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vendredi, 25 janvier 2013 13:29

Venez avec nous, en Iran (60)

IRIB- L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

De sa nature diversifiée à sa culture variée, en passant par ses sites et monuments historiques, datant de millénaires, sans oublier ses arts sophistiqués, l'Iran surprend tout un chacun, qui lit, entend parler ou visite ce territoire. Pour décrire toutes ces beautés, nous avons conçu cette série d'émissions sur l'Iran. "Venez avec nous en Iran!", puisque tel est son titre, vous fera découvrir la terre de Perse, riche d'une histoire et civilisation plurimillénaires.

Lahijan est une ville de la province du Guilan, au Nord-Ouest de l'Iran, située, sur le littoral de la mer Caspienne et au Sud de Langerud. Elle est historiquement la première ville, en Iran, à avoir eu des plantations de thé, dotée, aujourd'hui, de la première surface cultivée en thé d'Iran. Le Prince Mohammad Mirza, connu sous le nom de "Kashef-ol-Saltaneh", qui était né, à Lahijan, a été le premier maire de Téhéran. Alors qu'il était ambassadeur d'Iran, en Inde, sous administration britannique, il savait que les Anglais n'admettraient pas qu'il apprenne les secrets de la production de thé, puisque c'était une de leurs plus grosses productions d'exportation, à cette époque. Parlant le français, couramment, le prince prétendit être un ouvrier français et commença à travailler, dans les plantations de thé et les usines, afin d'apprendre comment produire du thé, et amena, ensuite, secrètement des plants de thé, en Iran. Sa tombe, à Lahijan, est, aujourd'hui, le "Musée du thé d'Iran".

Nous allons vous parler plus en détail du thé et de l'histoire de son entrée, en Iran.

Dans la plupart des cultures du monde, le thé est considéré comme une boisson ayant des vertus médicinales et curatives nombreuses, notamment, concernant certains cancers. Il existe de nombreuses légendes concernant l'apparition de l'utilisation du thé, comme boisson. Environ, 2700 ans av. J.-C., le thé était cultivé, en Chine, à grande échelle, et consommé, sous forme d'infusion, pour lutter contre la fatigue. Elle serait, ensuite, venue de la Chine, en Europe.

Le thé et le safran comptent parmi les meilleurs produits agricoles iraniens, dont la saveur et le parfum ont toujours été très appréciés, par ses habitants. Ils sont, aujourd'hui, cultivés, dans les régions du Guilan, pour le thé, et du Khorasan, pour le safran.

Dans cette émission, nous vous parlerons du thé, qui est donc cultivé dans le Guilan.

Pendant des siècles, les Iraniens ont bu du café et ne connaissaient pas le thé. C'est pourquoi, jusqu'à aujourd'hui, les salons de thé ont conservé le nom de Qahveh Khâneh, c'est- à-dire "maison du café". Avec la domination des Ottomans, sur les territoires de l'Ouest, et les tensions qu'elle occasionna, au niveau des approvisionnements, il y a eu une pénurie de café, en Iran. A cette même époque, l'Iran et l'Inde entretenaient de bonnes relations commerciales et les marchands des deux pays commencèrent à effectuer des échanges croissants. Ainsi, pour la première fois, le pays procéda à de vastes importations de produits indiens, auparavant, méconnus des Iraniens, y compris, le thé. Le "tchây" ("thé", en persan actuel) n'est, ainsi, pas un mot persan, mais viendrait de Chine, où le théier à deux noms : "Té", qui, selon le dialecte du peuple de la région d'Amoy, se prononce "Tây" ou "Tchâ". Peu après son introduction, le thé remplaça, peu à peu, le café, en Iran.

Au début du XIXe siècle, un marchand iranien, du nom de Mohammad Guilânî, amena la première boite de thé, dans le bazar de Tabrîz. Peu à peu, au vu de l'augmentation de la consommation de ce produit, dans le pays, un nombre croissant de marchands essayèrent d'en importer, en Iran. Le thé chinois entrait, en Iran, par le Turkestan, et le thé indien arrivait, par le Baloutchistan et les ports du Sud.

Sous le règne de Nâssereddîn Shâh, il y a eu une forte croissance du volume des importations de thé, notamment, due à l'ouverture des marchés iraniens aux produits étrangers.

Un célèbre marchand de l'époque, Hâdj Mohammad Hossein Ispahânî, qui acheta et distribua le thé, pendant des années, en Iran, partit, en Inde, afin d'apprendre la culture du théier, et revint, dans son pays, avec des graines de thé, en 1884, après avoir effectué trois ans d'études et de recherches, sur cette plante. Il y consacra, d'ailleurs, toute sa fortune, et réussit, malgré beaucoup de difficultés, à cultiver une petite surface de thé, à proximité de Lâhîjân. Malheureusement, l'absence de soutien du roi, ainsi que le refus des grands producteurs de riz de la région de voir se développer la culture de ce produit, fit échouer le projet de Mohammad Hossein Ispahânî.

Mohammad Mîrzâ Kâshef Alsaltâneh, qui partit, en Inde, en 1897, pour y assumer la fonction de consul d'Iran, fut également chargé, par le roi Nâssereddîn Shâh, d'apprendre la culture du thé, ce dernier lui ayant confié : "Cela fait des années que je suis partisan du développement de la culture du thé, en Iran. J'ai déjà demandé plusieurs fois des graines de thé à la Chine et à l'Inde, mais les cultures ne sont jamais arrivées à maturité. Pourtant, je ne me suis pas résigné. A l'occasion de votre mission, en Inde, je vous demande d'apprendre à maîtriser la culture du thé, d'en étudier, attentivement, les différentes étapes,

Mohammad Mîrzâ Qavânlou, plus célèbre, sous le nom de Kâshef Alsaltâneh Tchâykâr, est né, en 1865, à Torbat Heydârieh. Son père s'appelait Assad Allâh Nâ'ebololîâ et sa mère, Jahân Arâ Azîzolsaltâneh, était une princesse qâdjâr. Dès son enfance, Mohammad Mîrzâ apprit la littérature arabe et persane, avec des professeurs privés, qui venaient à son domicile. Il entra, par la suite, à l'école Darolfonoun, où il étudia la langue française et les sciences. A 16 ans, il fut employé, par le ministère des Affaires étrangères, et devint secrétaire du ministre Mîrzâ Nâsser Allâh Moshîroddoleh.

Après avoir passé deux ans à travailler, aux côtés du ministre, il partit, à Paris, en 1919, afin d'étudier le droit à la Sorbonne. Après avoir obtenu sa maîtrise, il étudia, également, le droit administratif, pendant un an, et fut, en même temps, nommé premier conseiller de l'ambassadeur de l'époque. Lors de son retour, en Iran, selon l'ordre du roi Nâssereddîn Shâh, il commença à traduire et à rédiger la Constitution et les lois administratives, en collaboration avec Nâsser Malek.

A cette même époque, il rejoignit les opposants du roi, qui demandaient la mise en place d'un Etat parlementaire, en Iran, qui se solda, par son arrestation, sur injonction du roi. Cependant, Mohammad Mîrzâ parvint à s'échapper et partit à Torbat Heydârieh, puis, sur ses terres, à Neyshâbour. Les policiers cernèrent la ville, pour l'arrêter. Il s'enfuit, donc, via le Turkménistan, puis, se rendit, en Turquie. Il fit le commerce du tapis et d'antiquités, à Istanbul, jusqu'à ce que le roi, qui le poursuivait sans relâche, demande son arrestation au gouvernement turc. Il fut, donc, contraint de se réfugier à Paris, où il demeura, jusqu'à l'assassinat du Shâh.

Mohammad Mîrzâ s'est marié, à trente ans, avec Gohar Guérânmâyeh. En 1934, sur ordre du ministre des Affaires étrangères, il devint consul général d'Iran, en Inde. Il vécut, à Bombay, puis, dans le district politique de la région de Simla, situé à proximité de l'Himalaya, où il commença à s'intéresser à la culture du thé. Par la suite, il voyagea au sein de régions réputées pour la culture du thé. En observant la culture et l'industrie du thé, en Inde, Mohammad Mîrzâ réussit à acquérir des connaissances solides, dans ce domaine, et obtint un certificat en vigueur dans l'Inde de l'époque, l'autorisant à en faire la culture.

A cette période, l'industrie du thé était une véritable chasse gardée et la diffusion des techniques de culture du théier était interdite, dans la majorité des pays orientaux. Il acheta, donc, une exploitation, dans la région même, et commença à y cultiver le thé. Après avoir maîtrisé la culture et l'industrie de cette plante, il retourna, en Iran. Malgré les difficultés évoquées, Mohammad Mîrzâ parvint à emmener avec lui des graines de thé, près de 4.000 plants de cette plante, du café, de la cannelle, du poivre, des clous du girofle, du camphre, de la racine de curcuma, de la cardamome, de la mangue et du gingembre.

Kâshef Alsaltâneh parvint, donc, à importer de nombreux plants de thé, en Iran. En regard avec ses expériences indiennes, il choisit la région du Guilan, ayant, selon lui, le climat le plus adapté, pour y cultiver son thé. Il fut, de nouveau, confronté à l'opposition des grands propriétaires de Lâhîjân ; cependant, après l'intervention de Mohammad Valî Khân Ténékabonî, le gouverneur du Guilan, il put mettre en place, librement, ses activités. Ses premières tentatives marquèrent, donc, le début de la culture du thé, en Iran. Il déploya, également, de nombreux efforts, pour apprendre cette culture au peuple de la région, néanmoins, les protestations de la population locale ne lui facilitèrent guère la tâche. A force de patience, il réussit, cependant, à diffuser l'ensemble des méthodes liées à la culture, à la cueillette, et au séchage du thé, et put, finalement, développer la production de thé, dans la région du Guîlan, et, surtout, à Lâhîjân.

Sous le règne de Rezâ Khân, Kâshef Alsaltâneh, qui possédait la licence de production de thé d'Iran, depuis le règne de Mozafareddîn Shâh, fut élu responsable de l'ensemble de la production de thé. Il étudia, également, de près, le développement de l'industrie du thé, en Chine et au Japon, afin de découvrir les raisons de leur succès. Il fit, aussi, venir des spécialistes chinois, importa de nouvelles graines de Chine et acheta des machines agricoles, afin d'étendre cette industrie, en Iran. En raison des efforts de Mohammad Mîrzâ Qavânlou, dans ce domaine, il lui fut décerné le titre de "père du thé iranien". Il décéda, sur la route de retour de l'un de ses voyages, en Inde, près de Bouchehr, dans un accident de voiture. Il fut enterré à Lâhîjân, où l'on érigea un monument, en sa mémoire.

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