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lundi, 21 avril 2008 13:21

Pro 48

Le Chant du soleil vous invite à une expérience spirituelle hors du commun, à un voyage merveilleux qui vous introduira dans les arcanes des enseignements d'un poète visionnaire.

Nous allons donc ouvrir Le grand Masnavi, le livre le plus majestueux qu'ait signé le poète des contes, Molana Jalal al-Din. Un recueil de contes, de paraboles et d'allégories qui permet à son auteur d'exprimer ses pensées les plus hautes à travers un langage accessible à tous. Si vous vous en souvenez, nous avons parlé, dans la précédente édition, de la thématique des prophètes, dans le Masnavi du grand poète-mystique de Balkh, et nous avons dit comment Molana s'inspirait de cette source intarissable que sont les enseignements et la conduite des messagers, pour exprimer ses pensées et ses directives. Des anecdotes sur la vie des prophètes divins sont relatées, dans le Masnavi, permettant à son lecteur d'en avoir une vue globale.
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Spirituelle et exceptionnelle, telle est l'image que le Masnavi donne, au même titre que le Coran, du prophète divin qu'est le Christ - béni soit-il -. Molana évoque dans ses histoires et paraboles, dans la vision coranique, les différents aspects de la vie de Jésus et de Marie. Le saint Coran relate comment Marie fut enceinte, par la volonté divine, et le verset 171 de la sourate « Les femmes » précise : « Le Christ Jésus, fils de Marie, n'est jamais qu'un messager de Dieu ; Sa parole qu'Il jeta vers Marie, un Esprit de Sa part. » Pour Molana cette « parole » ou « Esprit » est la lumière divine que reçoivent en héritage les prophètes et les Imams. Cette même lumière qui donna naissance à Jésus, pour guider les hommes, en quête de la Vérité, pour rendre la vue aux aveugles et la vie aux morts.
Du souffle de Gabriel apparut Jésus
Qui serait à l'image de lui ou aurait vu tel que lui

Molana Jalal al-Din recommande aux itinérants de la voie du juste, ainsi qu'aux autres, de focaliser toute leur attention sur les qualités et vertus du Seigneur et d'appréhender Sa lumière chez Ses messagers et Ses Amis, puisqu'il leur est impossible de Le voir. Pour Molana, tous les hommes sont aptes à véhiculer la lumière divine, et cela, à la seule condition d'y être disposé.
Chacun de nous est un Christ de l'univers
Toute douleur trouve chez nous son remède

Molana compare la sainte Marie aux itinérants et mystiques, qui, à son instar, doivent endurer d'innombrables souffrances et difficultés, pour arriver au seuil de la cour divine, pour parvenir au summum de l'initiation et de la connaissance. A ses yeux, le cœur du fervent mystique correspond à Marie et son âme, qui est, pour quelques jours éphémères, l'hôte du corps, à Jésus. Si l'âme du mystique, qui est Jésus, prend la parole, elle parlera de l'Aimé, qui a conquis son cœur. Par la volonté de l'Aimé éternel, le Seigneur, l'amant ouvre la bouche et prononce des sentences les plus sages. Dans la vision molavienne, à l'instar de Marie, qui fut enceinte de Jésus, grâce à la lumière divine, l'itinérant de la voie du Juste, saisira, à la lumière de la guidance, les vérités spirituelles et fera sienne le souffle messianique. Molana rappelle, dans son Masnavi, cette vérité que toutes les âmes sont dotées du souffle messianique. Or, de telles puissances restent occultes, sous le voile des contingences du monde d'ici-bas. Si ce voile est levé, l'âme de l'homme, tout comme le Christ, revivifie le mort. Et pour arriver à un tel degré, l'homme doit se dépouiller, se détacher de tout ce qui est de ce monde
Si tu lèves les voiles de ton âme
Il dit là où tu es, tu as le souffle messianique
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Fidèles à notre promesse de vous raconter à chaque édition, une anecdote du Masnavi, nous vous invitons, une fois de plus, à nous accompagner dans le jardin embaumé du monument majestueux de Molana Jalal al-Din, pour pénétrer au cœur d'une expérience spirituelle avec l'histoire de ce lion, qui, tout épuisé de sa bataille avec l'éléphant, rentre chez lui. Il était une fois...
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Harassé et fatigué de ses longues batailles avec l'éléphant, le Sultan de la jungle, le lion, rentra dans son royaume. Il avait faim, mais il n'avait plus la force de chasser. Affligés d'être témoin d'une situation si lamentables, les autres animaux se tapirent dans un coin ;
Pour un temps, il ne pouvait plus chasser, fatigué qu'il était
Les autres animaux furent privés de déjeuner
Puisqu'ils se nourrissaient des restes du repas du lion

Le lion fut, donc, contraint de chercher une solution. Il demanda au renard de l'aider dans la chasse. Il l'envoya dans la prairie, près de la jungle, pour y trouver un âne ou une vache, de l'emmener vers lui par la ruse. Le renard accepta. Il trouva, enfin, dans un lieu aride, un âne aussi misérable qu'efflanqué, abandonné à son sort, le maître ne voulant plus de lui.
Le renard s'approcha de l'âne
Il le salua chaleureusement et s'approcha
De ce derviche au cœur simple
Il lui dit que fais tu dans ce désert aride
Parmi ces pierres et dans ce lieu sec

L'âne répondit : « Que je sois dans le désert aride ou dans le jardin du paradis, je loue le Seigneur, je me résigne à ce qui est ma part ». Le renard voyait dans la résignation de l'âne un obstacle à sa machination pour le séduire. Il dit alors qu'il fallait être content de ce que le Seigneur vous envoie, mais il faut travailler et agir pour parvenir à ce que Dieu nous a réservé.
Et l'âne de répondre : « De telles préoccupations et de tels efforts qui te rendent si soucieux, c'est parce que tu ne t'en remets pas à Dieu ; celui qui a confiance en la Providence, aura sa part, il suffit d'être patient et endurant. »
Il dit : cela relève du manque de confiance
Sinon le Seigneur donnera du pain à celui à qui Il a donné la vie
Il nourrit toutes Ses créatures
Remettra à chacune sa part

Le renard répliqua : « Mais qu'est-ce que tu dis. S'en remettre à Dieu n'est pas à la hauteur de tout un chacun ; rares sont ceux qui sauront se confier au Seigneur. Et l'âne de dire : « Tu as mal compris ; le mal relève de la cupidité. Personne ne mourra de la sobriété, et la cupidité n'enverra personne sur le trône royal. Le renard insista, parla encore et encore. L'âne et le renard ne finissaient pas de discuter de la quête et de la résignation. Fatigué de tant d'entêtement, le renard comprit qu'il fallait agir d'une autre manière. Il changea de méthode. Il s'adressa à l'âne et lui demanda de quitter ce désert aride pour une prairie verdoyante. Le renard décrivait avec une telle adresse la prairie et en vantait si bien les mérites que l'âne le crût. Le maître renard conduisit donc le pauvre âne vers le lion. Ils s'approchaient vers le lion qui se préparait à attaquer l'âne. Mais de loin, l'âne l'aperçut et se sauva.
Dès que l'âne le perçut de loin il prit la fuite
Et se sauva jusqu'au pied de la montagne
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Or qu'adviendra-t-il au pauvre âne ? Se résignera-t-il à se livrer au lion et à lui servir de gibier ? Ou parviendra-t-il à sauver sa peau ? C'est ce que nous saurons, dans la prochaine édition. Merci de votre fidélité.

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