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vendredi, 22 février 2013 17:01

Venez avec nous, en Iran (62)

IRIB- L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

Après le renversement de la dynastie achéménide, par Alexandre, une dynastie de rois macédoniens régna, en Perse, pendant 141 ans (312-171 av. J.-C.). Selon des documents historiques, durant cette domination étrangère, le territoire du Kâdous faisait partie, officiellement, de la province médique, mais les successeurs d'Alexandre ne dominaient pas vraiment cette région, qui était restée, largement, autonome, et ne payait pas de tribut aux Séleucides.

En réaction à la domination des Séleucides, les habitants de l'ancien empire réagirent en soutenant la formation de la dynastie des Arsacides (Parthes) qui dura cinq cents ans, de 250 av. J.-C. à 224 de notre ère. Pendant ces cinq siècles, la situation du territoire du Kâdous ne changea guère. Le territoire était gouverné par des souverains locaux puissants, et les habitants – soumis à un système tribal – vivaient essentiellement d'élevage. Sous l'empereur Farhâd Ier, les habitants du Kâdous se révoltèrent contre les Parthes, mais ces derniers réprimèrent les rebelles et le territoire de Kâdous finit par se soumettre aux vainqueurs. Nous ne savons pas grand-chose de la situation du royaume du Kâdous pendant cette période. En raison de l'importance qu'avait prise l'Arménie, pendant la guerre entre Rome et les troupes de Mithridate VI, certains documents – surtout les textes portant sur l'histoire de l'Arménie – font allusion à la situation politique et sociale du territoire voisin de l'Arménie, c'est-à-dire le territoire du Kâdous.

Sous la dynastie des Sassanides, le Guilân bénéficia d'une situation privilégiée pour des raisons politiques. Pendant toute cette période, le Guilân fut concédé à titre de fief aux grands princes sassanides. En effet, plusieurs empereurs sassanides furent gouverneurs du Guilân avant de diriger l'empire. Pour des raisons que nous ignorons encore, à l'époque de la dynastie sassanide, le nom des Kâdousiens disparaît en faveur des noms de deux autres groupes d'habitants du Guilân : les tribus Guil et Deylam. Les premiers vivaient dans les plaines, tandis que les seconds habitaient dans les régions montagneuses. Cependant, la proximité du territoire du Kâdous avec celui des tribus non perses au Caucase – en particulier les Albaniens -, avait conduit les empereurs sassanides à essayer de soumettre les souverains locaux en leur attribuant des postes et des titres officiels. Il paraît que sous l'empereur Shâhpour II, les habitants du Kâdous s'étaient soumis à l'empire et participèrent, aux côtés des troupes sassanides, aux guerres déclenchées par l'empereur au Caucase et dans les territoires des Albaniens. Les Kâdousiens ont également participé aux guerres de Shâhpour II contre les Romains, au cours desquelles l'empereur romain fut capturé par les Sassanides. Cela témoigne donc de la domination du gouvernement central des Sassanides sur le territoire du Kâdous.

Après l'effondrement de la dynastie sassanide lors de l'invasion arabe, les habitants des régions situées au nord des montagnes d'Alborz résistèrent longtemps aux Arabes musulmans, de sorte que ces derniers ne réussirent jamais à envahir ces régions par la force militaire.

De l'époque de la dynastie samanide jusqu'à la dynastie des Khârazmshâh (ou Khorezmiens) qui coïncida avec l'invasion éclaire des Mongols, nous n'avons pas accès à des documents et informations directes sur l'histoire du Tâlesh. Cependant, les documents historiques relatifs aux régions voisines nous permettent d'avoir une idée générale de la situation du Tâlesh pendant plusieurs siècles. Quand les villes iraniennes furent saccagées par les  mongols, le Tâlesh resta à l'abri, grâce à ses forêts denses et couvertes de brumes, et la difficulté d'accès à ces régions montagneuses. La région préserva son indépendance et fut gouvernée par les souverains locaux, jusqu'à ce que l'empereur mongol Oljeitu (Sultan Mohammad Khodâbandeh) dont la capitale était Soltânieh [située dans l'actuel département de Zanjân], réussisse à mettre le Tâlesh sous la domination de la dynastie mongole pendant un certain temps. Dans son livre intitulé L'Histoire des Mongols, le défunt Eghbâl Ashtiâni écrit :

« (...) En 705 de l'Hégire, l'un des fils du célèbre commandant mongol Arghûn se rendit à la cour du sultan Oljeitu pour lui annoncer la nouvelle de la mort du grand Khan Juqtaï. Là, il apprit avec un grand étonnement que les troupes mongoles n'avaient pas réussi à conquérir une petite région montagneuse, située pourtant à proximité du siège d'Oljeitu. Il incita donc le khân mongol à attaquer le Guilân. Les troupes mongoles déclenchèrent alors une attaque d'envergure pour conquérir le Guilân. » A cette époque, le Guilân était gouverné par des souverains locaux, et les régions de l'ouest du Guilân, dont le Tâlesh, étaient sous le contrôle de la famille Dobbaj. Cette famille avait décidé d'abord d'accepter la demande du khân mongol qui avait appelé les souverains locaux à se soumettre à l'empire ilkhanide. Mais les Dobbaj comprirent vite que les Mongols convoitaient les richesses du Guilân, notamment la soie qui y était produite. Les Dobbaj rejetèrent donc la demande du khân, et les troupes ilkhanides attaquèrent aussitôt le Guilân. Le gouverneur local du Tâlesh et ses hommes résistèrent aux Mongols, et la mort au combat du commandant des troupes du khân incita ces dernières à intensifier leurs attaques contre le Tâlesh. La victoire rapide des troupes ilkhanides leur permit de contrôler provisoirement le Guilân. Mais les Mongols comprirent vite qu'il leur serait impossible de dominer la région sans la collaboration des dirigeants locaux. Ces derniers finirent par accepter de signer un traité avec le khan, et envoyèrent une quantité importante de soie à la cour à titre de tribut. Grâce à ce geste, les souverains locaux purent garder en main le contrôle du Guilân.

Sous la dynastie safavide, surtout pendant le règne de l'empereur Shâh Abbâs Ier, le gouvernement central appliqua une politique d'unification pour mettre fin à l'autorité des souverains locaux. Les Safavides réprimèrent donc les troupes de Hamzeh Khân, gouverneur du Tâlesh, pour s'emparer de toute la province du Guilân. Dès lors, les Safavides désignèrent ou limogèrent, à leur gré, les gouverneurs du Guilân, en fonction de leurs intérêts politiques, économiques ou militaires.

Sous le roi Nâder Shâh, fondateur de la dynastie des Afshâr, le Tâlesh fut la scène de plusieurs révoltes réprimées violemment par le pouvoir central. Cependant, cette région resta toujours un foyer d'opposants aux politiques de ce roi et de ses successeurs.

A l'époque de la dynastie qâdjâre, notamment sous le roi Fath'Ali Shâh, l'incompétence politique du roi et des politiciens de l'époque, surtout en ce qui concerne la question controversée de la souveraineté de la Géorgie, entraîna l'Iran vers un conflit avec son puissant voisin du nord, la Russie : deux longues guerres furent déclenchées l'une après l'autre. La première guerre irano-russe dura dix ans et ne prit fin qu'avec la médiation de l'ambassadeur britannique à Téhéran pour la conclusion du traité avilissant de Golestân (1813). Aux termes de cet accord, la Russie annexa le Dâghestan, la Géorgie, et les villes de Gandja, Khanat, Sheki, Quba, Darband, Bakou, et la partie septentrionale du grand Tâlesh. Treize ans après la conclusion de cet accord, sous prétexte que les lignes frontalières n'étaient pas clairement démarquées à Tâlesh et au Karabakh, la Russie attaqua ces deux régions, en 1825. Après cette démarche unilatérale des Russes, la guerre fut de nouveau déclenchée entre les deux pays. La deuxième guerre irano-russe ne dura pas longtemps car les troupes iraniennes étaient trop épuisées et leur moral était au plus bas. L'ambassadeur britannique intervint de nouveau pour la conclusion d'un second et humiliant traité : le traité de Torkmantchâï (1828). Selon ce traité, outre les régions caucasiennes déjà annexées par les Russes aux termes de l'accord du Golestân, l'Iran cédait à la Russie ses fortifications au Nakhitchevan [République d'Azerbaïdjan], Erevan [Arménie], une partie du Moghân et la partie septentrionale du Tâlesh. Ainsi, le fleuve Araxe fut désigné comme frontière naturelle entre les deux Etats. Ces deux traités divisèrent le grand Tâlesh en deux parties nord et sud. Après l'effondrement de l'ex-Union soviétique, et l'indépendance des anciennes républiques soviétiques, le Tâlesh du nord (chef-lieu : Lankaran) fit officiellement partie du territoire de la République d'Azerbaïdjan.

Et pour conclure il vaut parler un peu de la langue, la musique et la culture en général du Tâlesh qui se distinguent de celles du Guilâki, autre région de la province. Si ces derniers ont une idée de l'existence du Tâlesh, ils ont tendance à l'identifier, au mieux, à une zone géographique, à la rigueur, à l'une de ces tribus aux racines anciennes des régions caspiennes. Il est vrai que, pour reprendre la définition de Marcel Bazin, « le terme Tâlesh est à la fois un toponyme désignant en général le versant oriental de la chaîne – partie occidentale de l'arc montagneux qui borde l'Iran au nord – et un terme ethnique désignant ses habitants ».

On y parle une langue régionale, le Tâleshi, branche indo-européenne. Actuellement, environ un million de locuteurs utilisent cette langue en Iran, et deux fois plus vivent en république d'Azerbaïdjan, en Biélorussie et en Russie.

Le tambour tâleshi est le plus petit instrument à cordes d'Iran, actuellement, en voie de disparition.

La culture du Tâlesh, longtemps ignorée car considérée comme mineure, est à l'origine d'un mouvement culturel qui s'attache à faire connaître les traditions, les coutumes et, à travers elles, la musique tâleshi. Cette dernière est le sujet, depuis quelques années, de recherches approfondies. De nombreux ouvrages sont actuellement publiés, aussi bien sur les musiques de chambre que sur les musiques populaires exécutées à l'occasion des fêtes et des mariages.

Il y a aussi un conte traditionnel qui relate l'histoire de Mahmoud Beh : Mahmoud est un célèbre général tâleshi. Il est célibataire, orphelin et n'a qu'une sœur. Il a pour habitude de partir à la chasse pendant quarante jours puis de rentrer chez lui pour se reposer les quarante jours suivants. Il possède un important troupeau de plus de cent moutons. Alors qu'il est à la chasse, des voleurs s'introduisent sur ses terres pour dérober ses moutons. La sœur est seule, sans protection. Sachant qu'elle ne pourra les repousser, elle se met à jouer de la flûte pour prévenir son frère du danger qui la menace. Mahmoud arrive à temps pour sauver sa sœur et ses biens.

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