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samedi, 13 avril 2013 12:55

125ème partie

IRIB- Il était une fois... Une formule, qui éveille, chez chacun de nous, toute notre enfance, cette enfance bercée par ce mot magique.

Combien de fois l'avons-nous entendu, ce mot magique de la bouche de notre mère ou grand-mère, qui, de sa voix douce et tendre, nous a raconté ces contes et  histoires, qu'elle avait entendus de sa mère et elle même de sa mère...

Comme il est de tradition, dans ce magazine, nous vous présenterons  une anecdote tirée du thesaurus de la littérature persane ; cette fois-ci ; nous voyagerons ; dans l'espace et le temps ; avec une anecdote du Masnavi, ce monument majestueux de Molana Jalal al-Din, pour  pénétrer au cœur d'une expérience spirituelle,  avec une autre histoire que le grand poète nous relate, dans son beau et chaleureux langage. Nous vous raconterons, ensuite, l'histoire, qui a donné naissance à un proverbe iranien. L'art et la vertu sont des mannes divines, qui ne s'obtiennent pas, par ruse, ni par artifice. L'histoire de ce chacal que nous raconte Molana, ce sage parmi les sages, dans son  Masnavi, illustre cette précieuse sentence.

Il était une fois, dans les temps anciens, un chacal, qui tomba, dans la jarre de teinture ; il y resta un moment, et quand il en sortit, il constata que sa pelure était  toute colorée, comme un beau paon multicolore. Lorsqu'il se vit tout en vert, rouge, blond et jaune, il s'en réjouit, et il se dépêcha de rejoindre ses congénères. «Je ne suis plus un chacal», leur lança-t-il, non sans fierté. «Regardez-moi, ma peau et ma pelure multicolore. Admirez en moi ce paon que je suis, si haut placé. Mon rang et ma dignité sont au zénith. Je ne suis plus de vous, vous chacals, si vils».

Les chacals l'entourèrent, le bombardant de leurs questions, ils lui demandèrent de leur raconter ce qui lui était passé. L'un des chacals l'interpella : «Qu'est-ce qu'est cette nouvelle machination ? Quel est cet artifice, pour se rendre intéressant, parmi ses congénères, pour qu'ils parlent de lui ?» Et le chacal de répliquer : «Ma place est dans le jardin paradisiaque. Je suis votre point de mire, votre bien-aimé. Ouvrez vos yeux et regardez-moi, embelli par ces couleurs. Je suis une idole, aucun temple ne peut se vanter de posséder une idole aussi belle que moi. Aucun idolâtre n'a taillé une idole aussi  magnifique que moi. Mais, bon sang,  pourquoi  vous ne vous prosternez  pas devant moi ?»

«Ô viles créatures mesquines que vous êtes, les chacals, admirez mon faste, ma splendeur et ma grandeur, sollicitez, humblement, ma sollicitude, puisque je suis la manifestation de la clémence divine, le miroir véridique de la puissance divine. Honte à vous, les chacals, ne m'appelez plus, ni chacal, ni du nom de tout autre bête, ni même homme ou ange, puisque je représente la miséricorde divine. Avez-vous vu ou entendu un chacal aussi beau, aussi magnifique ?»

Les chacals s'empressaient autour de lui. Ils lui demandèrent  comment l'appeler désormais ? Il répondit : «Je suis le paon». Ils répliquèrent : «Le paon danse, dans tout son faste, au milieu de la prairie. En fais-tu autant ?» Il dit non. Les chacals demandèrent : «Ta voix est-elle comme celle due paon ?» La réponse fut encore négative. Agacés, les chacals renchérirent : «Mais alors, comment peux-tu prétendre que tu es un paon. On ne peut pas être un paon, par la seule prétention d'en être. «Tu n'es qu'un chacal coloré, et pas un paon. Tu es ce chacal, qui nous a leurrés, et tu t'es fait passer pour un paon. Tu ignores, donc,  que  c'est le Seigneur qui a mis en dépôt, par magnanimité, dans chacune de Ses créatures, les vertus et les compétences. Tout le monde ne mérite pas d'être un paon. Malheur à toi ! Toutes tes couleurs ne parviendront pas à faire de toi un paon !»

«Rien n'est plus facile que le travail du forgeron : aplatis, tu en fais une pelle, allonge, tu en fais une tringle». Il s'agit bien du proverbe de la semaine ; nous allons vous raconter qui l'a dit la première fois et pourquoi.

Il est relaté qu'une vieille femme n'avait, dans ce monde, qu'un fils. Cela faisait, maintenant, de longues années qu'elle avait perdu son mari. Elle s'était, donc, entièrement, dévouée à son fils, pour lui donner une bonne éducation. Mais ce n'était qu'un enfant gâté. Les voisins disaient à la vieille femme : «Ne gâte pas autant ton fils, il est, maintenant, un grand garçon, envoie-le apprendre un métier, pour subvenir à ses besoins». La vieille femme, aussi, ne souhaitait nullement que son fils soit un fainéant ou un bon à rien. Elle emmena, donc, un beau jour, son fils, chez un forgeron,  lui demanda d'accepter le garçon, comme apprenti, et de lui apprendre le métier. Le forgeron, qui connaissait la vieille femme et qui souhaitait l'aider, accepta.

Le lendemain, le garçon se rendit, chez le forgeron. Le premier jour passa à balayer les lieux. Le second jour, le forgeron lui apprit comment dégager le fer incandescent  du four. Le garçon, qui ne pouvait supporter la chaleur du four, ne voulut plus travailler et s'assit dans un coin. Et il fit la sourde oreille aux ordres de son maître, qui disait : «Martèle le fer ou met le fer dans le four». Le garçon répétait : «Je peux très bien apprendre, tout en regardant». Le maître forgeron, qui voulait l'intéresser  au métier, ne fut pas trop sévère. Deux ou trois jours s'écoulèrent ainsi. Et un beau jour, le forgeron attendit, en vain, le garçon, qui ne vint pas. Il commença, donc, tout seul, le travail, mais, quelques heures plus tard, il se sentit inquiet et se dit : "S'il est arrivé quelque chose au garçon, je ferais mieux de me renseigner". Il envoya, donc, quelqu'un, chez la vieille femme. Or, cette dernière, toute joyeuse, se rendit, en personne, chez le forgeron. Elle s'écria : «Ô maître forgeron, comme puis-je vous remercier, mon fils m'a dit que vous lui aviez tout appris du métier et qu'il n'avait plus besoin de venir chez vous. Il est vrai qu'il est très intelligent, mais il a été entre de bonnes mains». Etonné, le forgeron dit : «Moi qui exerce, depuis trente ans, ce métier, en ignore encore beaucoup d'aspects,  comment se fait-il, donc, que votre fils ait tout appris, en deux ou trois jours ?» La vieille femme répliqua : «Je vous ai dit que mon enfant est très intelligent. Il m'a dit : " Rien n'est plus facile que le travail du forgeron : aplatis, tu en fais une pelle, allonge, tu en fais une tringle"». Le forgeron éclata de rire : «Bravo à votre fils ! Touchez du bois, pour l'épargner du mauvais œil. Non seulement, il n'a pas appris le métier de forgeron, mais il vous  a aussi appris à vous, qui êtes une femme âgée, les techniques». La pauvre femme comprit que son fils n'avait rien appris. Et depuis, lorsqu'on veut se moquer  des fainéants et des bons à rien, qui minimisent la valeur du travail des autres, on dit : «Rien n'est plus facile que le travail du forgeron : aplatis, tu en fais une pelle, allonge, tu en fais une tringle».

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