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mercredi, 13 février 2013 13:29

Venez avec nous, en Iran (61)

IRIB- L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

La dernière fois nous vous avons parlé de l'histoire ancienne de Tâlesh que nous poursuivons aujourd'hui :

Nous avons dit que, vers la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C., il y avait plusieurs cités dotées d'un niveau important de technologie, pour la fabrication d'outils, dans l'ensemble de la région de Tâlesh.

Ces cités étaient probablement gérées par des systèmes politiques, administratifs et sociaux simples, mais capables de jouer, efficacement, un rôle régional important. D'après des écrits historiques et des découvertes archéologiques, le territoire de Kâdous connut, probablement, une période de tension et d'instabilité, pendant les premiers siècles du 1er millénaire av. J.-C. Les inscriptions datant de l'époque des rois du royaume d'Urartu, découvertes, à l'Ouest de Tâlesh, indiquent que vers les VIIIe et VIIe, siècles av. J.-C., les troupes d'Urartu menèrent de vastes attaques contres les régions de l'Ouest et du Nord-Ouest de l'Iran, sans épargner le territoire de Kâdous. Par ailleurs, vers le VIIIe siècle av. J.-C., une inscription fut gravée, dans la pierre, à 38 km, à l'Ouest de la ville d'Ahar [Azerbaïdjan de l'Est], sur ordre de Sarduri II, roi d'Urartu. Cette inscription fait allusion à une autre expédition, dans de vastes régions du Nord-Ouest de l'Iran. Outre ces deux inscriptions, une autre, appartenant à Argishti, a été identifiée, en mars 2003, à Ajabshir, dans la province de l'Azerbaïdjan de l'Est.

D'après ce texte, il est certain que, pendant les premiers siècles du 1er millénaire avant J.-C., le royaume d'Urartu et l'Empire assyrien, militairement, très puissants, conduisirent, avec succès, des expéditions militaires, contre le territoire de Mannai et de ses alliés, ainsi que le territoire de Kâdous et la principauté d'Andié, qui se situait, probablement, dans le bassin de la rivière Sefidroud.

Ce que nous ignorons, dans ces inscriptions, ce sont les noms des lieux envahis et leur situation géographique précise. Mais une chose est certaine : le territoire de Kâdous s'étendait, certainement, aux endroits où ces inscriptions furent placées. Nous pouvons en conclure que pour développer leur influence politique et leur domination militaire vers le Nord et le Nord-Est, les troupes du royaume d'Urartu devaient traverser le territoire de Kâdous ou s'arrêter à ses frontières. Le fait que les inscriptions susmentionnées insistent sur la conquête des Etats voisins, notamment, le royaume de Mannai et les territoires de ses alliés, est un argument solide, en faveur du fait que le royaume de Kâdous est bien entré en conflit frontalier avec le royaume d'Urartu. Cependant, nous ignorons à quel point ces derniers ont réussi à développer leur influence sur le territoire de Kâdous. Lors des fouilles archéologiques de ces dernières années, dans le Tâlesh, (ancien territoire de Kâdous), un bracelet portant une inscription d'Urartu a été découvert. Cette inscription témoigne que cet objet avait été offert par Argishti ou son fils Sarduri II. Le fait que ce bracelet ait été découvert, à l'intérieur d'un sépulcre spécial et hors du commun, renforce l'hypothèse, selon laquelle cet objet aurait été offert à l'une des personnes inhumées, dans ce sépulcre. Selon une autre hypothèse, cet objet aurait été introduit, dans la région, par les commerçants ou les guerriers.

Si le bracelet découvert, dans cette région, a été offert, par Argishti, ou son fils Sarduri II, à un gouverneur local, nous devrons admettre que, pendant les premiers siècles du 1er millénaire av. J.-C., le territoire de Kâdous fut un royaume si puissant, du point de vue politique et militaire, que les rois d'Urartu, voisins du royaume de Kâdous, situé au Nord et au Nord-Est de leur royaume, avaient ressenti la nécessité d'une alliance avec leur voisin, pour protéger les régions conquises. Dans ce cas, nous pouvons en conclure que, pendant la première moitié du 1er millénaire av. J.-C., ce territoire était doté d'un système administratif, politique, économique et social assez développé, dont nous ignorons, aujourd'hui, les détails.

Par ailleurs, les points de vue diffèrent, en ce qui concerne les descriptions de Kâdous faites par les historiens et les géographes de l'Antiquité, et leur conformité avec celle correspondant à l'actuel Tâlesh.

D'après Plutarque et d'autres historiens, qui ont mentionné le royaume de Kâdous, ce territoire s'étendait entre le royaume d'Urartu et celui des Amardes, qui vivaient à l'Est de la rivière Sefidroud, et sur les hauteurs de Roudbâr. Par conséquent, le domaine des Kâdousiens s'étendait, sur toutes les plaines et régions montagneuses, situées à l'Ouest de la rivière Sefidroud, jusqu'aux montagnes du Nord-Est de l'Azerbaïdjan et une partie du Caucase. Ainsi, le grand Tâlesh se situe, exactement, dans le même territoire, que celui habité au cours de l'Antiquité, par les Kâdousiens.

De nombreuses théories ont été avancées, par des experts, pour appuyer cette idée. Il semble que les études linguistiques menées dans ce domaine soient plus crédibles et plus fiables.

Le territoire de Kâdous avait un statut important aux yeux des grands Etats voisins, vers la fin de la première moitié du 1er millénaire av. J.-C.  A l'époque des Mèdes, surtout, sous le roi Cyaxares, à qui se soumettaient de nombreuses populations iraniennes, Kâdous faisait, officiellement, partie de la fédération médique. Mais, en réalité, le territoire de Kâdous fut une région plus ou moins autonome. Les Kâdousiens se révoltèrent, au moins, une fois, contre les Mèdes, et pillèrent une partie de leurs territoires. Diakonov écrit, dans L'Histoire des Mèdes :

« (...) Les Scythes (ou Sakas) étaient, probablement, les «Sakas aux bonnets pointus» que Hérodote mentionne, dans son ouvrage. Leur domaine était, depuis longtemps, une satrapie de l'empire des Mèdes. Mais il paraît que les habitants de cette région éloignée aspiraient à l'indépendance, d'autant plus que la région forestière de Gharadâgh, habitée par les Kâdousiens, avait rendu difficile la communication entre les Scythes et les régions centrales de l'empire des Mèdes. Les habitants de Kâdous étaient, à cette époque-là, des tribus primitives vivant dans les montagnes et s'occupant de chasse, d'élevage, et peut-être, d'une forme primitive d'agriculture. Ils étaient gouvernés, à la fois ou alternativement, par les deux dirigeants».

Au VIe siècle av. J.-C., les Achéménides appliquèrent leur politique d'unification, au sein de l'Empire perse. Les habitants de Kâdous s'allièrent avec les Achéménides pour renverser l'empire des Mèdes. A partir de cette date, les Kâdousiens disposèrent d'une place privilégiée, dans les armées achéménides – surtout, sous Cyrus le grand – mais cela ne dura pas longtemps, car les habitants de Kâdous se révoltèrent, de nouveau, pour obtenir leur indépendance. Leur domaine fut gouverné, de nouveau, par des suzerains locaux. A partir de cette période, le nom du territoire de Kâdous ne fut plus mentionné, dans les inscriptions officielles des Achéménides.

Il s'agit là d'un argument solide, qui prouverait que le territoire de Kâdous était autonome et que ses affaires intérieures étaient administrées par des souverains locaux. L'historien grec, Plutarque, décrit, dans son ouvrage, les conflits, survenus, sous les Achéménides, entre le gouvernement central et les tribus autonomes, aux confins de l'Empire perse. Quant à l'expédition d'Artaxerxés II, dans le territoire de Kâdous, Plutarque écrit à son sujet :

«Pour en finir avec les habitants de Kâdous, Artaxerxés attaqua leur royaume, à la tête de trois cent mille fantassins et dix mille cavaliers. Mais sa tentative échoua, car la pénurie de vivres et la résistance des Kâdousiens empêchèrent sa grande armée d'avancer, dans cette région. Le risque d'une défaite militaire conduisit les conseillers de l'empereur à lui demander de cesser l'expédition et de quitter la région».

Malgré l'insuccès d'Artaxerxés II, les Achéménides ne cessèrent pas leurs attaques, contre le territoire de Kâdous. Trogue Pompée relate que, sous le règne d'Artaxerxés III, (358-338 av. J.-C.), les troupes perses attaquèrent, de nouveau, le territoire de Kâdous, sans réussir, pourtant, à le soumettre au gouvernement central.

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