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mardi, 04 septembre 2012 14:35

Venez avec nous en Iran (51)

L'Iran est, certes, le pays des merveilles, des arts et des beautés.

De sa nature diversifiée à sa culture variée, en passant par ses sites et monuments historiques, datant de millénaires, sans oublier ses arts sophistiqués, l'Iran surprend tout un chacun, qui lit, entend parler ou visite ce territoire. Pour décrire toutes ces beautés, nous avons conçu cette série d'émissions sur l'Iran, répondant, d'ailleurs, aux demandes de nos auditeurs, qui souhaitent mieux connaître le territoire iranien et en savoir plus sur ses attraits historiques, naturels et culturels. "Venez avec nous en Iran!", puisque tel est son titre, vous fera découvrir la terre de Perse, riche d'une histoire et civilisation plurimillénaires.

Dans le sillage de notre randonnée, dans l'Azerbaïdjan de l'Ouest, nous voulons vous faire découvrir quelques endroits et monuments  historiques de cette belle province. Restez avec nous, jusqu'à la fin de cette émission.

Takht-e Soleymân (le trône de Salomon) est le nom d'un lieu historique situé près de Takâb et du village de Takht-e Soleymân (Nosrat Abâd), dans la province de l'Azerbaïdjan de l'Ouest. Il fut l'un des lieux les plus sacrés du Zoroastrisme. Selon les historiens, ce lieu fut peuplé, dès le premier millénaire avant J.-C. Cette région rassemble des monuments datant des époques, parthe, sassanide et ilkhanide, dont plusieurs "temples du feu" zoroastriens, des monuments datant de l'époque sassanide situés sur la montagne Belqeis, ou encore la prison de Soleymân près de Takht-e Soleymân. A l'époque sassanide (IIIe-VIIe siècle), les Zoroastriens avaient trois principaux temples du feu : Borzin Mehr (le feu de l'amour élevé) près de Neishâbour et qui appartenait aux agriculteurs, Farbaq (le feu de la grâce divine), à Karyân, dans la province du Fârs et qui appartenait aux prêtres zoroastriens, et, enfin, le temple du feu Azargoshasb, qui appartenait aux armées et se trouvait, près d'une ville appelée Gandjak, sur la montagne Asnavand, en Azerbaïdjan. Il fut construit, probablement, à l'époque du règne de Pirouz, grand-père d'Anoushiravân, roi sassanide. La région de Takht-e Soleymân est, avant tout, célèbre, pour l'existence de monuments et bâtiments datant de l'époque sassanide : le temple du feu d'Azagoshasb, le temple d'Anahita, le musée de Hadayâ, la prison de Soleymân, la forteresse Belqeis, ainsi que les vestiges d'un palais de l'époque ilkhanide.

Le temple du feu d'Azargoshasb, construit de diverses sortes de pierres, est un ensemble composé d'une salle carrée avec un dôme : près de cet ensemble, à l'Est, se trouve un autre ensemble, composé, également, d'un autre temple du feu, en forme de croix, ainsi que de deux salles avec des colonnes carrées et quelques pièces. Le temple du feu Azargoshasb avait une importance religieuse de premier ordre; il était, également, le symbole du pouvoir des Sassanides et jouait un rôle important, dans la vie politique et sociale de cette dynastie. A titre d'exemple, après la défaite du mazdéisme, Khosrow Parviz fit restaurer ce temple du feu qu'il considérait comme le symbole de l'unité nationale et religieuse du pays. En 624, le temple du feu fut détruit, par Héraclius, puis, le lieu fut, peu à peu, laissé à l'abandon. Aux XVIIe et XVIIIe siècles de l'ère chrétienne, les orientalistes européens commencèrent à effectuer des études sur cette région.

Outre le site historique, en lui-même, le visiteur de Takht-e Soleymân peut, également, visiter le lac naturel situé aux alentours, dont la profondeur maximale atteint près de 112 m. Etant donné sa haute teneur en sel, l'eau de ce lac ne peut cependant pas être utilisée, pour irriguer les cultures alentours. Selon les prêtres zoroastriens, ce lac appartient à Anahita, la déesse de l'eau, et d'après d'anciennes légendes, un monstre habiterait toujours dans le lac. D'après une autre légende, Salomon aurait vaincu plusieurs démons et les aurait jetés sur une montagne, dans laquelle, il y avait un trou profond, et qui serait la montagne même située à côté de Takht-e Soleymân. D'après les historiens, en 547 av. J.-C., après avoir vaincu Crésus, le riche roi de Lydie, Cyrus le Grand aurait invité celui-ci, en Iran, à jeter ses biens précieux, en faisant un vœu (nazr), dans le lac. Si cette histoire est vraie, on peut, ainsi, supposer que le trésor s'y trouverait encore... On raconte, également, qu'à l'époque des Parthes, lors d'une guerre contre l'empire romain, Antoine, le commandant de l'armée romaine, aurait assiégé la forteresse de Gaznak. Au cours de ce siège et pressentant leur défaite, les gardiens du temple auraient jeté les objets précieux du temple du feu et du temple d'Anahita, dans le lac. Les prêtres zoroastriens du temple auraient fait, de même, au cours d'une guerre opposant Khosrow Parviz à Héraclius, qui parvint à s'emparer de la forteresse. Si ces récits sont avérés, les profondeurs du lac regorgeraient d'objets appartenant aux époques parthe et sassanide. Deux routes principales permettent d'accéder au site : la route de Zandjân ou celle de Takâb. Cette dernière est plus facile et très belle. Takht-e Soleymân se situe, dans une région montagneuse, et dès l'automne, il y fait très froid. Il est donc préférable de le visiter, au printemps ou en été.

Dzordzor est un monastère arménien, situé dans la province de l'Azerbaïdjan de l'Ouest. Le monastère a connu son apogée, au XIVe siècle, avant d'être détruit, au début du XVIIe siècle, lorsque le roi safavide, Shâh Abbas Ier, décide de déporter les Arméniens établis dans cette région. La chapelle Sainte Marie est l'unique vestige du monastère. La construction de cette chapelle cruciforme, surmontée, en son centre, d'une coupole à tambour, remonterait aux IXe-Xe siècles ou au XIVe siècle. En accord avec l'Église apostolique arménienne, le bâtiment a été déplacé de 600 mètres, par les autorités iraniennes, en 1987-1988, à la suite de la décision d'édifier un barrage, sur la rivière Makuchay. Elle a été restaurée et a retrouvé sa coiffe, par la même occasion. La chapelle figure sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO, depuis 2008.

La ville de Makou est une des villes frontalières de l'Azerbaïdjan de l'Ouest. Ses  habitants sont turcophones, mais ceux de la banlieue sont, plutôt, kurdophones. La plupart de ses habitants sont musulmans, sans oublier la minorité arménienne de la ville. La ville dispose d'une situation géographique et stratégique, étant donné qu'elle se situe sur la frontière entre l'Iran, la Turquie et la République d'Azerbaïdjan. Elle est, aussi, le passage des voyageurs, qui veulent se rendre, par voie terrestre, en Turquie.

Au Sud de la ville frontalière de Maku, près de Tchâldorân, dans la province iranienne de l'Azerbaïdjan de l'Ouest, s'érige, sur un haut plateau, un des plus anciens monastères de la planète, Kara Kîlîsâ ou l'Eglise Noire, un majestueux édifice en pierre noire et blanche qui cristallise en soi tolérance et coexistence interconfessionnelle, en Iran. Le monument est le neuvième site historique iranien à figurer sur le Patrimoine culturel mondial de l'UNESCO. Appelé, aussi, par le nom de celui dont la dépouille mortelle y repose, Saint Thaddée, l'un des deux évangélisateurs de l'Arménie – avec Saint Barthélémy, Kara Kîlîsâ a derrière lui un long parcours de 1700 ans, avant d'être inscrit, de nos jours, sur le Patrimoine culturel de l'UNESCO.

Les historiens arméniens ne sont, pourtant, pas unanimes, quant à l'historique de l'édifice. Un certain nombre d'entre eux estiment, à l'appui de documents historiques, que Saint Thaddée, un apôtre de Jésus-Christ, s'est rendu, en l'an 40, dans cette région, pour y propager le Christianisme. Selon la tradition arménienne, il fit, lui-même, ériger le monastère, en l'an 66 de l'ère chrétienne. De nombreuses personnes, dont le roi d'Arménie, Sanatruk (Sanatrocès en latin), et sa fille, Sandusht, embrassèrent, à l'époque, cette nouvelle religion. Or, le roi regretta, un peu plus tard, sa conversion, et ordonna à ses hommes de tuer Saint Thaddée, sa propre fille et un nombre de Chrétiens. Plus tard, là où ils furent massacrés, et où ils furent, ensuite, enterrés, s'éleva le monastère, Kara Kîlîsâ, un haut lieu de pèlerinage des Arméniens. A deux km, au Nord-Ouest de l'Eglise Noire, ce parangon de l'architecture arménienne, en haut d'un sommet, se trouve une chapelle, où, toujours, selon la tradition arménienne, a été tué Sandusht. Kara Kîlîsâ ou l'Eglise noire doit son nom à des pierres noires qui ont servi à sa construction.

Selon les documents historiques, l'édifice de Kara Kîlîsâ a, initialement, été construite en pierre noire, mais des pierres blanches s'y sont substituées pour une partie, lors des travaux de restauration, puisque le monument a été détruit, à l'époque de l'invasion mongole. Or, l'édifice fut restauré, sur ordre de Khajeh Nassir Tussi, puissant vizir de Hulagu. L'Eglise Noire fut, une nouvelle fois, détruite, en 1319, lors d'un puissant séisme qui frappa la région. Il fallut attendre dix années, après le tremblement de terre, pour voir Kara Kîlîsâ rénové par Saint Zacharie. Le bâtiment blanc du site fut annexé, à l'époque d'Abbas Mirza, prince Qadjar, à la partie plus ancienne.

L'Eglise Noire occupe une place incontournable, dans la tradition et les convictions arméniennes. Chaque année, du 23 au 26 juillet, des pèlerins, majoritairement, arméniens, viennent visiter le monastère de saint Thaddée, pour commémorer son martyr. A cette occasion, des cérémonies spéciales ont lieu, dans le monastère de Kara Kîlîsâ. Parmi les pèlerins figurent un grand nombre d'Arméniens d'Iran, mais aussi, des Arméniens venus de pays voisins.

Des pèlerins venus de Tabriz, d'Oroumieh, de Téhéran, d'Ispahan et d'autres villes iraniennes, s'y rendent, souvent, en famille, pour y assister aux cérémonies de célébration du Seigneur, la Sainte Messe «Badarak», qui y est célébré, depuis le IIe siècle, jusqu'à présent. Le terme «Badarak» ou messe vient de la langue ancienne Pehlevi et signifie offrande ou présent, en arménien.

Les familles, qui viennent en pèlerinage, au monastère de saint Thaddée, y demeurent, souvent, trois jours. Cependant, certaines, venant de très loin, préfèrent y rester un peu plus. Par contre, les familles, qui viennent des villes plus proches, pour faire le pèlerinage de Kara Kîlîsâ, peuvent y rester une seule journée, pour assister, seulement, aux principales cérémonies.

Le pont "Panj Tcheshmeh" de Makou est un autre attrait historique et touristique de la région. Il se trouve à 3 km de l'Est de Makou, sur la rivière de Zangmar. Il fut construit de pierres polies de couleur blanche et noire, qui donnent une beauté particulière à son architecture. Le pont a été, en fait, construit, pour raccourcir le trajet des pèlerins de Kara Kîlîsâ. Il est long de 43 mètres, large de plus de 3 mètres et de 5.5 mètres de haut. Il dispose, actuellement, de quatre sources, mais il bénéficiait, pourtant et éventuellement, de cinq sources, vu son appellation de "Panj Tcheshmeh", qui signifie "Cinq sources".

A six km de la ville de Makou, se trouve le Palais "Baqtché Djough" qui date de l'époque Qadjar, construit, en 1895. L'édifice du palais construit sur une superficie de 25.000 mètres carré se situe au milieu d'un jardin splendide de 11 hectares. Des céramiques et des peintures aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'édifice sont absolument splendides. Le palais dispose de sept salons, chacun, orné et meublé de façon particulière. L'architecture du palais "Baqtché Dijough" est une combinaison de l'architecture et des arts iranien, russe et européen. A l'intérieur du palais se trouve des objets précieux et antiques, des meubles et des chaises fabriquées en Pologne, en France, en Autriche et en Russie, constituant tous un musée visité par le public.

L'église de Sainte Marie la Mère se situe, dans la ville d'Ourmia, (chef-lieu de la province de l'Azerbaïdjan de l'Ouest). Selon des historiens et des archéologues, cette ancienne église serait la deuxième église la plus ancienne du monde, après celle de Bethléem, en Palestine. Aujourd'hui, l'église a un bâtiment très simple, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. A l'intérieur de l'église, les murs sont décorés de tableaux et le plancher est couvert de tapis. L'accès à l'autel de l'église est réservé, uniquement, aux prêtres, et à côté de l'autel, il y a un petit espace où les fidèles et les pèlerins allument leurs bougies. Selon les traditions assyriennes et chaldéennes, l'histoire de l'édifice actuel remonte à l'époque de la dynastie sassanide. D'après cette tradition, l'église a été édifiée sur l'emplacement d'un temple du feu zoroastrien. Les Trois Mages de ce temple du feu ont vu l'astre qui annonçait la naissance du vénéré Jésus, et ils quittèrent le temple, pour assister à la naissance du vénéré Jésus, à Bethléem. Dès leur retour, ils transformèrent le temple du feu en église. Selon des documents historiques, un prince chinois, qui se rendait, en Mésopotamie, habita cette église, en 642, et il se chargea des frais de restauration de l'église. En 1963, une petite tour a été édifiée, à côté de l'église de Sainte Marie la Mère, qui est l'une des plus anciennes églises de l'Iran et du monde. Cette église est, aussi, appelée, «l'église syriaque orientale».

La tour de Shams Tabrizi, fut construite à l'époque de la dynastie des Safavides (1501-1736), à Khoy, (Azerbaïdjan de l'Ouest), près d'un tombeau qui serait celui du célèbre mystique iranien, Shams Tabrizi, (mort en 1248), maître de Djalaleddîne Rûmi. Selon des documents historiques, Ismaïl 1er, Shâh de Perse, (1501-1524) et fondateur de la dynastie des Safavides, donna l'ordre de la construction de cette tour, pendant son séjour de quarante jours, à Khoy, où il passa le clair de son temps à chasser des bouquetins, dans une montagne, près de la ville. En effet, la Tour de Shams Tabrizi est ornée par les bois des bouquetins chassés par le Shâh et ses hommes. La tour est haute de 17 m et son diamètre est de 3,40 m. Le tombeau de Shams Tabrizi se situe à une dizaine de mètres de la tour. En 2007, les experts de l'Organisation iranienne du Patrimoine Culturel et du Tourisme et leurs collaborateurs italiens ont restauré la Tour de Shams Tabrizin, qui penchait, dangereusement.

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