemble de ces traductions apportent, chacune, à leur manière, leur pierre à l'édifice : en insistant davantage, sur son sens littéral, sa poésie, son contenu spirituel, ou encore sur sa portée sociale et morale, elles nous révèlent les multiples facettes du Coran.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir