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mardi, 26 février 2013 16:59

122ème partie

IRIB- La place notoire des contes folkloriques, dans la littérature orale, s'avère, certes, incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne à laquelle Hérodote avait, déjà, fait référence,  et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois...

Comme il est de tradition, dans ce magazine, nous vous présenterons  une anecdote tirée du thesaurus de la littérature persane ; cette fois-ci, nous voyagerons, dans l'espace et le temps, avec une anecdote du Golestân, ce monument majestueux de Saadi de Chiraz, pour  vivre  une autre histoire que le grand poète nous relate, dans son beau et chaleureux langage ; cette fois-ci, il s'agit du récit «du poète et des bandits». Nous vous raconterons, ensuite, l'histoire qui a donné naissance à un proverbe iranien. Restez avec nous.

Il est relaté que, dans les temps anciens, vivait un poète, qui voyageait, de ville en ville, pour obtenir  des notables de quoi subsister, tant bien que mal, en composant des poèmes de circonstances. Un beau jour, notre poète descendit dans un village où les bandits étaient roi ; c'était le village des bandits. Le poète se dit : "on dirait que la fortune me sourit enfin, le hasard m'a conduit au bon endroit ; on dit que les bandits sont, en général, riches, comme de nombreux riches qui sont des voleurs. Je ferais mieux de trouver le chef des voleurs et de faire son éloge, dans un poème ; nul doute, qu'il me récompensera, avec largesse, car il ne s'est pas donné la peine de gagner son argent. Il me donnera tout ce que je voudrais. Mais que peut-on dire à propos des voleurs ; pourrais-je louer le vol ? Or, je n'ai pas d'autre choix ; je ne le louerai pas du fond du cœur ; je bâclerai quelques vers et j'obtiendrai ma récompense ; en quoi me regarde ce que font les voleurs. Je m'occupe de mes propres affaires ; qu'il soit un voleur ou un homme honnête, celui que je loue, ce n'est pas mon problème ; j'appellerai, dans mon poème le voleur, voleur, et le pieux, pieux.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le voleur se recueillit, dans un coin, et se mit à composer, avec hâte, une qasida ; puis, il s'enquit de la maison du chef des voleurs. Il traversa les ruelles, et  quelques instants plus tard, frappa à la porte du  chef des voleurs. Ce dernier, qui se trouvait,  devant la fenêtre, l'interpella : «Que me veux-tu» ? Le poète répondit : «Je suis un poète, j'ai composé un poème dans lequel je te loue ; si tu permets, j'entrerai et je réciterai ces vers». Le chef des voleurs répliqua : «C'est pas la peine, reste là où tu es. Récite ton poème, je t'écoute». Le poète dit : «Mais il fait très froid, ne vois-tu pas comment la glace couvre la terre ? Permets-moi d'entrer et de lire mon poème, près du feu». Le chef des voleurs rétorqua : «Pas un mot de plus, si tu veux lire ton poème, tu n'as qu'à le réciter, là où tu es, sinon va-t-en». Le pauvre poète n'eut pas d'autre choix, au pied de la fenêtre et en plein froid, il commença à lire la qasida. Lorsqu'il finit, il attendit que le chef des voleurs lui donne sa récompense. Ce dernier avait écouté, avec grande attention, le poète et le regardait, maintenant, fixement. Le poète se dit avec joie : "On dirait qu'il a aimé mon poème ; il va me lancer une bourse pleine de pièces d'or. Ça valait le coup de trembler, dans ce froid, la bourse me réchauffera et fera fondre la glace".

Un moment plus tard, le chef des voleurs ordonna qu'on le déshabille  et qu'on l'expulse du village. Le pauvre poète ne put même pas protester. On le déshabilla et l'abandonna à son propre sort, dans un froid impitoyable. Pour comble de malheur, les chiens se mirent à le poursuivre. Le pauvre poète s'accroupit pour prendre une pierre et la jeter sur les chiens ; mais les pierres, à cause du froid, étaient fichées dans le sol, et il ne put pas les détacher. Furieux de tant de malheur, il cria : «Combien ils sont méchants, ces gens-là ! Ils lâchent les chiens et coincent les pierres». Le chef des voleurs, qui se trouvait, toujours, devant sa fenêtre, l'entendit et éclata de rire. Il apprécia cette remarque, revint sur sa décision et voulut lui donner une récompense. Lorsque le poète se retrouva devant lui, le voleur dit : «Tu es un homme sage, j'ai beaucoup apprécié ta remarque. Demande-moi quelque chose». Le poète qui savait maintenant que rien de bon n'arriverait de la part des voleurs, dit : «Je voudrais qu'on me rende mes vêtements. Je n'ai aucun espoir dans un bienfait de ta part, du moins, ne me fais pas  mal». Le chef des voleurs eut pitié de lui. Il ordonna qu'on lui rende ses vêtements, et il lui octroya, aussi, une bonne récompense.

C'était une autre histoire du Golestân de Saadi de Chiraz, tournons, à présent, la page des proverbes et voyons qu'elle nous réserve, pour cette semaine. «Ne joue pas avec la queue du lion».

Et bien va pour ce bon vieux dicton. Mais qui l'a dit, pour la première fois, et pourquoi ? Il est relaté qu'un lion s'était allongé, à l'ombre d'un arbre, au milieu de la forêt. Il faisait très chaud, le roi de la forêt était très irrité. Le lion ne s'était pas complètement endormi, lorsqu'une souris sortit de son trou et  se dirigea tout droit vers le lion. Le nid de la souris était très frais, elle avait bien dormi, et elle était, donc, en pleine forme. Elle voulait jouer et s'amuser. Elle se dit que le lion pourrait être un bon partenaire, quoiqu'il soit un peu grand. La souris appela le lion. Ce dernier fit la sourde oreille. La souris insista. Le lion ne daigna même pas ouvrir un œil. Cette fois-ci, la souris ne l'appela plus et elle monta sur le dos du lion. Elle s'accrocha à sa crinière et se mit à se balancer. Le lion n'y fit pas, d'abord, attention ; il se disait que la souris se fatiguerait et qu'elle s'en irait. Mais la souris ne l'entendait pas de cette oreille. La patience du lion s'était, maintenant, épuisée. Il se dressa, et en un seul mouvement, attrapa la pauvre souris, qui se vit prise dans les griffes du prédateur. La souris comprit qu'elle avait commis l'irréparable. Elle avait si peur qu'elle en resta muette. Le lion tonna : «Que faire avec toi ! Tu es si petite que tu ne vaux même la peine qu'on te mange ; de surcroît, tu n'as pas la moindre politesse pour que cela vaille de te relâcher. Je ferais mieux de te jeter pour que tes os se brisent et qu'aucune souris n'ait l'audace de jouer avec la queue d'un lion». La pauvre souris, qui se voyait à deux doigts de la mort, avala avec peine sa salive et dit : «Ô lion, vous êtes le roi de la forêt, je ne suis qu'une vile souris, je ne voulais que vous égayez. Pardonnez-moi». Elle supplia tant le lion, que ce dernier eut pitié : «Va-t-en d'ici, je ne veux plus te voir». La souris se dépêcha de s'éloigner, tout en disant : «Merci, infiniment. J'espère pouvoir récompenser votre magnanimité». Le lion éclata de rire : «La petite peste, mais qu'est-ce que tu pourras faire pour moi» ?

Les jours s'écoulèrent, jusqu'à ce que le lion tombât dans le filet d'un chasseur. Le lion rugit, il essaya de déchirer le filet. Quant au chasseur, il eut très peur du rugissement du lion et s'éloigna de quelques pas. La souris, qui dormait dans son nid, entendit le rugissement du lion et sortit de son nid. Elle s'adressa au lion : «N'aie pas peur, c'est l'heure de te rendre ton bienfait. Continue de rugir, afin d'éloigner le chasseur, quant à moi, je rongerai, rapidement, le filet, tu seras libre en quelques minutes». Le chasseur épiait de loin le lion et la souris ; il attendait que le lion se fatigue, pour s'approcher. Soudain le lion se dégagea d'un coup d'épaule du filet et le chasseur n'eut d'autre choix que de grimper à un arbre. Toute contente de son exploit, la souris rentra chez elle. Dès lors, si quelqu'un embrasse le danger, sans le mesurer, on le met en garde en lui disant : «Ne joue pas avec la queue du lion». Merci de votre fidélité.

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