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mercredi, 13 mars 2013 14:18

124ème partie

Il était une fois... Une formule, qui éveille, chez chacun de nous, toute notre enfance, cette enfance  bercée par ce mot magique.

Combien de fois cette formule magique nous a emportés  sur les ailes de l'imaginaire dans l'univers du merveilleux et du fantastique ? Combien de fois l'avons-nous entendue de la bouche de notre mère ou grand-mère, qui, de sa voix douce et tendre, nous a raconté ces contes et  histoires qu'elle avait entendues de sa mère et elle-même de sa mère...

C'est par une fable choisie de  Kalila va dimna, que nous ouvrirons notre livre de contes, et  c'est avec un ghazal du chantre de la poésie lyrique persane, Hafez de Chiraz, que nous fermerons ce cahier. Restez avec nous.

Il était une fois, dans une forêt lointaine, deux amis, un vautour et un renard. Un beau jour, le sieur renard, qui était, à la fois, très rusé et très perfide, prit son ton mielleux pour s'adresser au vautour. : «Mon cher ami, tu voles, constamment, dans le ciel, et tu ne vois que des nuages. Viens monte sur mon dos, pour que je te fasse visiter la forêt. C'est le printemps, les arbres sont verdoyants et les fleurs se sont épanouies. C'est un très beau paysage». Le vautour accepta, monta sur le dos du renard. Alerte et léger, le futé animal se mit à courir, dans la forêt. Il prenait, sciemment, les passages où les arbres étaient touffus. Le pauvre vautour se cognait aux branches et perdait, une à une, ses plumes, sans que le renard s'arrêta, ne serait-ce qu'un instant. Le vautour laissa, d'abord, les plumes de ses deux ailes, dans la folle traversée ; ce fut, ensuite, autour des plumes de sa poitrine, de sorte que lorsque le méchant renard consentit, enfin, à s'arrêter, il ne restait même plus une seule plume, sur tout le corps du vautour. Vous pouvez imaginer sa tête. Le renard éclata de rire et se moqua, vertement ; de lui. Le pauvre vautour ne pouvait plus, ni voler, ni chasser. Le sieur renard lui jetait, tantôt le reste de ses proies, et tantôt, il l'oubliait totalement ; et le vautour n'avait d'autre choix que de chercher, dans les nids des moineaux, leurs oisillons, pour se rassasier.

Les jours coulèrent ainsi, jusqu'à ce que les plumes du vautour repoussent et qu'il pût, enfin, reprendre  la même force et habileté son envol, dans le ciel. Les jours et les nuits se succédèrent, quelque temps, ainsi, lorsqu'un beau jour, le vautour s'adressa au renard : «Mon cher ami, tu n'as pas encore voulu regarder du haut du ciel la terre. De là haut, la terre est beaucoup plus belle. Si tu le souhaites, je serais prêt à te la montrer».

Le renard accepta. Le vautour le prit, dans ses puissantes griffes, et  il s'envola dans le ciel. Peu de temps après, il demanda au renard :  «Comment trouves-tu la terre ?» Et le renard de répondre : «très vaste». Le vautour prit, encore, de l'altitude, et s'adressa, de nouveau, au renard : «Et maintenant ?» Le renard répondit : «Je vois, à présent, la terre aussi grande qu'une ville». Le vautour battit ses puissantes ailes et prit encore de l'altitude, et il demanda, pour la troisième fois, au renard : «Et maintenant comment trouves-tu la terre ?» Et le renard de répliquer : «Elle ressemble à une pastèque». Et le vautour de rétorquer : «Parfait. Descends maintenant». Et il ouvrit ses griffes et laissa tomber le renard du haut du ciel. Dans sa chute libre, le pauvre renard perdit, sous la pression de l'air, tous ses poils. Le vautour lui cria : «Cela, en contrepartie de mes plumes». Il fit un tour et s'éloigna.

Revenons au renard, qui, dans sa chute, souhaitait tomber, au moins, sur une surface molle. Il en fut ainsi. Il se trouvait, qu'un agriculteur qui était en train de prendre son petit-déjeuner, avait mis sa pelisse, près de lui. Il allait prendre le pain et le fromage qu'il avait préparé, lorsqu'il constata qu'un objet allait lui tomber sur la tête. Pris de peur, il abandonna petit-déjeuner et pelisse, prit ses pieds à son cou et déguerpit. Et notre chanceux renard se trouva, ainsi, mollement étalé sur la pelisse. Il fut sauvé, et, en plus, il eut un savoureux petit-déjeuner. Après s'être régalé, le renard mit la pelisse et s'en alla. Il marchait, ainsi, lorsqu'il se trouva nez à nez avec un lion. Le roi de la forêt rugit : «D'où as-tu trouvé cette pelisse» ? Le renard ne perdit pas la face et dit : «Ne sais-tu donc pas que je confectionne des pelisses». Surpris, le lion demanda au renard de lui confectionner une pelisse comme la sienne. La réponse du renard ne se fit pas attendre : «Apporte-moi trois grosses biches et attends une semaine. Tu auras, au bout de la semaine, ta pelisse».

Tout joyeux, le lion lui apporta cinq biches. Le renard et sa maisonnée se régalèrent des cinq biches. La semaine d'après, le lion frappa à la porte du renard : «Où est ma pelisse ?», tonna-t-il. Le sieur renard se fit tout petit et dit : «J'ai besoin de deux brebis, pour confectionner les manches et la ceinture». Le lion apporta deux brebis. Le renard et ses enfants n'en firent qu'une bouchée. Quelques jours après, le renard vit le lion, sur son chemin. Le lion rugit : «Où est donc la pelisse ?», je ne peux plus attendre. Donne-moi la pelisse, sinon je te mangerai». Le renard s'exclama : «Ô sultan des animaux ! La pelisse est chez moi, viens avec moi, pour que je te la donne».

Le lion et le renard s'approchèrent de la maison de ce dernier. Soudain, le renard s'enfuit et se réfugia chez lui. Or, le lion réussit à attraper sa queue, qui se détacha. Et le renard sans queue se terra dans son nid. Le lion rugit :  «Là où tu iras, je te trouverai, je te reconnaîtrai, partout, puisque tu n'as plus de queue».

Longtemps mon cœur m'a demandé

La coupe de Jamshid

Il implorait d'un étranger

Ce qu'il possédait en lui-même

La perle que n'a enfantée

Nul coquillage de ce monde,

Il l'espérait des égarés

Des obscurs chemins de la Mer.

Je suis allé dire mon mal

Chez les Mages à l'Ancien

De qui le Regard souverain

Sait pénétrer tous les Mystères.

Je l'ai trouvée en joie sereine

La Coupe en main, versant le Nectar,

Et contemplant dans ce Miroir

Cent spectacles de l'Univers.

Depuis quand, lui dis-je, tiens-tu

De l'Omniscient ce joyau ?

Du jour, dit-il, où fut conçue

La coupole azurée du ciel.

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