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vendredi, 08 mars 2013 15:00

Venez avec nous, en Iran (64)

IRIB- L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

Une autre attraction du Guilân mérite d'être mentionnée : la colline Mârlik qui elle est située sur la côte orientale de la rivière Sefidroud, dans la vallée Gohar Roud. Cette colline est vieille de 3000 ans. Des objets précieux découverts en 1961 par Ezzattollâh Negahbân, archéologue iranien qui s'y rendit à la tête d'une expédition, attestent cette vérité. Avant cette date, la colline avait été victime de pillages de la part de contrebandiers qui revendaient les précieuses pièces de la colline aux collectionneurs. Parmi les objets trouvés dans la colline, quelques uns continuent d'attirer l'attention, notamment des récipients en céramique, des boutons décoratifs, des massues, des flèches, des poignards, des épées, des statues en bronze, des casques et surtout des coupes en or, en argent, en bronze et en porcelaine. Les archéologues croient que ces objets appartenaient aux gouverneurs qui régnaient sur la région vers la fin du deuxième millénaire av. J.-C. 25 tombes ont également été découvertes sur les flans de cette colline, qui fournissent notamment de précieuses informations sur les rituels d'enterrement des morts à cette époque.

Marlik est un site archéologique d'Iran (Gilan, au nord du pays). De nombreux objets de l'antiquité y ont été trouvés : Une étonnante série d'art primitif représentant des animaux (taureau, léopard, dromadaire...) avec des lignes épurées, très stylées datant autour du XIIIe siècle av. J.-C.. Des gobelets en or gravé de monstres : hommes-taureaux...

Les fouilles faites à Mârlik, un site archéologique situé au nord de l'Iran près de Roudbâr, et les découvertes des trésors de ce site ont fait de Guilân l'une des provinces les plus riches de l'Iran en matière de fouilles. Le site de Mârlik est estimé dater du XIVe siècle av. J.-C. Le site a livré un véritable trésor constitué de plusieurs centaines d'objets avec, entre autres, une étonnante série de poteries en terre représentant des animaux très stylisés datant environ du XIIIe siècle av. J.-C. L'ensemble est d'une exceptionnelle qualité artistique et technique. Les poteries et autres objets en terre découverts à Mârlik sont esthétiquement remarquables. Parmi ces objets, on peut citer des rhytons en forme de zébu. Ces sculptures ont une caractéristique que l'on retrouve dans l'art contemporain, et que nous allons étudier plus en détail.

L'un des exemples de la culture Mârlik est un rhyton en forme de zébu, de la région de Sefidroud, du même type que ceux trouvés par Negahbân. Des zébus similaires ont également été trouvés ailleurs, à savoir à Garmâbak, région qui s'étend du nord de Téhéran à la mer Caspienne, en longeant la route de Tchâlous. Un raport consacré à un zébu mazandaranien a été publié (en persan) par H. Samadi du Service archéologique de l'Iran en 1956, plusieurs années avant les découvertes de Negahbân.

Des dizaines d'animaux similaires furent ensuite trouvés et figurent dans des collections internationales. La comparaison du zébu de poterie avec les zébus réels de l'Iran  montre clairement que la bosse est exagérée.

Il est clair que « l'artiste » a usé de symbolisme et de stylisation pour la création des rhytons en forme de zébu. Mais que désignent exactement ces deux termes ?

Bien que le terme de "stylisation", dont l'usage reste souvent vague, ait désigné à l'origine le caractère incisif et précis de la forme imprimée par le stylet, pour les historiens de l'art, le terme de "stylisation" a été opposé au terme "naturalisme". Les historiens de l'art emploient fréquemment le mot pour désigner assez indistinctement toute démarche réductrice ou simplificatrice de la forme, en fonction de critères variables : tantôt le traitement simplificateur est imposé par le formalisme conceptuel de l'idéogramme ou du schéma, tantôt il est le résultat d'une recherche esthétique de type linéaire qui consiste à minimiser la forme d'un objet.

Les deux aspects de la stylisation en sont les formes extrêmes. Entre elles se déploient toutes les variations de la représentation qui font de l'histoire de l'art une histoire réduisant progressivement les redondances au profit de la suggestion, de l'élision, en un mot d'une économie. L'essentiel est là : tout usage du terme de "stylisation" renvoie à une conception économique de l'esthétique, à une évaluation quantitative des stimuli employés.

Du point de vue de la pratique, le terme de "stylisation" signifie que styliser une forme, c'est la simplifier au maximum sans que cela dénature le sujet représenté ; c'est-à-dire qu'on garde tout ce qui le définit le mieux. Mais cette définition est incomplète : elle ne tient pas compte de la symbolisation, qui est la stylisation poussée à son maximum. On épure au maximum pour ne garder que l'idée générale qui transmet l'information.

L'observation des zébus réels indique clairement que, dans les poteries trouvées, la bosse est exagérée, probablement pour produire un effet d'énormité. Cette explication est acceptable si l'on prend en compte l'importance du zébu dans les économies antiques. Il est clair que « l'artiste » a tiré profit du symbolisme pour indiquer l'importance du zébu. Les bovins ou les zébus étaient principalement élevés pour le labour, le transport et la guerre. A Mârlik, des objets représentant des bovins attelés à la charrue ont été découverts, ce qui prouve l'existence de la charrue et du labourage à cette époque. En ce qui concerne le transport, une sculpture de charrette prouve l'utilisation du bovin pour cette activité. Mais aucune découverte n'est venue confirmer l'hypothèse de la guerre.

Tout ceci montre l'importance de cet animal. Il ne faut pas non plus oublier la sacralité du bovin dans cette civilisation. Un exemple très connu de cette sacralité est l'image célèbre du taureau ailé qui décore la Coupe d'Or de Mârlik (jâm-e talâi-ye mârlik) et qui représente visiblement un être vivant et sacré. De plus, selon la croyance antique, la poursuite de la vie dépendait de la force de travail des bovins, de l'arbre qui est symbole de la vie et de l'énergie du soleil qui est à sa source.

Dans le processus de création artistique, le symbolisme, la stylisation et l'abstraction vont dans le même sens. Quelles sont leurs similitudes ? Le terme "abstrait" a été opposé au terme naturaliste. Quelles sont la signification et les implications de ce terme ?

L'art abstrait a deux tendances distinctes et partiellement différentes :

1-La conversion des apparences naturelles en formes simplifiées.

2-La construction de l'œuvre avec des éléments éloignés de l'apparence naturelle. Il s'agit d'une création complète et non d'abstraction, bien que ces œuvres soient également qualifiées d'abstraites.

Quant à la première tendance, celle qui simplifie des formes, on peut la diviser en deux catégories. L'une consiste à retirer les aspects accidentels et non essentiels, et l'autre vise à sélectionner l'indicateur de l'apparence des choses et des scènes naturelles. C'est également de cette manière que les objets "sculptés" trouvés à Mârlik se rapprochent de la sculpture moderne et contemporaine abstraite. Les sculptures modernes de Constantin Brancusi en sont un exemple.

Constantin Brancusi, comme beaucoup d'artistes modernes, a été attiré par l'art primitif et influencé par l'art populaire de son pays natal, la Roumanie, ainsi que par l'art oriental. Il est l'un des premiers artistes à avoir expérimenté l'abstraction en sculpture et l'un des sculpteurs les plus influents du début du XXe siècle. Il est considéré comme ayant poussé l'abstraction sculpturale jusqu'à un stade jamais atteint dans la tradition moderniste.

Il fut influencé par le grand sculpteur de l'époque, Auguste Rodin, mais son style s'est transformé pour aller au-delà de la représentation naturaliste et adopter des formes stylisées. Ainsi, en 1907, exécute-t-il un Baiser en totale opposition avec l'art naturaliste de Rodin.

 

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