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mercredi, 09 janvier 2013 17:10

Venez avec nous, en Iran (59)

L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

De sa nature diversifiée à sa culture variée, en passant par ses sites et monuments historiques, datant de millénaires, sans oublier ses arts sophistiqués, l'Iran surprend tout un chacun, qui lit, entend parler ou visite ce territoire. Pour décrire toutes ces beautés, nous avons conçu cette série d'émissions sur l'Iran. "Venez avec nous en Iran!", puisque tel est son titre, vous fera découvrir la terre de Perse, riche d'une histoire et civilisation plurimillénaires.

La région de Ghâssem-Abâd, zone rurale de la province du Guilân, se situe à proximité de la frontière avec le Mâzandarân. Elle se divise en deux zones principales appelées "Haut Ghâssem-Abâd" et "Bas Ghâssem-Abâd" (situé, à 90 km de Rasht), et qui rassemble une dizaine de petits villages et près de quatre mille foyers.

Cette région a un patrimoine historique riche, étant donné que des tombeaux anciens remontant jusqu'à l'époque ayant précédé la venue des tribus aryennes, dans cette région, y ont été découverts. La plupart ont, cependant, malheureusement, été pillés, par les trafiquants d'objets antiques. Sur la base de ces découvertes, l'histoire de Ghâssem-Abâd remonterait, jusqu'au XIe siècle av. J.-C. Aucune étude approfondie n'a, cependant, encore été réalisée, à ce sujet. Par la suite, les premières peuplades à s'y être installées semblent avoir été les Guiles (d'où vient le mot Guilan), qui, grâce à la situation géographique de cette région, ont vécu dans une quasi-indépendance du pouvoir central, même sous le règne des Achéménides. On trouve, néanmoins, des contingents guiles, dans l'armée perse de cette époque. Après l'invasion arabe, cette région fut l'une des dernières conquises, et durant le califat omeyyade et abbasside, il devint l'un des sièges des rebelles chiites. Le nom de Ghâssem-Abâd, issu de "Ghâssem", prénom masculin arabe et chiite, date, peut-être, de cette époque. Ghâssem-Abâd compte, aussi, deux mausolées d'Imâmzâdeh (fils d'Imâm).

Durant le règne des Safavides et des Qâdjârs, les habitants de Ghâssem-Abâd accentuèrent leur défiance, par rapport au pouvoir central, notamment, en refusant d'envoyer des soldats, pour l'armée royale et de payer des impôts. Le roi safavide Abbâs Ier y envoya des troupes, afin d'imposer son pouvoir, mais son armée ne put aller au-delà du château Bandbon (dont on peut encore visiter les ruines à Ghâssem-Abâd). Après cette défaite, le roi Abbâs s'efforça de modifier la structure démographique de la région, en y favorisant l'immigration de Géorgiens et de Kurdes. Ainsi, encore aujourd'hui, Ghâssem-Abâd compte un "kord mahalleh", c'est-à-dire, un quartier kurde. Ce projet ne permit cependant pas au roi Abbâs d'atteindre ses objectifs, et ces nouveaux migrants s'intégrèrent, peu à peu, dans la région, et adoptèrent sa culture. Cette opposition contre la cour royale continua, sous les rois Qâdjâr. Ghâssem-Abâd prit position, en faveur des Constitutionnalistes, durant la Révolution constitutionnelle de 1906. Après la Révolution islamique et pendant la guerre contre l'Irak, Ghâssem-Abâd a donné le plus grand nombre de martyrs comparé aux autres régions du Guilan. Encore, aujourd'hui, afin d'exprimer leur vaillance, face à leurs adversaires, les hommes de ses villages se qualifient ainsi : "Shâh nazari rague" c'est-à-dire "l'homme vis-à-vis de qui, même, le roi, éprouve de la peur".

Concernant les caractéristiques culturelles de cette région, Ghâssem-Abâd se caractérise, tout d'abord, par sa musique et ses danses folkloriques, reconnues et applaudies, dans plusieurs festivals culturels du monde entier. Cette musique se joue avec des instruments locaux, comme le nâghâreh, le sournâ et un type de tambour. Les chansons sont, normalement, composées de phrases courtes, simples et rimées. Le thème principal abordé est l'amour champêtre et l'aimée s'appelle Ranâ, qui s'enracine, dans une histoire d'amour traditionnelle du folklore guilaki. La danse ghâssem-âbâdi se pratique, aujourd'hui, fréquemment, dans les fêtes de mariage, dans presque toutes les villes et les villages de l'Est du Guilan et de l'Ouest du Mâzandarân. C'est une danse individuelle et féminine, qui exprime la vie quotidienne de la femme guilaki : elle décrit, ainsi, toutes les étapes de la culture du riz ou shâli kâri, notamment, le repiquage et la récolte. Les hommes ont, également, leur danse, appelée pâ bâzi (jeu de pieds). Elle est le plus souvent dansée, durant les festivals de lutte traditionnelle de Ghâssem-Abâd, qui se tiennent en été.

Les femmes de cette région portent un habit traditionnel, en trois pièces : tour-e dastmâl (dentelle blanche, qui fait office de foulard), un chemisier de couleurs vives, et, enfin, le derâz tonban (une longue jupe, avec beaucoup de plissés, et une dizaine de rubans parallèles de différentes couleurs).

La région ne produit pas de tapisseries, mais seulement des feutres ; en revanche, elle est réputée, pour le tissage des tchâdor shab. Autrefois, tissé avec de la soie, ce tissu est, aujourd'hui, fait de fils de coton. Ces tchâdors sont souvent rouges et verts, et, parfois, ornés de motifs, tels que des femmes couronnées, des rennes, des cavaliers, etc...

On y mange les plats typiques du Guilan, tels que le bâghâli ghâtogh, torshi tareh, pelâ sar tareh et surtout le mirzâ ghâssemi, mélange d'aubergine grillée, d'ail, de tomate frite, d'œuf et d'huile. Bien qu'aucune preuve ne permette de confirmer cette supposition, la ressemblance linguistique entre ce plat et Ghâssem-Abâd a conduit certains à affirmer qu'il serait né, dans cette région.

Les habitants de cette région parlent le dialecte guilaki, riche en mots d'ancien persan. La poésie orale locale est riche, mais est restée, relativement, inconnue, en Iran.

L'économie de Ghâssem-Abâd est basée sur l'agriculture ; essentiellement, la culture du riz, du thé, et des oranges. Plus récemment, les habitants se sont mis à cultiver, également, le kiwi, et pratiquent l'élevage de vaches et de vers à soie. Ils produisent, également, du miel.

Nous avons, aussi, choisi, parmi tant de merveilles du Guilan, le village de Massoulé pour vous le décrire, dans cette édition. Massoulé est l'un des beaux villages d'Iran. Il se distigue par sa situation géographique et son style architectural. Massoulé est situé, à 57 km de Rasht, la capitale de la province du Guilan. Il est le village le plus animé d'Iran. Ce village est caractérisé par la construction de ses maisons, érigées les unes au-dessus des autres, le toit d'une maison formant  la cour d'une autre.

Dans aucun site du pays, vous ne verrez autant de vases remplis de fleurs, vases variés et impressionnants, placés devant les belles fenêtres ajourées fabriquées par les artisans du village! Les maisons de couleur crème semblent suspendues aux rochers. Elles ont été construites de manière à bénéficier d'un ensoleillement maximal et s'étendent d'Est en Ouest. Pour échapper à l'humidité, les habitations anciennes sont à la base, en pierre, le reste étant en adobe (brique de terre crue). Du bas du village, vous avez un panorama extraordinaire sur ce dernier et sur la vallée verdoyante. En hiver, il fait très froid et il neige souvent, en revanche, le climat, en été, est des plus agréables. Massoulé possède 4 quartiers et 536 habitations.

Nous allons, à présent, laisser la parole à un touriste, qui, sur son blog, décrit, en ces termes, le village de Massoulé. Voyons ce qu'il nous en dit :

Massoulé, village, à flanc de montagne

Tôt, ce matin, pendant le bienheureux sommeil de mes petits camarades, je suis allé visiter Lahijan. J'ai vu des champs de thé : cela ressemble à de petits buissons verts avec une feuille pas très éloignée de celle du laurier, mais plus souple. Vers 11h30, nous partons pour Massoulé, un village, dans la montagne, à une soixantaine de kilomètres de Rasht. Les maisons sont accrochées sur le flanc de la montagne et les toits servent de terrasse à l'étage supérieur. Le village nous a paru bien ordinaire, de prime abord, puis nous nous sommes laissé prendre au charme des raides escaliers de pierre et des maisons en torchis aux croisées de bois. Nous nous sommes arrêtés sur le toit d'une maison ; un homme est sorti de l'habitation d'en face et il nous a offert des fruits et du thé. Gentillesse et simplicité du cœur ouvert aux étrangers.

C'est sur ces mots, que nous achèverons notre randonnée au Guilan, en nous promettant d'y revenir, bien vite, lors d'une prochaine émission, afin d'y découvrir d'autres merveilles et de vous en faire profiter.

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