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samedi, 11 octobre 2008 11:31

Programme 64

Poète des contes, Molana Jalal al-Din a eu, lui-même, une vie, dont nombre de ses épisodes semble être tiré d'un conte.
Il est, pourtant, bien difficile, dans un temps et un espace si limités, de parler de l'océan infini que représente Molana et son œuvre, de parler de ce mystique érudit, dont le grandiose mouvement historique pèse de tout son poids, dans la culture et la littérature persanes, ouvrant un sentier qui mène à l'auto-édification et à la connaissance de Dieu. Nous allons pénétrer, maintenant au cœur de l'expérience spirituelle hors du commun de Molana, et d'étudier, bien sûr succinctement, la portée de la joie et de la tristesse dans la pensée et la vision molaviennes.
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Joie et tristesse sont propres à l'homme. Il est relaté dans les hadiths et les traditions islamiques que la tristesse restait chez les Infaillibles et les croyants, dans leur cœur tandis que la joie se reflétait dans tout son éclat sur leur visage. Pour Molana, de nombreux facteurs se trouvaient à l'origine de la tristesse dont la vanité et l'égotisme. L'homme vaniteux qui se croit le centre de l'univers et qui exige que le monde entier soit à son service, pense qu'il n'a qu'à ordonner pour avoir tout ce qu'il désire. Lorsqu'il les perd ou qu'il ne les obtient pas, il se sent triste. L'insolence et l'impertinence qui découlent directement de la vanité et de l'égotisme, donnent à leur tour à l'affliction.
Tout ce que tu endures des ténèbres et de la tristesse
Découle de l'insolence et de l'impertinence
Quiconque agit avec insolence sur le sentier de l'A mi
Est un bandit des routes, le déloyal c'est lui
(Le Livre I, les vers 90 et 91)

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Molana explique dans son Divan de Shams que « l'attachement à soi-même » est un autre facteur de tristesse ; c'est le détachement qui en est le remède :
Ce Moi qui est avec lui-même, est un nuage d'affliction
Et ce Moi qui s'est détaché, est l'astre au front d'argent chez toi

Dans la vision molavienne, le péché, la dépravation, l'insoumission au Seigneur engendrent la tristesse. Tout l'Univers est l'aire de Dieu, et il incombe au serviteur de Lui rester reconnaissant, sinon il sombrera dans la tristesse et la mélancolie. Ce monde est un paradis pour le serviteur digne du Tout-puissant, un paradis où la tristesse et l'affliction sont bannies à jamais.


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Les facteurs de joie sont nombreux dans la pensée molavienne. Et le miracle de l'amour en est le plus important. La joie durable chez Molana Jalal al-Din est le prodige de l'amour, cet amour qui est ce lieu où l'homme renaît, ce même amour qui transforme le bûcher de feu à Abraham en une roseraie. Dans la vision molavienne, l'amour émancipe l'homme de la cage d'un lieu détermine, lui ouvre l'horizon immense, infini. La joie, de quelle sorte qu'il soit, a besoin de l'amour ; le visage souriant est le trait saillant des amoureux. Ils vivent et meurent le sourire aux lèvres, l'amour est ce roi qui bannit la tristesse dès qu'il apparaît. L'amour conduit l'homme vers cette étape où l'homme se verra libéré du joug de toutes les souffrances :
O amour qui rend joyeux tout un chacun
De ta lumière renaissent les amoureux
Tu es le roi et tous les amoureux
Comme toi sont de souche des rois.
(Shams, t. II, 86)

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La joie de Molana émane de l'ivresse du nectar ; de cet élixir qui métamorphose la tristesse en joie. Ce nectar est une manne divine dont la vocation est de laver l'affliction et de guider l'homme vers l'aire de la joie et de l'allégresse. Ce nectar divin a le pouvoir de revivifier mille vieux faibles et moribonds
Ohé ! Levez-vous ! Enivrés et joyeux battons les mains !
Enterrons ce rêve de tristesse et la tristesse même !

Origine de la joie, l'union est la pierre de touche de l'émotion poétique chez Molana. La joie qui émane de l'union n'est pas seulement propre à l'homme, tout être souhaite retourner à sa source. Le ney gémit de la douleur de la séparation. Le perroquet de l'anecdote du Perroquet et du Commerçant, souhaitait rentrer à son pays d'origine et pour cela il n'hésite pas à braver la mort.
Quiconque reste éloigné de son origine
Cherche l'époque de l'union

La joie est tissée dans la trame et la chaîne de l'œuvre molavienne, notamment dans son Divan de Shams. « L'esprit de joie qui palpite dans les ghazals de Molana se manifeste rarement dans les œuvres d'autres poètes. Une telle émotion caractérise le style de l'écriture poétique de Molana lorsqu'il compose ses ghazals. », explique le chercheur érudit Gholam Hossein Zarrinkoub.
Joie absolue, Molana ne tolère même pas un atome de dépression ou de tristesse chez lui. Les poèmes de Molana reflètent dans tout son éclat cette joie indescriptible qui est pour lui une manne divine. La joie molavienne va au-delà de la tristesse ou de sentiment de joie banal que nous, simples humains nous éprouvons. Rien ne parvient à décrire la joie de Molana :
Je suis joyeux d'être émancipé de la joie de ce monde
Je suis enivré un tel point que même sans le vin je suis joyeux

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