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mercredi, 10 juillet 2013 11:42

Spécial Auditeurs du 6 juillet 2013 (Première partie) : L’Art seldjoukide

IRIB- Chers amis, bonjour et bienvenus à une nouvelle édition du Spécial Auditeurs, programme qui vous est entièrement consacré.

Nous lirons, aujourd'hui, vos messages, puis nous ferons un voyage dans le temps, pour vous faire découvrir, entre autres, l'art de l'Iran, et, notamment, à l'époque seldjoukide

- Comme à l'accoutumée, nous commençons notre programme par une revue de vos lettres et mails. Si vous êtres d'accord, cher collègue, lisons le premier message.

- Le premier message  nous est parvenu de notre chère auditrice Aline  qui s'exprime, en ces termes : -«Bonjour. Je vois que les injustes sanctions américaines pénalisent, lourdement, l'IRIB. Il est, pour l'instant, impossible d'écouter les tables rondes et les commentaires des invités. Je vous exprime toute notre solidarité et notre indignation devant ces mesures indignes et j'espère que vous pourrez trouver, prochainement,  un canal, afin que nous puissions  continuer de bénéficier des analyses de vos prestigieux invités».

- Cher Aline, merci pour ce message de sympathie et à bientôt.

- Notre ami internaute Cass réagit à ce titre : «Nouvelle allégation US: le brut iranien n'a plus de valeur !! (secrétaire à l'Energie)», et de dire :

- «C'est pour ça qu'au contraire, les USA impérialistes sionistes ont renforcé leurs sanctions contre l'Iran. Ah ! Si le pétrole iranien était, à nouveau, entre leurs mains, il aurait, tout à coup, beaucoup de valeur, mais pas pour enrichir le peuple iranien, mais pour enrichir juste une petite poignée».

- Cher Cass, nous vous remercions infiniment pour votre réaction. Ami, à la prochaine, sur les ondes de  la radio francophone iranienne.

- Diakité Kassim  commente cette info : «L'arrêt de la diffusion des chaînes iraniennes, jugé contraire aux lois internationales», et de dire :

- «Je ne suis pas iranien, mais j'ai les larmes aux yeux ! Depuis hier, le 1er juillet, je n'arrivais plus à voir les images, sur Press tv ! La seule télévision que je regardais qui dénonçait les injustices faites à mon peuple (les Palestiniens) est coupée».

- Cher Diakité, merci pour ce commentaire et à la prochaine !

- Chers amis, nous allons vous présenter,  brièvement, l'art seldjoukide.

- L'art seldjoukide est lié à un contexte géographique très large, celui du monde musulman, allant de l'Anatolie, jusqu'en Egypte, en passant par l'Iran, où cette famille de Turcs installe son centre de pouvoir et prend l'attribut de Grands Seldjoukides. L'empire de ces derniers eut une importance majeure, du fait qu'il confirma la place dominante de l'Iran, dans le domaine artistique ; c'était presque la même position que possédait l'Italie, à la même époque, dans le contexte de l'art européen.

- Entre 1000 et 1220, l'Iran des Seldjoukides constitue un canon artistique, dans le monde musulman oriental : un immense mouvement culturel est mis en marche par d'éminents ministres, tels que Nezâm-ol-Molk, d'où une floraison de chefs-d'œuvre, dans les diverses branches de l'art et de la science.

- Cette période marque, aussi, des points de repère, dans toutes sortes de domaines, des objets en métal à la poterie, de l'enluminure à l'architecture. C'est, particulièrement, dans ce dernier domaine, qu'on est témoin de l'apogée de l'art iranien. L'époque seldjoukide, en Iran, correspond à la mise au point du plan de la mosquée à quatre iwans, dont le décor est obtenu par un savant agencement de briques. Ce second type de mosquée, à plan cruciforme, trouve son exemple le plus illustre dans la Grande mosquée d'Ispahan.

- On peut citer, également, les mosquées de Zawâreh et d'Ardestân, comme d'autres exemples éminents des mosquées seldjoukides. L'élément caractéristique de cette mosquée seldjoukide est son minaret, élevé, cylindrique, sur base polygonale et orné de bandeaux d'inscriptions et de dessins géométriques en briques. Plusieurs de ces mosquées existent, dans la région de Semnân, en particulier, à Dâmghân. - La salle en coupole, au-dessus du mihrâb, ainsi que la tour funéraire, sont d'autres constructions perfectionnées par les artistes de cette période. La tour funéraire, qui se trouve à Gonbad Kâvus, marque l'apogée de l'art seldjoukide, dans la construction des mausolées. Leur décoration en brique et les carreaux émaillés attirent tout regard. Ces tours ont été élevées, dans tout le Nord de l'Iran, en tant que mémoriaux, pour les personnalités de haut rang, telles que les amirs. A tout cela, ajoutons les madrasas, écoles de droit canonique, qui furent construites sur l'ensemble de territoires seldjoukides, formant une sorte de réseau. De cette époque, les caravansérails sont, également, connus, certains portaient des décorations luxueuses, compte tenu de leur fonction d'halte royale. Ainsi, trouvons-nous de splendides demeures, sur la route principale de Marv à Neyshâbour.

- En céramique, de nombreux objets admirables proviennent de cette période. Comme en architecture, l'art de la céramique rend compte d'une variété d'écoles régionales, qui ont leurs propres styles et techniques. En outre, l'abondance de ces objets témoigne que la poterie fine possédait une place particulière, dans l'art de l'époque. De la région de Kermân, proviennent, ainsi, des carreaux lustrés d'un rouge profond typique. Mais les céramiques les plus coûteuses étaient fabriquées à Kâshân. D'autres centres importants de l'art de la poterie furent Rey et Neyshâbour.

- La peinture émaillée en bleu et noir était, aussi, populaire, comme l'était l'art du livre : l'enluminure. Nombreux sont les Corans seldjoukides illustrés et de haute qualité qui ont été conservés. Ces Corans sont remarquables par leurs magnifiques frontispices, en pleine page ou sur double page, et par leur page de colophon, faite de panneaux où les inscriptions, en naskh ou coufique, jouent un rôle primordial. Ces inscriptions de bénédiction deviennent, en effet, une norme, dans presque tous les arts. D'autres livres sont illustrés de scènes narratives (prises, pour la plupart, du Shâhnâmeh de Ferdowsi), de tableaux de courtisans, d'animaux, de thèmes du zodiaque, des scènes de chasse, de banquets, de musique, etc.

- En ce qui concerne les objets en métal, nous avons, à l'époque, le perfectionnement de la technique du damasquinage à base de métaux différents, du cuivre, de l'argent, de l'or et une substance noire bitumineuse, qui donnaient ensemble un magnifique effet de polychromie. Grâce à cette technique, originellement, de la région du Khorasan, les objets en métal étaient décorés de scènes figuratives élaborées, ce qui permettait de remplacer le métal précieux par du métal vil. Raison pour laquelle ces objets damasquinés ont survécu en grandes quantités (parce que leur métal n'avait pas assez de valeur pour être fondu).

- Il reste à préciser le rôle du mécénat, dans l'expansion de l'art seldjoukide. Celui-ci sort de la cour, pour recevoir une dimension nouvelle, à savoir, populaire, ce qui peut s'expliquer par l'essor de la richesse urbaine et une économie active.  L'art seldjoukide révèle, en ce sens, les goûts du peuple, donnant, ainsi, une coupe transversale de la société de l'époque. La production riche et variée, surtout, dans l'art de la céramique et celui des objets en métal, fait preuve de l'existence d'un mécénat exercé à un niveau plus vaste que celui de la cour et des amirs ; il s'agit du mécénat des marchands, des membres de la classe savante et des professionnels. Ainsi, nous pouvons dire que la plupart des objets étaient, probablement, fabriqués pour le marché. Pour ce qui est de l'architecture, elle impliquait des sommes d'argent beaucoup plus importantes, le mécénat comprenant, ainsi, les gens de haut rang. D'où l'inscription, dans les mosquées et les mausolées, du nom des sultans seldjoukides, eux-mêmes.

- L'époque seldjoukide a été, à n'en pas douter, l'une des plus riches, en matière de production artistique, dans l'histoire de l'art musulman, mais aussi, iranien.

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