This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
lundi, 15 juillet 2013 11:46

Seconde Partie : Spécial Auditeurs du 13 juillet 2013 : Shams et Toghrā, figures romanesques de l'Iran mongol

IRIB- Dans la seconde partie de notre émission, nous évoquerons quelques mails de nos amis internautes et auditeurs.

Nous vous proposerons, ensuite, un programme sur la littérature persane.

- Nous donnons, maintenant, la parole à nos amis auditeurs, qui ont réagi aux informations et articles publiés, sur notre site internet, mais aussi, nous répondrons à quelques mails envoyés par nos fidèles auditeurs.

- Le premier mail de cette seconde partie nous est parvenu d'un ami qui se désigne comme Istanbulda qui commente cette info : «Dispersion d'une manifestation, à Istanbul, 12 journalistes, blessés», et de dire :

- « Espérons que cette situation se règle au plus vite, car, bientôt, cela aura un vrai impact sur le tourisme, dans la ville, si même des étrangers se font arrêter».

- Cher ami, merci pour ce message et à la prochaine !

- Mohamed el-Baki  commente ce titre sur la Syrie : «Syrie : Al-Nosra rase la tête des femmes...!», et dit :

- «Quelle HONTE...Agir ainsi, c'est s'attaquer à la dignité et à l'honneur des femmes et des hommes. L'ISLAM VERITABLE n'appelle pas à ce genre d'humiliation... HARAM... Je suis tout à fait contre ces exactions : indignes et intolérables».

- Cher Mohammed, merci pour votre commentaire et à bientôt sur les ondes de la VRII.

- Le dernier message d'aujourd'hui est celui de notre fidèle ami Cass, qui commente ce titre : «Snowden : la Russie ne livre jamais personne» et qui nous dit :

- «Edward Snowden n'a fait que dire ce qu'un grand nombre sait déjà, pas de quoi fouetter un chat. Par contre l'hypocrisie de l'UE, made in USA sioniste, est vraiment à gerber. Ça, les Cohn-Bendit, les Fabius et cie, prennent, vraiment, tous les Français pour des ... »

- Cher Cass, merci pour le message et à la prochaine, sur l'antenne de la Radio francophone iranienne !

-Chers amis, dans cette partie, nous proposons un sujet intitulé «Shams et Toghrā,  Figures romanesques de l'Iran mongol», écrit par Christophe Balaÿ. Nous avons, bien sûr, résumé cet article.

Bottom of Form

- Après une période de gestation, au siècle de Nāsir al-din Shāh Qājār, pendant laquelle on avait, abondamment, traduit Alexandre Dumas, Victor Hugo, Fénelon, Voltaire, Ponson du Terrail et bien d'autres romanciers — surtout français — dans un éclectisme assez surprenant, mais explicable, historiquement et littérairement, le roman historique apparaît en langue persane, durant la première décennie de ce siècle.

- Le premier en date de ces romans historiques, celui qui nous intéresse ici, est la trilogie de Mohammad Bâqer Khosravī, Shams-o Toghrā, roman paru en 1909-1910.

- Khosravi choisit comme toile historique la période ilkhanide. L'histoire de Shams et Toghrā s'étend sur une petite partie de cette Histoire, très exactement de 1268, lorsque Shams, âgé de 18 ans, vient à Chiraz, pour accompagner son père à la cour de l'Atabeg, qui, à l'époque, était une femme : Abesh Khâtûn. Il y séjourne, jusqu'à la mort de Sa'di, le célèbre poète persan, en 1291. Le fils de Shams, Toghrul a, alors, 18 ans ; vingt-trois années, donc, de cette histoire des Mongols, en Perse, qui dura près d'un siècle. Au début du roman, Bagdad est conquise, depuis dix ans, et Alamut, depuis quinze ans. Hiilegu, le frère du grand khan Möngke, a étendu la domination mongole sur tout le plateau iranien et jusqu'en Syrie, mais il a été arrêté à ses confins par le Mamelouk Baybars Ier. Pour marquer leur indépendance, les souverains mongols de Perse prennent le nom d'Ilkhan.

- À la fin du roman de Khosravi, le Khan de Chine, Qubilai, est encore en vie. À l'origine, Chrétiens nestoriens, chamanistes, ou bouddhistes, les Mongols deviennent, progressivement, musulmans sunnites, avec plus tard, certains passages au chiisme. Sous les Ilkhans, la Perse retrouve son unité territoriale et politique, regagne un haut niveau de culture, dans les sciences et les arts. Pourtant la situation est complexe car, sous l'autorité du pouvoir mongol, continue à se développer, dans le Fars, la dynastie des Atabegs salghurides, qui gouverna la région, pendant un siècle et demi. D'origine turkmène, cette dynastie fut fondée par Sonqur. Ce dernier sut tirer parti des querelles entre rivaux seljoukides, pour consolider sa position, dans le Fars, puis, se rendre indépendant des Seljoukides auxquels il paiera tribut, comme aux Khwārazm-Shāhs, puis, aux Mongols. En 1268, quand commence le récit de Khosravi, Abesh Khātūn, la fille de Sa'd II, petit-fils de Sa'd Ier b. Zangī, à qui Sa'dī doit son nom de plume, est sur le trône, par la grâce des Mongols, depuis 1265 ; après un an de règne, elle est épousée par Mengü Temür, le quatrième fils d'Hülegü, qui règnera en son nom. En 1284, elle participe à un complot contre les Ilkhans, est emprisonnée, puis, meurt, en 1286-87, à l'âge de 26 ans ; elle est enterrée à Tabriz.

- Mais le roman de Shams-o Toghrā, dégage, encore, une autre couche d'histoire, en faisant descendre son héros, Shams, de l'ancienne dynastie iranienne des Daylamites, peuples du Nord-Ouest de l'Iran entre le Gilan et le Tabaristan. Leur expansion atteint son apogée, sous la dynastie bouyide, en particulier, dans le Fars, où ils deviennent des chefs militaires incontestés. Ils se maintiennent, jusque sous les Seljoukides. À l'époque où se déroule l'histoire de Shams et de Toghrâ, ils ont perdu leur pouvoir et leur fortune.

- Le génie du romancier, c'est incontestablement de savoir croiser, en les réinterprétant, ces courants historiques, et de reconstruire, dans l'intrigue romanesque, la complexité culturelle d'un pays et d'un peuple. Khosravi a l'intelligence de saisir l'efficacité qui résulte du croisement de deux lignes : la fin de l'indépendance politique de l'Iran, face à la domination mongole, et l'amour impossible d'un jeune prince iranien, pour une princesse mongole. Shams est le prince daylamite, issu de la dynastie déchue. Toghrâ est l'héritière du pouvoir des Ilkhans. Mais le romancier interpose entre les deux amoureux la figure d'Abesh Khātūn, la Turque, elle-même, dernier atabeg du Fars. Tombée amoureuse du prince iranien, elle joue, au plan politique, le rôle de la rivale qui deviendra la complice.

- Mais le romancier ne se satisfait pas encore de cette complexité déjà considérable et rajoute, au deuxième tome de la trilogie, la figure de Marie, la Vénitienne, qui apporte, dans cette fresque historique, sa touche européenne. Pourquoi une telle complexité d'écriture ? Pure prouesse technique du romancier ? Pas seulement. Et c'est là, probablement, que se joue le destin du roman, par cette particularisation de l'Histoire, dans des histoires, des événements historiques, dans des aventures individuelles ;

- En faisant du Shaykh Sa'dī le confident de la famille de Shams, Khosravi redouble les marques de l'histoire par l'intertextualité. La figure historique du grand poète accompagne le jeune héros, dans les moments les plus critiques de sa vie ; par ses poèmes, abondamment cités, le romancier inscrit son œuvre, dans un nœud inter-systémique complexe, à la mesure de l'histoire de la Perse, antique et moderne. Car c'est bien là l'enjeu littéraire du travail de configuration du temps, comme le définit Paul Ricœur.

- L'histoire de Shams et Toghrā suit, pas à pas, le cours de l'Histoire. Ce qui ne va pas sans quelque arbitraire. Quand on a épuisé le chapitre des amours de Shams, l'Iranien, avec Toghrâ, la Mongole, on sort, comme du chapeau, le personnage de Marie, la Vénitienne. Quand ce récit touche à sa fin, on rappelle la figure d'Abesh Khâtūn, qui réinjecte la matière historique, tout en corsant l'intrigue amoureuse. Puis, quand les acteurs du drame ont fait leur temps, celui de leur histoire, le temps de l'Histoire vient les engloutir, dans des tremblements de terre  ou des assassinats. Hautement symbolique est la conclusion du roman, dans la mort paisible du poète Sa'di, qui finit avec le siècle et avec qui est tournée une page d'histoire et de culture.

- Chers auditeurs, notre émission se termine ici. N'hésitez pas à nous faire part de vos suggestions et critiques sur tous les programmes diffusés de notre radio. Réagissez, aussi, aux informations et envoyez-nous vos commentaires. Je vous rappelle que vous pouvez nous proposer des sujets culturels touchant l'Iran et votre propre pays. Chers amis, au revoir et à bientôt sur la radio francophone iranienne !

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir