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mardi, 26 février 2013 17:02

Venez avec nous, en Iran (63)

IRIB- L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

Nous avons, déjà, parlé, globalement, dans une des précédentes émissions, de deux forteresses, au Guilan, qui ont, récemment, réussi à attirer un nombre considérable de touristes au Guilan. Elles sont situées, dans une forêt dense et rehaussée par un épais brouillard de montagne. L'une de ces forteresses est le Ghal'ehRoudkhân (ou le Ghal'ehHessâm), à une vingtaine de kilomètres, au Sud-Ouest de la ville de Fouman. Dans cette émission, nous voulons vous la décrire, de manière plus détaillée.

A 20 kilomètres, au Sud-Ouest de Foumanne, ville de la province du Guilan, située au Nord du pays, s'érige la plus grande forteresse militaire du territoire iranien.

Pour admirer de près cet ouvrage unique du patrimoine historique iranien, il faut parcourir l'infranchissable piste recouverte de végétation luxuriante et de coteaux s'élevant, progressivement. Après avoir parcouru un long trajet dans les bois de Foumanne, on peut, enfin, distinguer les 2.000 marches, couvrant une distance de 1.500 mètres, menant à la forteresse. La trace d'humanité, constatée, dans une forêt aussi silencieuse, semble communiquer avec la nature les secrets d'un passé remontant à des temps immémoriaux. Le grand nombre de visiteurs ayant franchi ce laborieux parcours, une fois, dans leur vie, a bien saisi l'intelligence des autorités guilanaises et la raison du choix d'un tel lieu, pour y établir leur résidence principale.

La forteresse de Ghal'ehRoudkhâne couvre une superficie de 2,6 hectares et est située, sur les hauteurs du village de Roudkhân. La muraille de la forteresse mesure 1.500 mètres de long et elle comprend 65 tourelles et murailles intérieures. La date de construction de la forteresse remonte à l'époque sassanide, mais elle a été restaurée, sous les Seldjoukides, et servit un temps de base militaire aux Ismaélites. Sur le portail de la forteresse, une inscription atteste qu'elle fut restaurée, à la demande du Sultan Hessâm-od-Din, entre 1497 et 1500. Elle fut redécouverte, en 1830, par un chercheur polonais, au cours de ses fouilles, dans le Guilan, mais ce n'est que, depuis peu, qu'elle a éveillé la curiosité des touristes. La forteresse est composée de deux parties principales, la citadelle et le harem, où vivaient le roi et ses femmes, et l'arsenal et la caserne, où étaient logés les soldats. Les bains, la prison, la citerne, une fontaine, des maisons et des tours octogonales munis de meurtrières, font partie des éléments constitutifs de la forteresse. Il faut ajouter que, durant son histoire, aucune armée n'a pu pénétrer, dans la forteresse, et ce, grâce à son système de défense complexe. L'accès à la forteresse n'est possible que par voie piétonne. Les voitures ne peuvent se rapprocher, à moins de 500 mètres de la forteresse. En grimpant la montagne vers celle-ci, de vieux arbres, une belle rivière, le long du chemin, et par beau temps, des rayons de soleil, finement, tracés, offrent une vue magnifique des alentours de la forteresse. La beauté du cadre se prête, difficilement, à une quelconque description : il faut s'y rendre soi-même, pour prendre la mesure de la beauté de cette forteresse endormie, au cœur de la forêt d'Hyrcanie.

Construit, au sommet d'une montagne de 600 mètres d'altitude, la citadelle de Roodkhân s'étend, sur une superficie de 50.000 mètres carrés. Elle compte 65 donjons et remparts, 65 tours de surveillance ainsi que 5 tours principales. La muraille d'enceinte s'étend sur une circonférence d'environ 1.500 mètres.

Bien que l'on connaisse cette citadelle, sous divers noms, tels que "Sâquesâr" ou la "citadelle de Hesâmi", Roodkhân est le nom le plus utilisé par les voyageurs. Ce nom tire son origine du mot "Roodkhâneh" signifiant voisiner une rivière.

Roodkhân est, en effet, le nom d'une rivière, située tout près de la forteresse, avec laquelle elle partage le même nom. Le Guilan a un climat tempéré, avec de fortes précipitations annuelles. De grandes parties de la province sont montagneuses et recouvertes de forêts verdoyantes. La forte augmentation de l'abondance des pollens des arbres de la région, accompagnée de l'accroissement de la biomasse végétale, témoigne du taux d'humidité élevé de cette région. Les paysages exceptionnels des provinces littorales de l'Iran sont, effectivement, des chefs-d'œuvre ayant vu le jour, grâce à des conditions atmosphériques très favorables. Cette richesse et cette splendeur sont, cependant, peu favorables aux constructions, quelles qu'elles soient : en effet, le taux d'humidité est si élevé qu'il dissolve et putréfie, rapidement, la majorité de n'importe quels matériaux, qui y sont exposés.

Le bâtiment de la citadelle de Roodkhân, vieille de dix-sept siècles, n'a, pourtant, pas fait exception et a, elle-même, dû faire face au défi du climat. Cependant, elle est globalement restée dans un état remarquable. Comme il vient d'être indiqué, on pense que l'histoire de cette citadelle remonte au troisième siècle, c'est-à-dire, au règne des Sassanides. La découverte de plusieurs lieux d'aisances, à l'intérieur du fort, s'orientant vers la ville sainte de la Mecque, confirme que ces lieux ont été construits, avant l'apparition de l'Islam. D'autres chercheurs, tels que Peter Welley, la datent de l'époque seldjoukide. Dans son ouvrage intitulé "Eagle's nest : Ismaili Castles of Iran and Syria", il explique, ainsi, que les Ismaéliens avaient construit de nombreuses forteresses, dans les chaînes de montagnes difficiles d'accès de l'Iran et de la Syrie, pour se protéger des persécutions des Seldjoukides, durant les premières années du Moyen-âge. Selon lui, ces fameuses constructions incarnent l'exemple, par excellence, du savoir de leurs fondateurs, dans le domaine de l'architecture militaire.

En effet, la réussite d'un énorme projet militaire ne pouvait être assurée, sans la prise en compte de certains éléments. Le choix de se fixer sur le point culminant surplombant l'ensemble de la ville constitue, clairement, un choix stratégique visant des objectifs spécifiques. Les prévisions concernant l'emploi des ressources naturelles et l'approvisionnement en nourriture sont d'autres particularités de cette forteresse. Elle servait, également, d'abri à des milliers d'habitants, qui se réfugiaient, à l'intérieur du fort, lorsque la ville était assiégée, par les forces rivales. L'élaboration de systèmes efficaces de stockage d'eau constitue une autre preuve de l'habileté des fondateurs de la forteresse de Roodkhân. L'eau nécessaire était, ainsi, fournie par les installations de stockage d'eau, à l'intérieur du fort, et la pente abrupte des parois externes. D'autre part, 52 barbacanes encerclent la forteresse, sur lesquels apparaissent un grand nombre d'orifices, qui servaient, autrefois, à tirer des flèches, ainsi qu'à verser de la chaux liquide, sur l'ennemi. On raconte qu'il y avait un bassin naturel, dans le fort, que le tremblement de terre de 1990 a asséché.

La forteresse est composée de deux sections principales : la place royale (shâhneshîn) et le foyer d'officiers ou la caserne.

La place royale, qui occupe l'embranchement oriental de l'espace interne, était un château servant, essentiellement, de résidence à la cour royale. En revanche, la section militaire était le siège des activités militaires et le lieu de résidence de ces derniers. D'autre part, les chambres hexagonales construites, en haut des tours, étaient conçues, pour la surveillance, le tir à l'arc, et la projection de la chaux, au travers d'orifices, et grâce à l'inclination des parois externes. Ce système de surveillance avait été si bien conçu que la sécurité et une paix relative régnaient dans les alentours. La citadelle ne fut jamais vraiment assujettie, ni conquise, par l'ennemi. Roodkhân a été, ainsi, pendant des siècles, une ville de garnison. La présence constante des militaires et les fortifications étendues ont, fortement, marqué la vie des citoyens Roodkhânéens.

Depuis son existence, plusieurs travaux de restauration ont été entrepris ; cependant, Alexandre Sodesco, voyageur d'origine polonaise, précise, dans son journal de voyage, que, selon les gravures, qu'il trouva, sur l'enseigne de la forteresse, ce fut Hessâm-oddin-Amir-Dabbâj-Alâed-din-Foumani, qui décréta, pour la première fois, des travaux de restauration, à partir de 918 de l'Hégire, qui durèrent, pendant trois années consécutives. Il faut, toutefois, noter qu'Alexandre Sodesco fut le premier à avoir révélé l'existence de cette forteresse, en 1830.

Elle est, actuellement, ouverte aux visiteurs, tout au long de l'année, et reçoit la visite d'un nombre croissant de touristes iraniens et étrangers.

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