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jeudi, 08 mai 2008 13:11

Pro 50

Le Chant du soleil vous invite à une expérience spirituelle hors du commun, à un voyage merveilleux qui vous introduira dans les arcanes des enseignements d'un poète visionnaire.

Nous allons, donc, ouvrir Le grand Masnavi, le livre le plus majestueux qu'ait signé le poète des contes, Molana Jalal al-Din. Un recueil de contes, de paraboles et d'allégories qui permet à son auteur d'exprimer ses pensées les plus hautes, à travers un langage accessible à tous. Si vous vous en souvenez, nous avons parlé, dans la précédente édition, de la thématique des prophètes, dans le Masnavi du grand poète-mystique de Balkh, et nous avons dit comment Molana s'inspirait de cette source intarissable que sont les enseignements et la conduite des messagers, pour exprimer ses pensées et ses directives. Des anecdotes sur la vie des prophètes divins sont relatées dans le Masnavi, permettant à son lecteur d'en avoir une vue globale.
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La mythologie et l'hagiographie représentent pour nombre de poètes persans une mine inépuisable de thèmes, de références, de sens et de pensées. Tantôt c'est la vie même d'un messager divin qui leur sert de thème axial, tantôt il s'agit d'une sentence d'un prophète, d'un épisode ou d'une anecdote de sa vie, auxquels le poète fait allusion, pour transmettre une idée précise à son lecteur ; tantôt, il lui suffit tout simplement de mentionner uniquement le nom d'un messager, pour faire toute une réminiscence. Une telle thématique se remarque, surtout, dans la poésie gnostique et la liturgie qui s'en servent, largement, pour véhiculer les concepts profonds de la gnose à leur lecteur. Le grand poète mystique persan, Molana Jalal al-Din, ne fait pas exception à la règle. Son Masnavi évoque, par métaphores et allégories, les enseignements divins édifiants, sur fond de la pensée gnostique, ainsi que le respect profond de son auteur aux messagers de Dieu, qui sont presque tous cités à travers ce monument de la littérature persane.
Molana relate, selon son propre style, la vie des messagers divins. Il en raconte un épisode, un événement ou une partie, pour arriver, ensuite, à la morale du récit, qu'il considère comme la clé de voûte du récit, l'objectif principal du poème. Molana relate, dans le moindre détail et avec une grande précision, les différents épisodes du récit, ce qui le fait se distinguer de ses autres collègues. Pour lui, la vie d'un messager divin n'est pas un simple récit qui se déroule une fois, dans un temps et en un lieu précis. Il s'agit plutôt d'un événement intemporel qui se répète à l'infini chez tout un chacun.
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Noé conduit son Arche, à travers les vagues immenses du Déluge, pour arriver en Judée. Epaulé par ses disciples, il se voua à reconstruire le monde et à bâtir l'Histoire. Après lui, ce fut au tour de l'appel au monothéisme d'Abraham de retentir, en Babylonie. Et après Abraham, le flambeau fut confié à Moïse. Il fut chargé d'émanciper du joug du Pharaon, son peuple exploité, asservi et exsangue. Et après Moïse, le Christ prit le relais. Il parla de la clémence de Dieu et de Sa miséricorde infinie, dans un monde envahi des éclats de rire sadiques des tyrans et submergé par le flot de larmes des esclaves. Et il préluda la bonne nouvelle de l'avènement du dernier messager divin.
Et, enfin, quelques siècles plus tard, ce fut dans un monde peuplé d'idoles, dans un monde plongé dans les abysses de l'ignorance et de la barbarie, que le Sceau des prophètes, le soleil de Mohammad, pointa à l'horizon de la Mecque. Chantre de la liberté, incarnation du Juste, le versus propheta était porteur du message véridique de la grandeur de l'homme et de ses droits. Le Seigneur décrit en ces termes Son dernier messager :
« Un messager, très certainement, est venu de vous à vous auquel pèse lourd la perte que vous subissez, qui est avide de vous, qui est doux envers les croyants, qui est miséricordieux. » (verset 128, sourate 9)
La grandeur du Prophète de l'Islam puisait dans les services immenses qu'il a rendus à l'humanité. Il brisa les chaînes de la mécréance, de l'idolâtrie, de la superstition et de l'obscurantisme, qui avaient enchevêtré les hommes, et les inonda de la lumière d'un Dieu puissant et sage, clément et miséricordieux. Des couches sombres de la vie humaine, Mohammad ouvrit une fenêtre sur la clarté et la limpidité. Il enseigna à l'homme la quête de la Vérité, à la lumière de la raison, pour s'émanciper des ténèbres. C'était toujours armé de la logique, qu'il confrontait les ennemis et, citant le Verbe divin, il disait : « Expose tes arguments ».
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C'est sur la louange du Seigneur et de son Prophète que s'ouvre le Divan de tout Grand Classique persan. Ouvrons le Golestân de Saadi ou son Bustân, le Divan des ghazals de Hafez, Les sept princesses de Nezami, Le Shâh-Nâme de Ferdowsi, La conférence des oiseaux de Attar, le Divan des poètes symboliques dont Saëb, Bidel ... et la liste n'en finit pas, tous et tout commence par la louange de Dieu Tout-puissant et de son Messager, le très vénéré Mohammad - que la paix divine soit à lui et à ses descendants - . Le grand poète et mystique du XIIIe siècle, Molânâ Jalal al-Din Rûmî, ne fait pas exception à la règle, à cette seule différence que l'évocation du nom des messagers divins, et, à leur tête, le Sceau des prophètes, est unique en son genre. Dispersés partout dans les six livres du Masnavi, les anecdotes et les récits sur les messagers divins évoquent l'immensité de la ferveur de l'auteur envers le Créateur unique et Ses messagers.
Le Masnavi évoque, par métaphores et allégories, les enseignements divins édifiants sur fond de la pensée gnostique, ainsi que le respect profond de son auteur aux messagers de Dieu, qui sont presque tous cités à travers ce monument de la littérature persane. Les plus belles pages du Masnavi se réalisent, dès que le nom du Sceau des prophètes est mentionné.
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L'image que brosse Molavi Rûmî du très vénéré Mohammad (que) n'exprime pas uniquement le profond respect d'un poète qui loue le prophète de Dieu ; c'est la cristallisation de la quintessence d'une ferveur aussi immense que l'océan envers le plus grand enseignant de toute l'humanité, depuis la nuit des Temps. La plus grande fréquence d'un terme, dans le Masanvi, selon les études faites sur ce thesaurus de la littérature persane, voire, mondiale, est celle du nom du prophète de l'Islam. Plus de 500 fois et à des occasions les plus variées, le nom du prophète a embaumé l'ambiance du Masnavi de son parfum exquis.
Le style de Molavi reste unique en son genre, un style qui ne se remarque ni chez les poètes d'avant ou d'après Rûmî. La louange du messager de Dieu ouvre toujours les divans et les recueils des Grands Classiques ; elle a sa place bien déterminée, à la tête de l'ouvrage, tandis que chez Molavi, le nom du Prophète est tissé dans la trame et la chaîne du texte. L'imaginaire du poète appelle, en toute humilité, le Sceau des prophètes là où l'ambiance mystique du poème a besoin de s'embellir. A titre d'exemple, lorsque Molavi parle du total et de la particule, il rappelle que le nom d'Ahmad, un surnom du prophète de l'Islam, est le nom de tous les messagers divins, ce qu'il démontre par l'allégorie des chiffres. 100 sous-tend 90 ou 80.
Le nom d'Ahmad est celui de tous les prophètes
Lorsque 100 arrive, 90 aussi est chez nous

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L'enfance du prophète de l'Islam est l'un des thèmes préférés de Molana. Tantôt l'auteur décrit en détails les différents épisodes de cette enfance, jalonnée d'événements, surprenants, voire, miraculeux, tantôt c'est une brève allusion, embellie d'une expression coranique. Parmi ces anecdotes, le récit qui relate l'enfance de Mohammad chez sa nourrice Halima, est l'une des plus belles pages du Masnavi. L'enfance de Mohammad permet à l'auteur de situer le récit dans son contexte, La Mecque et la famille Qoraiysh servent de décor à ce poème. Molana décrit, ainsi, les conditions de vie des arabes à cette époque et la situation économique, politique et sociale de la Mecque, alors que, loin du tapage de la ville, le futur Prophète de Dieu, le tout jeune Mohammad, vivait dans ce désert infini et mystérieux de la péninsule arabique, en cet endroit où la terre rejoint le ciel dans la ligne d'horizon. Que cherchait-il cet enfant dans cette immensité ? Qui murmurait à ses oreilles l'invocation du Tout puissant, dans le silence pesant du désert ? Le récit molavien évoque, aussi subtile que sublime, toutes ces questions, conduisant le lecteur dans son univers mystique, l'invitant à la contemplation des signes divins.
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Les impératifs de temps nous obligeant à fermer cette édition du magazine « Le chant du soleil », nous poursuivrons, prochainement, cet exposé. Merci de votre fidélité.

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