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jeudi, 10 avril 2008 10:42

Pro 46

Il y a 800 ans, un poète issu de l'Iran s'est fait le chantre de l'amour mystique, appelant le monde entier à l'amour, à la clémence.

Figure de proue de la poésie persane et de la gnose islamique, Jalâl al-Din Mohammad Balkhi, connu, aussi, sous les noms de Molana et de Molawi ou le Maître, a relaté, à travers son œuvre monumentale, le récit de l'amour, le récit des effervescences des états mystiques.
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Molana Jalal al-Din est un poète magnifique, auteur d'une somme poétique considérable. Ses ghazals mystiques en sont un splendide témoignage : il y parle de son ascension, ou de sa descente, dans la mer du Divin, dont il est lui-même « un flocon d'écume ». « Dans le cœur passe une image : ‘'Retourne vers Ta Source''. Alors le cœur s'enfuit de tout côté, loin du monde des couleurs et des parfums, en criant : ‘'Où donc est la source ?'' et en déchirant ses vêtements par amour.», s'exclame Molana Jalal al-Din, dans un de ses ghazals, du Divan-e kabir ou Le grand recueil. Ce désir de retour chez Molana est né d'une épreuve terrible dans sa vie : la disparition de Shams, dont la rencontre avait changé sa vie. Shams joua pour lui le rôle d'un maître spirituel. Il lui offrit le joyau de l'amour. De lui, Molana apprit l'Amour divin, la joie d'être aimé, une joie qui émane de Celui qui est aimé.
Avant de tourner les pages de cette œuvre majestueuse de Molana qu'est son Masnavi, et de vous raconter une autre anecdote, nous vous parlerons, quoique sommairement, de ce qui distingue Molana des autres poètes persans.
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Molana Jalal al-Din manie, avec brio, figures, allégories et métaphores qu'il tisse dans la trame et la chaîne d'une rhétorique mélodieuse, où le poète va parfois si loin dans sa passion pour la musicalité du verbe qu'il dépouille les mots de tout leur sens pour n'en rester que des sons. Outre sa sublime musicalité, qui caractérise le verbe molavien, dans le sens littéral du terme, Molana se distingue, surtout, parmi les Grands Classiques de la poésie persane, par ses innovations.
Avant Molana et même quelque temps après lui, c'était sur la louange du Seigneur et de son Prophète que s'ouvrait le Divan de tout Grand Classique persan. Feuilletons le Golestân de Saadi ou son Bustân, le Divan des ghazals de Hafez, Les sept princesses de Nezami, Le Shâh-Nâme de Ferdowsi, La conférence des oiseaux de Attar, le Divan des poètes symboliques, dont Saëb, Bidel ... et la liste n'en finit pas, tous et tout commence par la louange de Dieu Tout-puissant et de son Messager, le très vénéré Mohammad - que la paix divine soit à lui et à ses descendants - . Le grand poète et mystique du XIIIe siècle, Molana Jalal al-Din, ne fait pas exception à la règle, à cette différence près que l'évocation du nom des messagers divins, et, à leur tête, le Sceau des prophètes, est unique en son genre. Dispersés partout dans les six livres du Masnavi, les anecdotes et les récits sur les messagers divins évoquent l'immensité de la ferveur de l'auteur envers le Créateur unique et à ses messagers.
Le Masnavi évoque, par métaphores et allégories, les enseignements divins édifiants sur fond de la pensée gnostique, ainsi que le respect profond de son auteur envers les messagers de Dieu qui sont presque tous cités, à travers ce monument de la littérature persane. Les plus belles pages du Masnavi se réalisent, dès que le nom du Sceau des prophètes est mentionné. Comme si l'âme de Molana, tel le cœur d'un oiseau dans la cage, palpite d'impatience, pour briser les chaînes et s'envoler, libre et joyeux dans les cieux. Parfois, le poète est incapable de maîtriser les impulsions de cette ferveur incommensurable et implose ; la plume se brise sur le papier et l'encre coule.
La plume qui courait sur le papier
Se brisa dès qu'il arriva au mot amour
Le soleil fut la preuve du soleil
Si tu cherches une preuve
Ne te détourne pas du soleil

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Nous allons pénétrer, maintenant, au cœur de l'expérience spirituelle hors du commun de Molana, et nous vous raconterons une autre anecdote du Masnavi. Lorsque deux êtres n'ont aucune homogénéité, l'un avec l'autre, les conversations languissent, les repas sont lugubres et les moments qu'ils passeront ensemble, ennuyeux. C'est justement ce qui est arrivé à un chevreuil, lorsqu'il s'est, soudainement, trouvé au milieu de l'étable des ânes, et que Molana nous a relaté, à travers l'anecdote « Le chevreuil dans l'étable des ânes », avec verve, dans son Masnavi.
Forcer d'aucun à cohabiter avec son antipode
Dirait-on qu'on lui a assené la peine capitale

Il était une fois...

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Un chevreuil tomba dans le piège d'un chasseur, qui l'emmena chez lui et le mit dans l'étable des ânes. Le pauvre animal fut terrifié à la vue de ces énormes bêtes qui l'entouraient. Tremblant et affolé, il courait d'un coin à l'autre, à la recherche d'un abri. Le chasseur apporta de grandes bottes de foin à l'étable et les jeta devant les ânes et les bœufs, qui s'y ruèrent. Ils mangeaient avec grand bruit le foin. Et notre petit chevreuil qui ne pouvait pas supporter tant de bruit et de poussière, se réfugia dans un coin.
Un chasseur captura un chevreuil
Il le jeta dans l'étable
Comme un tyran, il enferma le chevreuil
Dans cet étable plein d'ânes et de vaches
Affolé, le chevreuil courait par-ci par-là
Le chasseur jeta devant les ânes du foin
Que chacun mangeait avec délice
Comme s'il prenait du sucre
Tantôt le chevreuil se réfugiait dans un coin
Tantôt il cachait son museau dans un autre recoin

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Hélas, les jours passaient et le beau chevreuil gracile était toujours captif dans l'étable. A l'instar d'un poisson jeté hors de l'eau, il se tortillait :
Les jours ce chevrotin à musc
Vivait la torture dans l'étable de l'âne

Les ânes ricanaient et ne se lassaient pas de le tourmenter. Un premier disait : « Il se prend pour qui ! Comme s'il avait tiré de la mer en pleine tempête, un joyau rare », et l'autre ricanait : « Avec tant de coquetterie et de courtoisie, il ferait mieux de monter sur le trône. » Un des ânes s'arrêta de manger et invita le chevreuil à se nourrir des restes de son repas. Le chevreuil dit non de la tête. « Je n'ai pas faim », dit-il. Et l'âne de répliquer : « Ah, tu veux faire le difficile ». Le chevreuil lui répondit : « C'est toi qui te nourris de foin. Il te donne de la vitalité et te permet de vivre. Tu ignores qui je suis, où j'ai vécu, et de quoi je me nourris; tu ne connais pas mes pensées :
Si le sort nous a jeté dans la misère
Nous ne perdons pas pour autant notre nature et goût
Si je suis devenu pauvre
Ma nature ne sera point misérable
Si mes habits sont usés, moi-même je suis neuf

Et l'âne lui cria : « Fi la hâblerie ; il est vrai qu'on peut se vanter, hors de chez soi ». Et le chevreuil de répondre : « Ce n'est point de vantardise, mon musc témoigne de la véracité de mes dires »
Or qui sentira ce musc ? Celui qui en sera digne
Hélas, ce musc fut perdu auprès de l'âne
Ne connaissant que l'excrément.

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C'est tout pour aujourd'hui. Mais soyez encore nombreux à la prochaine édition du magazine « Le chant du soleil », où nous vous raconterons une autre histoire du Masnavi. Merci de votre fidélité.
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47ème partie

Le Chant du soleil vous invite à une expérience spirituelle hors du commun, à un voyage merveilleux qui vous introduira dans les arcanes des enseignements d'un poète visionnaire. Nous allons donc ouvrir le livre majestueux, Le grand Masnavi qu'ait signé le poète des contes, Molana Jalal al-Din. Un recueil de contes, de paraboles et d'allégories qui permet à son auteur d'exprimer ses pensées les plus hautes à travers un langage accessible à tous. Si vous vous souvenez nous avons parlé dans la précédente édition de la thématique des prophètes dans le Masnavi du grand poète-mystique de Balkh, et nous avons dit comment Molana s'inspirait de cette source intarissable que sont les enseignements et de la conduite des messagers pour exprimer ses pensées et ses directives. Des anecdotes sur la vie des prophètes divins sont relatées dans le Masnavi, permettant à son lecteur d'en avoir une vue globale.
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Molana relate, selon son propre style, la vie des messagers divins. Il en raconte un épisode, un événement ou une partie pour arriver ensuite à la morale du récit, qu'il considère comme la clé de voûte du récit, l'objectif principal du poème. Molana relate dans le moindre détail et avec une grande précision les différents épisodes du récit, ce qui le fait distinguer de ses autres collègues. Pour lui, la vie d'un messager divin n'est pas un simple récit qui se déroule une fois dans un temps et en un lieu précis. Il s'agit plutôt d'un événement intemporel qui se répète à l'infini chez tout un chacun. Moïse - béni soit-il - s'est consacré de belles pages du Masnavi. Les différents épisodes de la vie de ce prophète divin ont alimenté nombre d'anecdotes et de récit que le poète décrit avec subtilité, dans son style unique. A titre d'exemple la rencontre de Moïse et de Pharaon et leur dialogue sont à maintes reprises, et à différentes occasions évoqués dans les récits du Masnavi.
Lorsque Moïse fut chargé par le Tout-puissant de guider les fils d'Israël sur la voie droite et de leur transmettre la promesse divine qu'est la délivrance du joug de Pharaon, il se rendit chez ce dernier. Il lui annonça qu'il était l'Envoyé de Dieu. Moïse appela Pharaon au Verbe divin, à la religion et au monothéisme et il lui demanda de ne plus tyranniser les Israélites. Les questions et les réponses échangées entre Moïse et Pharaon ont été traitées sous la plume de Molana avec la finesse et la subtilité qui lui sont propres. Dans ce dialogue, Moïse incarne la raison et Pharaon l'illusion. Pour Molana, c'est à l'aune de la Révélation divine et de la conduite des messagers que l'on distingue la raison de l'illusion. Ce qui empêche le pharaon à saisir toute la portée de l'appel de Moïse, n'est que l'illusion qui l'a totalement envahi. Pharaon ne comprend que tout ce qui matière et concret, il est incapable d'avoir une juste conception de la spiritualité. Il n'a donc aucun sens de la lumière de la raison, qui donne à l'homme la faculté de comprendre tout ce qui relève du divin. Aux yeux de Molana, le cœur des partisans du faux est dépourvu de cette limpidité qui permet de saisir la Vérité. Il n'est donc pas surprenant que Pharaon reste aveugle aux signes divins dans les miracles de Moïse et qu'il persiste dans son obscurantisme.
Que le miroir du cœur reste limpide
Pour y pouvoir distinguer le laid du beau

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Dans l'optique molavienne, Pharaon et Moïse, en tant que deux êtres humains avancent vers le destin que la Providence leur a prescrit. Si le pharaon est incapable de se dégager de l'impiété, c'est que son cœur était endurci et appesanti, alors que la sollicitation d'un cœur impur n'est pas exaucée. Pour Molana la pureté du cœur au moment de la prière est si importante qu'elle concerne même les messagers.
Il dit : O Moïse cherche refuge près de Moi
Par une bouche qui est écartée de tout péché

Le Seigneur demande à Moïse de l'appeler par une bouche qui n'a jamais péché et lorsque Moïse s'exclame où il trouvera une telle bouche, on lui répond : O Moïse appelle Nous par l'intermédiaire de la langue d'une autre personne ou purifie ta bouche, ce qui nécessite de ne même pas penser au péché. Le dialogue de Moïse et du pharaon est un échec, quoique le prophète divin fasse tout son possible pour guider le souverain vers la voie du salut. Or, Molana exploite à fond cette conversation pour exprimer des points fins et les secrets de l'itinéraire mystique et de l'itinérant.
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Les miracles de Moïse occupent aussi une place notoire chez Molana Jalal al-Din. Il les mentionne à diverses occasions dans les récits du Masnavi. En l'occurrence, il traite dans une vision gnostique ce miracle de Moïse qui fait de sa verge un serpent ou les eaux changées en sang. Le vénéré Moïse avait une verge qui se transformait par la volonté divine en un serpent, lorsqu'il le jetait par terre. Or, Pharaon dont le cœur était appesanti, refusait d'y reconnaître un miracle, et le qualifiait en plus de magie. Pharaon est si enlisé dans les ténèbres de son illusion qu'il est incapable de faire distinction entre un prophète inspiré tel que Moïse et lui-même, et de comprendre la portée de ce miracle.
Dans la vision molavienne, chaque particule de cet univers voit et entend, et il parle seulement à celui qui est initié aux secrets de l'existence.
Nous sommes voyants, entendants et allègres
Nous gardons silence devant vous les intrus

Les eaux du Nil changées en sang sont un autre miracle que Moïse utilisa, par ordre divin, pour avertir Pharaon et l'appeler à la foi en Dieu. Selon le récit relaté par Molana, les eaux du Nil restent limpides et délicieux pour les croyants tandis qu'elles se sont changées en sang pour les mécréants. C'est ainsi que même les créatures apparemment inertes ont la faculté de comprendre et de faire distinction entre croyant et impie. Pour Molana, le Nil est un être vivant qui n'agit que selon l'ordre divin et lorsque le Tout-puissant l'interdit au mécréant, tant qu'il ne désavoue l'impiété, il ne pourra pas profiter de l'eau du Nil.
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Fidèles à notre promesse de vous raconter à chaque édition, une anecdote du Masnavi, nous vous invitons, une fois de plus, à nous accompagner dans le jardin embaumé du monument majestueux de Molana Jalal al-Din pour pénétrer au cœur d'une expérience spirituelle avec l'histoire d'un chasseur qui captura par ruse un oiseau. Il était une fois...
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48ème partie

Le Chant du soleil vous invite à une expérience spirituelle hors du commun, à un voyage merveilleux qui vous introduira dans les arcanes des enseignements d'un poète visionnaire. Nous allons donc ouvrir Le grand Masnavi, le livre le plus majestueux qu'ait signé le poète des contes, Molana Jalal al-Din. Un recueil de contes, de paraboles et d'allégories qui permet à son auteur d'exprimer ses pensées les plus hautes à travers un langage accessible à tous. Si vous vous en souvenez, nous avons parlé, dans la précédente édition, de la thématique des prophètes, dans le Masnavi du grand poète-mystique de Balkh, et nous avons dit comment Molana s'inspirait de cette source intarissable que sont les enseignements et la conduite des messagers, pour exprimer ses pensées et ses directives. Des anecdotes sur la vie des prophètes divins sont relatées, dans le Masnavi, permettant à son lecteur d'en avoir une vue globale.
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Spirituelle et exceptionnelle, telle est l'image que le Masnavi donne, au même titre que le Coran, du prophète divin qu'est le Christ - béni soit-il -. Molana évoque dans ses histoires et paraboles, dans la vision coranique, les différents aspects de la vie de Jésus et de Marie. Le saint Coran relate comment Marie fut enceinte, par la volonté divine, et le verset 171 de la sourate « Les femmes » précise : « Le Christ Jésus, fils de Marie, n'est jamais qu'un messager de Dieu ; Sa parole qu'Il jeta vers Marie, un Esprit de Sa part. » Pour Molana cette « parole » ou « Esprit » est la lumière divine que reçoivent en héritage les prophètes et les Imams. Cette même lumière qui donna naissance à Jésus, pour guider les hommes, en quête de la Vérité, pour rendre la vue aux aveugles et la vie aux morts.
Du souffle de Gabriel apparut Jésus
Qui serait à l'image de lui ou aurait vu tel que lui

Molana Jalal al-Din recommande aux itinérants de la voie du juste, ainsi qu'aux autres, de focaliser toute leur attention sur les qualités et vertus du Seigneur et d'appréhender Sa lumière chez Ses messagers et Ses Amis, puisqu'il leur est impossible de Le voir. Pour Molana, tous les hommes sont aptes à véhiculer la lumière divine, et cela, à la seule condition d'y être disposé.
Chacun de nous est un Christ de l'univers
Toute douleur trouve chez nous son remède

Molana compare la sainte Marie aux itinérants et mystiques, qui, à son instar, doivent endurer d'innombrables souffrances et difficultés, pour arriver au seuil de la cour divine, pour parvenir au summum de l'initiation et de la connaissance. A ses yeux, le cœur du fervent mystique correspond à Marie et son âme, qui est, pour quelques jours éphémères, l'hôte du corps, à Jésus. Si l'âme du mystique, qui est Jésus, prend la parole, elle parlera de l'Aimé, qui a conquis son cœur. Par la volonté de l'Aimé éternel, le Seigneur, l'amant ouvre la bouche et prononce des sentences les plus sages. Dans la vision molavienne, à l'instar de Marie, qui fut enceinte de Jésus, grâce à la lumière divine, l'itinérant de la voie du Juste, saisira, à la lumière de la guidance, les vérités spirituelles et fera sienne le souffle messianique. Molana rappelle, dans son Masnavi, cette vérité que toutes les âmes sont dotées du souffle messianique. Or, de telles puissances restent occultes, sous le voile des contingences du monde d'ici-bas. Si ce voile est levé, l'âme de l'homme, tout comme le Christ, revivifie le mort. Et pour arriver à un tel degré, l'homme doit se dépouiller, se détacher de tout ce qui est de ce monde
Si tu lèves les voiles de ton âme
Il dit là où tu es, tu as le souffle messianique
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Fidèles à notre promesse de vous raconter à chaque édition, une anecdote du Masnavi, nous vous invitons, une fois de plus, à nous accompagner dans le jardin embaumé du monument majestueux de Molana Jalal al-Din, pour pénétrer au cœur d'une expérience spirituelle avec l'histoire de ce lion, qui, tout épuisé de sa bataille avec l'éléphant, rentre chez lui. Il était une fois...
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Harassé et fatigué de ses longues batailles avec l'éléphant, le Sultan de la jungle, le lion, rentra dans son royaume. Il avait faim, mais il n'avait plus la force de chasser. Affligés d'être témoin d'une situation si lamentables, les autres animaux se tapirent dans un coin ;
Pour un temps, il ne pouvait plus chasser, fatigué qu'il était
Les autres animaux furent privés de déjeuner
Puisqu'ils se nourrissaient des restes du repas du lion

Le lion fut, donc, contraint de chercher une solution. Il demanda au renard de l'aider dans la chasse. Il l'envoya dans la prairie, près de la jungle, pour y trouver un âne ou une vache, de l'emmener vers lui par la ruse. Le renard accepta. Il trouva, enfin, dans un lieu aride, un âne aussi misérable qu'efflanqué, abandonné à son sort, le maître ne voulant plus de lui.
Le renard s'approcha de l'âne
Il le salua chaleureusement et s'approcha
De ce derviche au cœur simple
Il lui dit que fais tu dans ce désert aride
Parmi ces pierres et dans ce lieu sec

L'âne répondit : « Que je sois dans le désert aride ou dans le jardin du paradis, je loue le Seigneur, je me résigne à ce qui est ma part ». Le renard voyait dans la résignation de l'âne un obstacle à sa machination pour le séduire. Il dit alors qu'il fallait être content de ce que le Seigneur vous envoie, mais il faut travailler et agir pour parvenir à ce que Dieu nous a réservé.
Et l'âne de répondre : « De telles préoccupations et de tels efforts qui te rendent si soucieux, c'est parce que tu ne t'en remets pas à Dieu ; celui qui a confiance en la Providence, aura sa part, il suffit d'être patient et endurant. »
Il dit : cela relève du manque de confiance
Sinon le Seigneur donnera du pain à celui à qui Il a donné la vie
Il nourrit toutes Ses créatures
Remettra à chacune sa part

Le renard répliqua : « Mais qu'est-ce que tu dis. S'en remettre à Dieu n'est pas à la hauteur de tout un chacun ; rares sont ceux qui sauront se confier au Seigneur. Et l'âne de dire : « Tu as mal compris ; le mal relève de la cupidité. Personne ne mourra de la sobriété, et la cupidité n'enverra personne sur le trône royal. Le renard insista, parla encore et encore. L'âne et le renard ne finissaient pas de discuter de la quête et de la résignation. Fatigué de tant d'entêtement, le renard comprit qu'il fallait agir d'une autre manière. Il changea de méthode. Il s'adressa à l'âne et lui demanda de quitter ce désert aride pour une prairie verdoyante. Le renard décrivait avec une telle adresse la prairie et en vantait si bien les mérites que l'âne le crût. Le maître renard conduisit donc le pauvre âne vers le lion. Ils s'approchaient vers le lion qui se préparait à attaquer l'âne. Mais de loin, l'âne l'aperçut et se sauva.
Dès que l'âne le perçut de loin il prit la fuite
Et se sauva jusqu'au pied de la montagne
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Or qu'adviendra-t-il au pauvre âne ? Se résignera-t-il à se livrer au lion et à lui servir de gibier ? Ou parviendra-t-il à sauver sa peau ? C'est ce que nous saurons, dans la prochaine édition. Merci de votre fidélité.

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