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lundi, 16 juin 2014 16:48

Prisonniers palestiniens : pas de visite des parents en prison pour les enfants de 8 ans et plus !

Prisonniers palestiniens : pas de visite des parents en prison pour les enfants de 8 ans et plus !
IRIB-Le 20 mai, Obeida Shamali a rendu visite à son père, Ahmad Abd Alraheem Shamali,
dans la prison de Nafha d’Israël. C’était la première fois qu’ils se voyaient l’un l’autre depuis que les forces israéliennes ont enlevé Ahmad en août 2008.
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Des enfants palestiniens à Gaza participent à un rassemblement devant le Comité international de la Croix-Rouge, pour demander la libération de leurs proches détenus par Israël - Photo : Joe Catron

« J’étais tellement heureux, » a dit le garçonnet de sept ans. Il était assis sous un portrait de son père dans la maison de sa famille dans le quartier al-Shajaiyeh dans la ville de Gaza. « Avant, je ne pouvais qu’imaginer comment serait son visage quand je le rencontrerai, parce que je ne l’avais pas vu depuis si longtemps. »

Ahmad, combattant des Brigades des Martyrs al-Aqsa du Fatah, a été condamné à 18 ans de prison par un tribunal militaire israélien.

Comme des centaines d’autres enfants de la région, Obeida n’avait pas pu rendre visite à son père toutes ces dernières années années. En juin 2007, un an avant la capture de son père, Israël avait interdit toute visite aux détenus palestiniens par les familles de la bande de Gaza. Pour mettre fin à une grève de la faim de masse dans ses prisons, il avait assoupli cette restriction en mai dernier. Israël s’engagea à cette occasion à autoriser les visites des parents et des conjoints, en commençant deux mois plus tard.

Engagement non respecté

Mais les enfants de détenus n’ont toujours pas pu rendre visite à leurs parents incarcérés depuis plus d’un an. Le mois dernier, le 6 mai, Israël n’a autorisé que sept enfants - tous âgés de moins de huit ans - à accompagner 54 autres membres des familles des détenus à travers le passage d’Erez qui sépare Gaza d’Israël [Palestine de 1948]. Quelque 33 enfants ont pu participer à quatre visites en prison, selon Dibeh Fakhr, un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge [CICR], qui coordonne les visites des familles aux détenus avec les autorités israéliennes.

Un récent rapport de mai 2013t de l’organisation B’Tselem sur la politique israélienne concernant les droits de l’homme, décrit le régime de visite actuelle. « Les visites ne sont autorisées que très rarement, une fois par semaine le lundi et alors seulement dans une prison à la fois : Nafha, Ramon et Eshel (Dekel) », selon le groupe. « En conséquence, chaque détenu admissible reçoit une visite une fois tous les trois ou quatre mois. En revanche, les détenus en provenance d’Israël ou de la Cisjordanie, qui sont détenus pour des raisons criminelles ou de sécurité peuvent recevoir des visites une fois toutes les deux semaines ».

« Nous avions tous l’impression de voler tellement nous étions heureux » raconte Najah Shamali, la mère d’Ahmad et grand-mère d’Obeida, en apprenant que toute leur famille serait en mesure rendre visite à Ahmad pour la première fois. « Toute la famille a célébré l’évènement. Tout le monde ne pensait plus qu’à cette visite et attendait impatiemment le jour en question. »

« Aucune justification »

Mais cette visite pourrait bien être la dernière pour Obeida. La nouvelle politique d’Israël empêche toujours les enfants de la bande de Gaza âgés de huit ans ou plus de rendre visite à leurs parents détenus. Et le huitième anniversaire de Obeida - le 10 juillet prochain - arrivera très certainement avant la prochaine visite pour sa famille.

« Ces politiques montrent que l’objectif principal de l’administration pénitentiaire israélienne [IPS] est de briser le moral des prisonniers, » a déclaré Rifat Kassis, le directeur de Defense for Children International - Palestine Section. « Il n’y a pas de raison d’imposer ces restrictions aux enfants palestiniens, de leur interdire de communiquer et de rendre visite à leurs pères dans les prisons israéliennes. Les justifications de sécurité qu’utilise Israël pour justifier ses politiques ne sont pas en conformité avec ses obligations en matière de droits de l’homme et ne sont pas tenables. »

Selon Kassis, les restrictions imposées par Israël aux visites des familles violent non seulement ses responsabilités en vertu du droit international, mais aussi ses propres règles. « Priver les prisonniers politiques, en particulier ceux qui sont de la bande de Gaza, de leurs droits de visite pour de longues périodes de temps et leur imposer des restrictions quand ils jouissent de ce droit comme placer des limitations et restrictions sur qui est admissible à leur rendre visite, est une forme de punition collective », explique-t-il.

« Le droit des détenus de recevoir des visites, en particulier de leurs proches et à intervalles réguliers, aussi fréquemment que possible est reconnu par la Quatrième Convention de Genève. »

« Ces pratiques ne sont pas en conformité avec les instructions de l’IPS relatives au droit de visite des prisonniers. Les instructions de l’IPS stipulent que les détenus ont le droit de recevoir des visites de leur famille après trois mois d’emprisonnement, une fois toutes les deux semaines. »

À la fin d’avril, Israël retenait en prison 511 Palestiniens de la bande de Gaza, selon B’Tselem. Beaucoup sont détenus pour de longues peines. « La plupart des enfants des détenus [ont plus de] huit ans », a déclaré Oussama Wahidi, un porte-parole de l’Association Hussam, un groupe basé à Gaza pour la défense des prisonniers, anciens et actuels. « Très peu sont plus jeunes. »

L’Association Hussam mène des campagnes autour des questions des visites aux familles, publiant des déclarations et organisant des rassemblements devant les locaux du CICR. Beaucoup de ses activités, nous dit Wahidi, visent à attirer l’attention des médias internationaux et des organisations des droits de l’homme.

« Leurs positions sont très condamnables », explique-t-il. « Quand [le soldat israélien] Gilad Shalit a été fait prisonnier par la résistance palestinienne ici à Gaza, chaque organisation de défense des droits de l’homme parlait de lui. Dans le même temps, la plupart de ces organisations et les médias internationaux, n’ont jamais mentionné l’existence des détenus palestiniens. Au contraire, ils exigeaient que Shalit soit libéré. C’était un soldat ; il tenait une arme ; il visait les civils palestiniens. »

« Nous n’avons pas de baguette magique pour libérer tous les détenus. C’est pourquoi nous essayons de trouver des façons de parler de la souffrance des détenus, leurs familles, et leurs enfants. Nous ne disposons pas d’autre moyen. »

« Au-dessus des lois »

À un sit-in hebdomadaire organisé par les familles des détenus et des sympathisants devant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plusieurs enfants de détenus ont partagé leur expérience de la politique [israélienne] des visites.

« Je lui envoie des messages vocaux par une station de radio et des messages écrits par le CICR », nous dit Nisma al-Aqraa, la fille âgée de 15 ans de Mahed Faraj al-Aqraa. Elle n’a pas vu son père, un combattant des Brigades Al-Nasser Salah Al-Deen des Comités de résistance populaire, depuis sa capture par les forces israéliennes en juillet 2007. Classé comme un « détenu malade stable » à l’hôpital de la prison de Ramleh, où il purge trois peines de prison à vie, ses deux jambes ont été amputées.

« Je l’ai vu derrière une barrière de verre », dit tristement Hamze Helles. « Je ne pouvais pas aller à l’intérieur. » Suite à une erreur administrative apparente, Hamze qui venait d’avoir huit ans quand la politique d’Israël a changé le 6 mai, a pu rendre visite à son père Majed Khalil Helles, un combattant des Brigades des Martyrs al-Aqsa du Fatah condamnés à cinq ans de prison, dans la prison de Nafha le 20 mai. C’était la première visite de Hamze depuis la capture de son père par les forces israéliennes en août 2008.

« Cela n’a pas de sens de priver un petit enfant qui ne peut vraiment causer aucun dommage à Israël », a déclaré Wahidi. « Ce n’est pas logique. Mais Israël ne se soucie pas de sa réputation. Il se sent comme il est un État au-dessus des lois que personne ne peut le tenir responsable de ses crimes. Personne dans la communauté internationale n’a donné la preuve du contraire. »

Joe Catron

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