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mardi, 11 décembre 2012 14:19

Venez avec nous, en Iran (56)

IRIB- L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

De sa nature diversifiée à sa culture variée, en passant par ses sites et monuments historiques, datant de millénaires, sans oublier ses arts sophistiqués, l'Iran surprend tout un chacun, qui lit, entend parler ou visite ce territoire. Pour décrire toutes ces beautés, nous avons conçu cette série d'émissions sur l'Iran. "Venez avec nous en Iran!", puisque tel est son titre, vous fera découvrir la terre de Perse, riche d'une histoire et civilisation plurimillénaires.

Après avoir parlé, dans les émissions précédentes, de l'architecture et de l'histoire de la belle province verdoyante du Guilân, nous vous présenterons, globalement, cette semaine, quelques attraits touristiques de cette province pour en parler plus en détails, dans les prochaines émissions. Restez avec nous jusqu'à la fin de cette émission, pour mieux connaître la merveilleuse nature de l'Iran.

La région du Guilân est l'une des rares régions d'Iran qui jouit, en même temps, d'importantes richesses naturelles, de par sa situation géographique, et de richesses culturelles et historiques, grâce à ses habitants et à son histoire tumultueuse. Cette alchimie naturelle et culturelle historique fait du Guilân une destination privilégiée, pour le tourisme. Le visiteur peut profiter de la fraîcheur de son climat, agréablement, humide, des vertes montagnes de l'Alborz et du Tâlesh, du calme de la mer, du paysage offert par les champs de thé et les orangers, aussi bien que de la cuisine guilânaise et de ses saveurs variées, et des sites historiques magnifiques, au sein de la nature. A côté de ses attractions naturelles et culturelles, le Guilân attire, également, de nombreux pèlerins, grâce à ses innombrables mausolées (Imâmzâdeh) où sont enterrés les descendants des Imams chiites, décédés ou martyrisés, sous les califes abbassides.

Malheureusement, le Guilân n'est pas assez connu, à l'échelle internationale faute d'infrastructures touristiques suffisantes. La région bénéficie, néanmoins, d'une grande notoriété, au niveau national, et, chaque année, des dizaines de millier de visiteurs iraniens s'y rendent, afin de profiter de la mer, de la nature verdoyante ou pour y déguster la délicieuse cuisine du Nord, ne serait-ce que pour une seule journée.La province du Guilân s'étend sur une superficie de 14.711 m² et est située, dans le Nord de l'Iran, entre les chaînes montagneuses de l'Alborz et de Tâlesh. Ces montagnes, qui forment une gigantesque muraille au Sud et à l'Est du Guilân, constituent la principale cause de l'humidité ambiante de la région, qui est la plus humide d'Iran, avec des précipitations annuelles dépassant les 2.000 mm. Le Guilân est, également, situé, au Sud de la mer Caspienne et avoisine la province d'Ardebil, à l'Ouest, le Mâzandarân, à l'Est (dont la frontière est définie par la rivière Tameshk, qui passe entre Tchâboksar et Râmsar), Zandjân, au Sud, et la mer Caspienne et la République d'Azerbaïdjan, au Nord. Sa plus grande ville est Rasht, mais elle compte, également, d'autres villes notables, comme Astârâh, Astâneh Ashrafieh, Bandar Anzali, Rasht, Roudbâr, Roudsar, Fouman, Lâhijân et Langaroud. Plus de quarante rivières traversent cette région, dont la plus importante est le fleuve Sefidroud (signifiant "rivière blanche").

D'après les fouilles archéologiques, son histoire remonterait à plus de 150.00 ans, c'est-à-dire avant le dernier âge de glace. Avec l'arrivée des Aryens et leur cohabitation avec les autochtones de la région, de nouvelles populations se formèrent, dont la majorité était constituée de deux tribus importantes, les Guils et les Deylams. Autonomes, ces tribus ont préservé, jalousement, leur liberté, et n'ont jamais cédé au diktat des divers pouvoirs centraux de la Perse, notamment, les Mèdes. Au VIe siècle av. J.-C., ces peuples ont collaboré avec Cyrus, roi achéménide, pour renverser les Mèdes. Sous les Sassanides, ils perdirent leur indépendance, suite à la campagne d'Ardéchir Bâbakân. Après l'avènement de l'Islam, le Guilân fut, pour un certain temps, gouverné par les Alavides, puis, par les Deylamides, ensuite, par les Mongols, notamment, sous Oldjaïtou. Au XVIe siècle, la région joua un rôle primordial, dans l'avènement des Safavides, en offrant asile, plus de quatre années durant, à Shâh Abbâs Ier. En 1650, le Guilân fut envahi par la Russie et demeura sous l'emprise russe, jusqu'en 1724. Sous la Révolution constitutionnelle, les Guils se firent, particulièrement, remarquer, à tel point qu'ils parvinrent à conquérir la capitale, Téhéran, en 1865. Le mouvement Jangali dirigé par Mirzâ Kouchak Khân Jangali est un exemple brillant de leur engagement.

Situé entre la mer Caspienne et les chaînes montagneuses de l'Alborz, le Guilân ne manque pas de potentiel, pour devenir l'axe central de l'écotourisme et de l'agrotourisme de l'Iran, sans compter, nous l'avons signalé, ses richesses culturelles, historiques, et folkloriques. De nombreux villages du Guilân, à l'exemple de Mâssouleh, attirent, chaque année, des milliers de touristes, par la beauté et le style unique de leur architecture. La fondation de Mâssouleh remonte à plus de mille ans. Depuis ce temps, ses habitants continuent de préserver leur mode de vie et leurs valeurs communes. Aucun apport culturel extérieur n'est jusqu'alors parvenu à modifier, radicalement, leur mode de vie. L'architecture unique de ce village en est le plus clair témoignage : les maisons du village sont bâties les unes sur les autres, à même la pente raide de la montagne. La cour de l'une sert de toit à l'autre. Les toits et les cours sont, également, utilisés, en guise de passage piéton. Les bâtiments ne dépassent pas deux étages et la majorité d'entre eux sont en bois et en briques crues. La langue principale des habitants de Mâssouleh est le tâleshi, qui compte parmi les langues les plus anciennes de l'Ouest de l'Iran, et était, déjà, parlée, sous les Arsacides. Le village est, également, connu, pour avoir logé Mirzâ Kouchak Khân Jangali, tandis que, poursuivi par les cosaques russes, il se rendait au village de Maklavân. Le village possède, également, d'autres attractions touristiques, à savoir, la fameuse chute d'eau de Mâssouleh-Roudkhân, la chute d'eau de Lâr Cheshmeh, le bazar et le parc de Mâssouleh, le mausolée d'Own ibn Ali et la partie ancienne du village. On peut, également, y acheter des produits typiques, notamment, des sucreries locales, telles que le halvâ kondjedi et le halvâ berendji (friandises préparées avec de la farine, du beurre et du sucre ou du miel), des couteaux artisanaux, des guivehs (chaussons tissés en coton), des kelims (tapis artisanaux), des chaussettes, des gants en laine et des marionnettes.

Une autre attraction du Guilân mérite d'être mentionnée : la colline Mârlik, qui, elle, est située, sur la côte orientale du fleuve Sefidroud, dans la vallée Gohar Roud. Cette colline est vieille de 3.000 ans. Des objets précieux, découverts, en 1961, par Ezzattollâh Negahbân, archéologue iranien, qui s'y rendit à la tête d'une expédition, viennent à l'appui de cette affirmation. Avant cette date, la colline avait été victime de pillages, de la part de contrebandiers, qui revendaient les précieux objets de la colline aux collectionneurs. Parmi les objets trouvés dans la colline, quelques-uns continuent d'attirer l'attention, notamment, des récipients en céramique, des boutons décoratifs, des massues, des flèches, des poignards, des épées, des statues en bronze, des casques, et, surtout, des coupes en or, en argent, en bronze et en porcelaine. Les archéologues croient que ces objets appartenaient aux gouverneurs, qui régnaient sur la région, vers la fin du deuxième millénaire av. J.-C. 25 tombes ont, également, été découvertes, sur les flancs de cette colline, qui fournissent, notamment, de précieuses informations, sur les rituels d'enterrement des morts, à cette époque.

Un peu plus loin, deux forteresses ont, récemment, réussi à attirer un nombre considérable de touristes vers le Guilân. Elles sont situées, dans une forêt dense et rehaussée par un épais brouillard de montagne. L'une de ces forteresses est le Ghal'eh Roudkhân (ou le Ghal'eh Hessâm), à une vingtaine de kilomètres, au Sud-Ouest de la ville de Fouman. Elle couvre une superficie de 2,6 hectares et est située, sur les hauteurs du village de Roudkhân. La muraille de la forteresse a 1.500 mètres de long et elle comprend 65 tourelles et murailles intérieures. La date de construction de la forteresse remonte à l'époque sassanide, mais elle a été restaurée, sous les Seldjoukides, et servit un temps de base militaire aux Ismaélites. Sur le portail de la forteresse, une inscription atteste qu'elle fut restaurée, à la demande du Sultan Hessâm-od-Din, entre 1497 et 1500. Elle fut redécouverte, en 1830, par un chercheur polonais, au cours de ses fouilles, dans le Guilân, mais ce n'est que depuis peu, qu'elle a éveillé la curiosité des touristes. La forteresse est composée de deux parties principales, la citadelle et le harem, où vivaient le roi et ses femmes, et l'arsenal et la caserne, où étaient logés les soldats. Les bains, la prison, la citerne, une fontaine, des maisons et des tours octogonales, munies de meurtrières, font partie des éléments constitutifs de la forteresse. Il faut ajouter que, durant son histoire, aucune armée n'a pu pénétrer dans la forteresse, et ce, grâce à son système de défense complexe. L'accès à la forteresse n'est possible que, par voie piétonne. Les voitures ne peuvent se rapprocher à moins de 500 mètres de la forteresse. En grimpant la montagne qui y conduit, de vieux arbres, une belle rivière, le long du chemin, et par beau temps, des rayons de soleil, finement, tracés, offrent une vue magnifique des alentours de la forteresse. La beauté du cadre se prête, difficilement, à une quelconque description : il faut s'y rendre soi-même, pour prendre la mesure de la beauté de cette forteresse endormie, au cœur de la forêt d'Hyrcanie.

Il existe, également, une autre forteresse, dans la région de Ghâssem Abâd du Guilân, qui, bien que n'étant pas aussi célèbre que la forteresse Roudkhân, renferme, cependant, plus de secrets. La forteresse Band Bon (ou Band Ban), toute en pierre, appartient à l'époque médiévale. Elle fut construite, pour la défense de la ville, contre les ennemis venant de la mer. Elle cache, également, dans son sol, d'immenses voies souterraines, dont la complexité n'a pas encore permis aux chercheurs d'en dresser les plans exacts. Aucune trace d'enduit utilisé, pour fixer les pierres, n'a été, jusqu'alors, découverte. Quoi qu'il en soit, le mortier a interdit à l'humidité d'investir le bâtiment, et justement, c'est là, paraît-il, que réside le secret de la solidité de la citadelle. Cette belle forteresse, qui a même éveillé l'intérêt de l'UNESCO, a été, à plusieurs reprises, détruite, (en partie), par les chercheurs d'or et les contrebandiers, mais elle reste debout et continue d'accueillir les touristes.

A côté des monuments phares de la province du Guilân, on trouve, également, de nombreux sites historiques et religieux, notamment, le mausolée de Seyyed Jalâleddin Ashraf, frère de l'Imam Rezâ, qui se trouve, à Astâneh Ashrafieh, le tombeau de la sœur de l'Imam Rezâ, à Rasht, le sanctuaire de l'Imâmzâdeh Hâshem, sur la route Téhéran-Rasht, le tombeau de Mirzâ Kouchak Khân Jangali, à Rasht, le tombeau du professeur Moein, à Astâneh Ashrafieh, le mausolée de Sheikh Zâhed, à Lahijân, le mausolée de Bibi-Hourieh, à Bandar Anzali, le tombeau de Kâshefosaltaneh, qui a introduit le thé, pour la première fois, en Iran, etc. Le musée du thé et le hammam de Golshan, à Lahijân, figurent, également, parmi les sites historiques du Guilân.

Quant à son écotourisme, le Guilân en est particulièrement fier. Ses vastes rizières, ses champs de thé et ses jardins d'orange en font une région unique, dans ce domaine, en Iran. Ses étangs, tels que l'étang, internationalement, connu d'Anzali, l'étang de Khatib Gourân, l'étang de Kohneh Gourâb et le marais de Bouchâgh, accueillent de nombreux oiseaux migrateurs et offrent un environnement de rêve aux amateurs.

Ce n'est pas, uniquement, la nature sauvage, qui est unique, au Guilân : l'artisanat, la cuisine et la culture de la terre le sont également. La pêche, notamment, celle du caviar, ainsi que la culture du ver à soie, du riz, de la cacahuète, de la noisette, de la courgette, de la pomme de terre et du thé y sont très développées.

La diversité des cultures maraîchères, du poisson et des céréales explique que la cuisine guilânaise soit, à ce point, diversifiée et colorée. De nombreuses recettes de la région, grâce à leur goût et à leur odeur, se sont répandus, à travers l'Iran, et sont présentes, sur, quasiment, toutes les tables iraniennes. Certaines autres sont restées typiques du Guilân. Parmi toutes ces recettes, on peut citer le mirzâ ghâsemi, le bâghâlâghâtogh, le torsh-tareh, (kouï khoresht) le ragoût de courgette, le sir ghalieh, le âlou mossamâ, nâz khâtoun, longi, torsh shâmi, etc...

On compte, également, une grande variété d'artisanats, encore, pratiqués, de nos jours, dans le Guilân. Entre autres, on peut évoquer le tournage en bois, les nattes en paille (hassir bâfi), la poterie et la porcelaine, la peinture sur courge, le feutre, le tissage de couvre-lits (tchâdor shab), etc...

La culture folklorique du Guilân est, également, unique en son genre, car demeurée très peu touchée, par les influences extérieures. Le spectacle de guignols Ahou Chareh, (qui existait, il y a, encore, vingt ans, et que l'on jouait, à l'occasion du nouvel an iranien (nowrouz), partout, dans le Guilân), le pir bâbou et le lâl bâzi (jeu qui consiste à faire semblant d'être muet), les sports, purement, traditionnels, comme la lutte guileh mardi, varzâ jang et band bâzi (spectacle de funambulisme) constituent d'autres héritages culturels guilâniens. L'ensemble ne manquera certainement pas d'exotisme et d'intérêt, pour le touriste, décidé à visiter et à connaître ce territoire vert, vivant et plein de surprises.

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