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samedi, 19 avril 2008 12:58

Pro 47

Le Chant du soleil vous invite à une expérience spirituelle hors du commun, à un voyage merveilleux qui vous introduira dans les arcanes des enseignements d'un poète visionnaire.

Nous allons donc ouvrir le livre majestueux, Le grand Masnavi qu'ait signé le poète des contes, Molana Jalal al-Din. Un recueil de contes, de paraboles et d'allégories qui permet à son auteur d'exprimer ses pensées les plus hautes à travers un langage accessible à tous. Si vous vous souvenez nous avons parlé dans la précédente édition de la thématique des prophètes dans le Masnavi du grand poète-mystique de Balkh, et nous avons dit comment Molana s'inspirait de cette source intarissable que sont les enseignements et de la conduite des messagers pour exprimer ses pensées et ses directives. Des anecdotes sur la vie des prophètes divins sont relatées dans le Masnavi, permettant à son lecteur d'en avoir une vue globale.
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Molana relate, selon son propre style, la vie des messagers divins. Il en raconte un épisode, un événement ou une partie pour arriver ensuite à la morale du récit, qu'il considère comme la clé de voûte du récit, l'objectif principal du poème. Molana relate dans le moindre détail et avec une grande précision les différents épisodes du récit, ce qui le fait distinguer de ses autres collègues. Pour lui, la vie d'un messager divin n'est pas un simple récit qui se déroule une fois dans un temps et en un lieu précis. Il s'agit plutôt d'un événement intemporel qui se répète à l'infini chez tout un chacun. Moïse - béni soit-il - s'est consacré de belles pages du Masnavi. Les différents épisodes de la vie de ce prophète divin ont alimenté nombre d'anecdotes et de récit que le poète décrit avec subtilité, dans son style unique. A titre d'exemple la rencontre de Moïse et de Pharaon et leur dialogue sont à maintes reprises, et à différentes occasions évoqués dans les récits du Masnavi.
Lorsque Moïse fut chargé par le Tout-puissant de guider les fils d'Israël sur la voie droite et de leur transmettre la promesse divine qu'est la délivrance du joug de Pharaon, il se rendit chez ce dernier. Il lui annonça qu'il était l'Envoyé de Dieu. Moïse appela Pharaon au Verbe divin, à la religion et au monothéisme et il lui demanda de ne plus tyranniser les Israélites. Les questions et les réponses échangées entre Moïse et Pharaon ont été traitées sous la plume de Molana avec la finesse et la subtilité qui lui sont propres. Dans ce dialogue, Moïse incarne la raison et Pharaon l'illusion. Pour Molana, c'est à l'aune de la Révélation divine et de la conduite des messagers que l'on distingue la raison de l'illusion. Ce qui empêche le pharaon à saisir toute la portée de l'appel de Moïse, n'est que l'illusion qui l'a totalement envahi. Pharaon ne comprend que tout ce qui matière et concret, il est incapable d'avoir une juste conception de la spiritualité. Il n'a donc aucun sens de la lumière de la raison, qui donne à l'homme la faculté de comprendre tout ce qui relève du divin. Aux yeux de Molana, le cœur des partisans du faux est dépourvu de cette limpidité qui permet de saisir la Vérité. Il n'est donc pas surprenant que Pharaon reste aveugle aux signes divins dans les miracles de Moïse et qu'il persiste dans son obscurantisme.
Que le miroir du cœur reste limpide
Pour y pouvoir distinguer le laid du beau

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Dans l'optique molavienne, Pharaon et Moïse, en tant que deux êtres humains avancent vers le destin que la Providence leur a prescrit. Si le pharaon est incapable de se dégager de l'impiété, c'est que son cœur était endurci et appesanti, alors que la sollicitation d'un cœur impur n'est pas exaucée. Pour Molana la pureté du cœur au moment de la prière est si importante qu'elle concerne même les messagers.
Il dit : O Moïse cherche refuge près de Moi
Par une bouche qui est écartée de tout péché

Le Seigneur demande à Moïse de l'appeler par une bouche qui n'a jamais péché et lorsque Moïse s'exclame où il trouvera une telle bouche, on lui répond : O Moïse appelle Nous par l'intermédiaire de la langue d'une autre personne ou purifie ta bouche, ce qui nécessite de ne même pas penser au péché. Le dialogue de Moïse et du pharaon est un échec, quoique le prophète divin fasse tout son possible pour guider le souverain vers la voie du salut. Or, Molana exploite à fond cette conversation pour exprimer des points fins et les secrets de l'itinéraire mystique et de l'itinérant.
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Les miracles de Moïse occupent aussi une place notoire chez Molana Jalal al-Din. Il les mentionne à diverses occasions dans les récits du Masnavi. En l'occurrence, il traite dans une vision gnostique ce miracle de Moïse qui fait de sa verge un serpent ou les eaux changées en sang. Le vénéré Moïse avait une verge qui se transformait par la volonté divine en un serpent, lorsqu'il le jetait par terre. Or, Pharaon dont le cœur était appesanti, refusait d'y reconnaître un miracle, et le qualifiait en plus de magie. Pharaon est si enlisé dans les ténèbres de son illusion qu'il est incapable de faire distinction entre un prophète inspiré tel que Moïse et lui-même, et de comprendre la portée de ce miracle.
Dans la vision molavienne, chaque particule de cet univers voit et entend, et il parle seulement à celui qui est initié aux secrets de l'existence.
Nous sommes voyants, entendants et allègres
Nous gardons silence devant vous les intrus

Les eaux du Nil changées en sang sont un autre miracle que Moïse utilisa, par ordre divin, pour avertir Pharaon et l'appeler à la foi en Dieu. Selon le récit relaté par Molana, les eaux du Nil restent limpides et délicieux pour les croyants tandis qu'elles se sont changées en sang pour les mécréants. C'est ainsi que même les créatures apparemment inertes ont la faculté de comprendre et de faire distinction entre croyant et impie. Pour Molana, le Nil est un être vivant qui n'agit que selon l'ordre divin et lorsque le Tout-puissant l'interdit au mécréant, tant qu'il ne désavoue l'impiété, il ne pourra pas profiter de l'eau du Nil.
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Fidèles à notre promesse de vous raconter à chaque édition, une anecdote du Masnavi, nous vous invitons, une fois de plus, à nous accompagner dans le jardin embaumé du monument majestueux de Molana Jalal al-Din pour pénétrer au cœur d'une expérience spirituelle avec l'histoire d'un chasseur qui captura par ruse un oiseau. Il était une fois...
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Un chasseur tendit un piège et captura par ruse un oiseau. Du tact au tact, l'oiseau aussi eu recours à la ruse pour se délivrer. Il dit : « A quoi servira, un grand chasseur comme toi, de capturer un oiseau aussi faible que moi ? »
Tu as avalé tant de vaches et de génisses
Tu as sacrifié tant de chameaux
Et si tout cela ne t'a pas rassasié
Tu ne sentiras pas non plus rassasié en me mangeant

L'oiseau poursuivit : « Si tu renonces à me tuer et si tu t'imagines que tu as avalé moi, un faible oiseau, ô homme loyal et généreux je te donnerai en échange trois conseils qui te serviront beaucoup dans la vie.
Je te donnerai le premier
Alors que je suis toujours dans ta main
Le second, je le donnerai
Lorsque je serai libre et assis sur le mur
Et le troisième viendra
Lorsque je m'envolerai de l'arbre

Le chasseur réfléchit un moment et accepta la proposition du fin oiseau. Il attendit avec impatience le premier conseil. L'oiseau qui ne pouvait cacher sa joie, lui dit : « Le premier conseil est de ne croire jamais de la part de personne, à l'impossible. » Le chasseur délivra l'oiseau, qui s'envola vers le mur. Du haut du mur, il donna au chasseur le second conseil : « Ne regrette jamais le passé. » Après avoir donné ces deux conseils, l'oiseau interpella le chasseur : « En fait je dois te dire une chose que tu ignores. Sache que j'avais dans le ventre un précieux joyau de dix carats, avec lequel tu serais riche. » Le chasseur ne put s'empêcher de regretter d'avoir libérer l'oiseau
Il fut affligé et se reprochait
Hélas ! Hélas ! Qu'ai-je fait
Je me suis perdu
Pourquoi t'ai-je délivré
Par ta ruse tu m'as perdu

Et l'oiseau de lui répondre : Ecoute, tu n'as pas suivi mes deux premiers conseils. Je t'avais recommandé de ne pas regretter le passé et de ne jamais croire à l'impossible. Un petit oiseau comme moi qui ne pèse que trois dirhams de pierre comment pourrait-il porter un joyau de dix carats dans son ventre. Honteux le chasseur lui demanda de lui donner alors le troisième conseil. Et l'oiseau de répondre
Et oui ; tu as bien suivi mes deux premiers conseils
Pour que je te donne gratuitement le troisième.
Il dit cela et s'envola tout allègre
Et libre et joyeux, il prit son envole vers la plaine

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Voilà, c'était une autre histoire du Masnavi. Soyez nombreux à la prochaine édition du magazine « Le chant du soleil » où nous vous raconterons un autre conte, tiré de l'œuvre majestueuse de Molana Jalal al-Din de Balkh Merci de votre fidélité et à bientôt.

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