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mercredi, 23 avril 2008 16:52

Pro 49

Le Chant du soleil vous invite à une expérience spirituelle hors du commun, à un voyage merveilleux qui vous introduira dans les arcanes des enseignements d'un poète visionnaire.

Nous allons donc ouvrir Le grand Masnavi, le livre le plus majestueux qu'ait signé le poète des contes, Molana Jalal al-Din. Un recueil de contes, de paraboles et d'allégories qui permet à son auteur d'exprimer ses pensées les plus hautes à travers un langage accessible à tous. Si vous vous en souvenez, nous avons parlé, dans la précédente édition, de la thématique des prophètes, dans le Masnavi du grand poète-mystique de Balkh, et nous avons dit comment Molana s'inspirait de cette source intarissable que sont les enseignements et la conduite des messagers, pour exprimer ses pensées et ses directives. Des anecdotes sur la vie des prophètes divins sont relatées dans le Masnavi, permettant à son lecteur d'en avoir une vue globale.
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Nous avons dit, dans la précédente édition du « Chant du soleil », que spirituelle et exceptionnelle, telle est l'image que le Masnavi donne, au même titre que le Coran, du Prophète divin qu'est le Christ - béni soit-il -. Molana évoque dans ses histoires et paraboles, dans la vision coranique, les différents aspects de la vie de Jésus et de Marie. Le saint Coran relate comment Marie fut enceinte, par la volonté divine, et le verset 171 de la sourate « Les femmes » précise : « Le Christ Jésus, fils de Marie, n'est jamais qu'un messager de Dieu, Sa parole qu'Il jeta vers Marie, un Esprit de Sa part. » Pour Molana cette « parole » ou « Esprit » est la lumière divine que reçoivent en héritage les Prophètes et les Imams. Cette même lumière qui donna naissance à Jésus pour guider les hommes en quête de la vérité, pour rendre la vue aux aveugles et la vie aux morts.
Un autre trait saillant du vénéré Jésus fut son aptitude à parler, alors qu'il était un nourrisson, dans son berceau. Ce trait unique a eu une vaste répercussion dans la littérature persane, et a alimenté l'œuvre des poètes iraniens, Molana ne faisant pas exception à la règle. Il évoque le verbe de Jésus dans le berceau et l'explique, selon sa propre vision. Pour lui, les oreilles sourdes n'entendent jamais les enseignements divins et aucun serviteur de Dieu ne parviendra à parler sans ces directives. Aux yeux du poète de Balkh, c'est par la volonté divine que, même, Jésus-Christ parle dans son berceau pour défendre sa mère et la blanchir des accusations qu'on lui attribuait.
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La parabole de la résurrection des morts par le Christ est un autre thème qui a retenu l'intérêt de Molana. Il s'en est servi pour exprimer sa pensée et ses directives. Dès que Molana Jalal al-Din envisage de comparer la puissance physique à la puissance spirituelle, il voit en Galien, la manifestation de la force physique et en Jésus, l'incarnation de la force spirituelle. Dans le regard molavien, si Galien était cent milliers de fois médecin, il ne serait qu'un regret face au souffle messianique.
Ce monde est limité et l'autre infini
La forme et la figure devant ce sens ne pèsent rien
Une centaine de milliers de fois médecins
Galien ne serait que regret face à Jésus et son effluve

Dans l'optique de Molana, nombreux sont les hommes qui sont entachés, voire, enlisés dans les souillures du monde d'ici-bas. De voiles épais se dressent devant eux, et leur Seigneur les prive du souffle messianique. C'est pourquoi, seuls ceux qui sont sincères, au seuil de la cour divine, pourront bénéficier du souffle messianique. La fin de la vie de Jésus a une manifestation poétique dans l'œuvre de Molana. Il avait appelé les itinérants de la voie mystique et tous ceux qui sont en quête de Dieu à être la proie de l'amour. Dans la vision molavienne, c'est le sort inévitable de l'itinérant d'être la proie de l'Ami et de tomber dans son piège, puisque dans l'école de l'amour, il vaut mieux être la proie que le chasseur. A l'école de l'amour, il faut préférer l'atome au soleil pour parvenir à la royauté qui réside dans la servitude.
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Fidèles à notre promesse de vous raconter à chaque édition, une anecdote du Masnavi, nous vous invitons, une fois de plus, à nous accompagner dans le jardin embaumé du monument majestueux de Molana Jalal al-Din, pour pénétrer au cœur d'une expérience spirituelle. Si vous vous en souvenez, nous avons commencé, dans la précédente édition, l'histoire de ce lion, qui rentre dans son royaume, après sa bataille avec l'éléphant. Nous avons dit qu'il était si épuisé qu'il n'avait plus la force de chasser. Il demanda donc au renard de l'aider à chasser et l'envoya dans la prairie, près de la jungle, pour y trouver un âne ou une vache et le ramener vers lui par la ruse. Le renard accepta. Il trouva, enfin, dans un lieu aride, un âne aussi misérable qu'efflanqué, abandonné à son sort, le maître ne voulant plus de lui. Le renard perfide parvint, après maintes ruses, à persuader l'âne de le suivre, jusqu'à la clairière du lion. L'âne accepta, mais en apercevant le lion, il comprit que tout ce que le futé renard lui avait raconté n'était que mensonge malin et promesse creuse. Et n'en demandant pas de reste, il s'enfuit. Et, maintenant, la suite de l'histoire. Il était une fois...
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Furieux de voir tant de ruses et d'efforts tombés à l'eau, le renard interpella le lion et lui demanda pourquoi il n'a pas attendu que l'âne s'approche
Ignores-tu que la précipitation est une ruse de Satan
Que c'est la bénédiction divine, la patience et l'endurance

Le lion s'excusa et essaya de se justifier : « Je croyais que j'étais encore très fort. En outre, la faim m'avait fait perdre patience. » Le lion demanda au renard d'aller chercher, encore une fois, l'âne, lui promettant de nombreux et juteux gibiers. Le renard accepta, en rechignant, et il retourna auprès de l'âne. Dès que ce dernier le vit, il hurla avec fureur : "Que t'avais-je fait pour que tu me conduises chez le lion ?" Le rusé renard chercha une autre astuce et dit : "Il n'y avait pas de lion, c'était de la magie. Tu as cru voir un lion, ce n'était que de l'illusion. J'ai oublié de te le dire." Et l'âne de répondre : " Va-t-en, ô renard ignoble, va-t-en ! Tu ne parviendras plus à me tromper. C'est encore le lion qui t'a envoyé. Au nom de l'amitié, tu me veux du mal. Le mauvais ami est plus épouvantable que le serpent."
Le renard répliqua : "L'illusion ne t'abandonne pas. Tu doutes de moi, qui suis ton ami." Le pauvre âne fit tout pour éloigner le renard et ne pas tomber dans son piège. Mais il se laissa, enfin, convaincre, tant il avait faim, séduit, par les descriptions que le renard lui avait faites de la clairière. C'est ainsi qu'il tomba dans le piège que le renard lui avait tendu. Le lion ne perdit pas, cette fois-ci, l'occasion et terrassa d'un coup le pauvre âne. Assoiffé, le lion s'éloigna pour se désaltérer de l'eau de la source qui était tout près. Le renard sauta sur l'occasion et s'accapara le foie et le cœur de l'âne. Lorsque le lion revint, il déchiqueta le corps du pauvre âne, mais il n'en trouva, ni le cœur, ni le foie. Furieux, il rugit : « Où sont le cœur et le foie de l'âne ? Il n'y a pas d'animal sans foi, ni cœur ». Et le rusé renard répondit sournoisement : "Si cet âne avait un cœur et un foie, aurait-il accepté de retourner chez toi ?"
La morale de la fable nous rappelle, judicieusement, que le cœur sans la lumière de la connaissance, n'est que poussière ; et que de tels hommes sont enchaînés dans la trame et la chaîne des contingences du monde d'ici-bas :
Le cœur sans lumière, n'est pas du cœur
Sans l'âme, il ne serait que de la boue
De tels hommes ne sont que des figures
Ils sont les morts du pain et de l'âme charnelle.

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Voici une autre fable du Masnavi de Molana Jalal al-Din Rûmi qui vient de s'achever et nous voilà au terme d'une autre édition du magazine Le chant du soleil, que nous fermons, pour l'ouvrir très prochainement et vous raconter une autre histoire du Masnavi. Merci de votre fidélité.

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