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vendredi, 22 février 2013 15:55

121ème partie

IRIB- La place notoire des contes folkloriques, dans la littérature orale, s'avère, certes, incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne auquel Hérodote avait, déjà, fait référence, et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture, qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois...

Nous vous raconterons la suite de l'histoire du roi et de la belle esclave, tirée du Masnavi du chantre de la poésie mystique persane, Molana Jalal al-Din ; ce sera, ensuite, au tour d'un autre proverbe persan de vous être conté, pour savoir qui l'a dit, pour la première fois, et pourquoi. Restez avec nous.

Si vous vous en souvenez, dans la dernière édition du magazine «Il était une fois», nous vous avons raconté une anecdote du Masnavi, l'histoire du roi et de la belle esclave. Nous avons dit qu'un roi puissant et pratiquant tomba amoureux d'une belle esclave qu'il acheta. Mais elle fut atteinte d'une maladie incurable. Désespéré des médecins, le roi se précipita à la mosquée, pour implorer le Seigneur de sauver sa belle esclave. Dieu exauça son vœu et lui envoya un médecin. Le roi conduisit le médecin au chevet de l'esclave et lui raconta tout ce qui s'était passé. Après avoir examiné la patiente, le médecin découvrit le secret de l'esclave et dit au roi que tout ce que les autres médecins avaient fait, était vain. Et, maintenant, la suite de l'histoire...

 

De son état lamentable, il vit la souffrance de son cœur

Le corps va bien, elle est captive du cœur

L'amour se montre à travers la souffrance du cœur

Aucune maladie ne ressemble à la maladie du cœur

L'amour est l'astrolabe des secrets du Seigneur

 

Le médecin érudit comprit que la belle esclave ne souffrait pas, physiquement, et qu'elle était amoureuse. La cause de sa maladie était autre que les autres maux ou maladies. Le médecin connut le secret de la belle esclave, mais garda le silence devant le roi et il lui demanda de le laisser seul avec la patiente. Il prit, ensuite, le pouls de l'esclave et la questionna sur sa ville d'origine, ses parents, sa famille. Elle répondit à toutes les questions. Le médecin l'écoutait, tout en surveillant son pouls. Le pouls battait, normalement, jusqu'à ce que le médecin lui ait posé des questions sur son itinéraire, l'esclave énumérait les noms des villes, les uns après les autres, et dès qu'il prononça celui de Samarkand, son pouls commença à battre à tout rompre.

Le médecin apprit, enfin, que la belle esclave était amoureuse d'un orfèvre de Samarkand. Il lui recommanda de ne parler à personne de son secret, afin qu'il puisse régler son problème.

 

Il dit : "j'ai compris quel est ton mal.

J'emploierai toute ma science, pour t'en libérer

Attention ! Prends garde, ne parle à personne de ton secret

Quoique le roi te le demande".

 

Lorsque Molana arrive à ce point du récit, il recommande de respecter le secret d'autrui, il évoque les bienfaits de cette vertu qu'est de garder un secret. Si l'homme parvient à garder ses secrets, au fond de son cœur, il arrivera, rapidement, à exaucer ses vœux. A l'appui de ses arguments, il cite un hadith prophétique: «N'as-tu pas ouï du prophète, quiconque garde son secret, au fond de son cœur, parviendra plus vite à exaucer son vœu. Le secret est une graine qui, restée, un moment, cachée, dans la terre, germe et sort des tréfonds de la terre, pour embellir le jardin de sa verte présence».

Si tes secrets restent cachés, au fond du cœur

Ton vœu sera exaucé, rapidement

Le prophète a dit : "celui qui garde le secret

Parviendra sûrement à son vœu

Lorsque les graines se cachent, dans la terre,

Leurs secrets seront le secret la fraîcheur verte du jardin".

 

La bonne nouvelle de ce médecin divin remplit d'espoir le cœur de la belle esclave et ses paroles apaisantes la comblèrent de joie.  Le roi demanda au médecin d'y trouver une solution. Le médecin lui répondit qu'il n'y avait d'autre issue que d'appeler l'orfèvre de Samarkand à son palais, en lui faisant miroiter ses richesses. Le roi accepta et envoya une mission à Samarkand, chez l'orfèvre. La cupidité de l'orfèvre fit le reste, et convoitant les richesses royales, il quitta sa ville et ses proches et, il suivit les émissaires du roi.

Joyeux, l'homme prit la route du palais,

Ignorant que le roi voulait lui prendre la vie

Il monta sur le cheval arabe,

Et, allègre, il galopa

Il connut, dans l'or et l'argent,

Le prix de son sang.

 

Lorsque l'orfèvre arriva au palais, le roi ordonna de lui ouvrir les portes de ses trésors et le laissa libre d'en prendre autant qu'il voudrait. Peu de temps après, le médecin demanda au roi de faire marier la belle esclave à l'orfèvre. Le roi accepta.

Six mois plus tard, la belle esclave retrouva sa santé. Le médecin prépara un philtre et le porta à l'orfèvre. Au fil du temps, l'orfèvre s'affaiblissait, il perdait de ses belles couleurs. Lorsque la beauté apparente de l'orfèvre disparut, dans le sillage de la maladie, la belle esclave, aussi, lui tourna le dos.

Comme il devint laid et malade,

La belle esclave, aussi, se refroidit peu à peu

Oui, de telle fin attend

Les amours d'ici-bas et factices,

Cet amour qui puise, dans l'apparence,

N'est pas amour,

C'est une honte, à la fin

 

Pour Molana, le médecin divin n'obéissait qu'aux ordres du Seigneur et les appliquait. La mort de l'orfèvre n'était pas un caprice, mais la volonté divine. Le roi incarnait ceux qui suivaient à la lettre, sans poser de question, leur "pir", leur maître spirituel. La belle esclave était le symbole de l'âme charnelle, de ces êtres humains aux yeux de qui ne comptaient que les apparences, et qui tombaient, facilement, dans le piège que lui tendent les attraits du monde d'ici-bas. Au terme de ce conte de Masnavi, nous aussi, nous fermons cette édition du magazine le chant du soleil, pour l'ouvrir, très prochainement, et vous raconter une autre histoire du Masnavi.

 

«On n'a même pas goûté à la soupe, qu'on en a, déjà, la bouche brûlée !», Oui il s'agit bien du proverbe du jour, mais qui l'a dit la première fois et pourquoi ?

Il est relaté que, dans des temps immémoriaux, vivait un commerçant, dont la femme était un vrai cordon bleu. La soupe que l'épouse du commerçant préparait, était unique en son genre. Au fil du temps, toute la ville fut au courant, et on parla tant de la délicieuse soupe de la femme du commerçant, que l'eau en montait à la bouche de tout un chacun, de telle sorte que chacun essayait, à sa façon, de devenir l'ami du commerçant, dans l'espoir d'être un jour invité chez lui et de goûter à cette fameuse soupe. Notre commerçant avait un apprenti qui travaillait, depuis quelques années, déjà, chez lui. Quoique pauvre, l'apprenti avait un esprit noble et il n'avait jamais eu l'idée de se rendre chez son maître, pour goûter à la soupe. Le commerçant l'avait même invité chez lui, à plusieurs reprises, mais, à chaque fois, l'apprenti avait décliné l'invitation.

 

Un matin, l'apprenti se leva avec une rage de dent ; pourtant, il se rendit, quand même, à la boutique de son patron. Il balaya et nettoya la boutique, prépara du thé et attendit le commerçant. Mais en vain, pas de commerçant, à l'horizon. A midi, les voisins du commerçant lui apprirent que son patron était souffrant et qu'il fallait qu'on lui amène un toubib.

L'apprenti ferma, précipitamment, la boutique, sans se rendre compte qu'il était midi et qu'il n'était pas approprié de se rendre chez lui, au moment du déjeuner. Il alla chercher le médecin, le conduisit chez le commerçant. Le toubib ausculta le malade qui ne cessait de gémir. Il prescrit son ordonnance et la donna à l'apprenti, pour qu'il aille acheter les médicaments. L'apprenti alla chercher les médicaments, mais lorsqu'il retourna chez le commerçant, le docteur était, déjà, parti et l'épouse du commerçant était en train de mettre la table, pour le déjeuner. L'apprenti comprit que, cette fois-ci, il ne pouvait pas se dérober. Il avança mille prétextes, pour ne pas s'asseoir à la table du commerçant, mais la femme disait, à chaque fois : «Il est hors de question que je te permette de partir sans déjeuner». L'apprenti n'eut d'autre choix que de s'installer à la table. A ce moment-là, le commerçant sortit la tête du dessous du drap et dit : «Prends de la délicieuse soupe que ma femme a préparée, tu n'en trouveras pas une semblable». L'apprenti, qui ne voulait, nullement, entendre de telles paroles, et qui s'était renfrogné, dans son coin, eut, soudain, une idée: "je dirai que j'ai mal aux dents et je m'en irai ; sans avoir goûté à la soupe".

Il mit, donc, sa main sur sa joue et prit l'air de ceux qui souffrent d'un mal de dent, attendant que son patron sorte,  encore, une fois, la tête du dessous du drap. La femme du commerçant revint de la cuisine avec des cuillères et elle s'adressa à son époux : «Lève-toi, mange un peu de la soupe, ça te fera du bien».

Le commerçant se leva du lit, tandis que son regard tombait sur son apprenti qui avait la main sur sa bouche. Il lui dit : «Tu t'es brûlé la bouche? Bah, tu aurais dû attendre que la soupe refroidisse, avant d'en manger, pour ne pas te brûler la langue». Contrariée, la femme du commerçant se fâcha, en entendant de telles paroles et dit : «Mais qu'est-ce que tu dis ? On n'a pas, encore, pris de la soupe, mais on en a la bouche brûlée ! Je viens juste d'apporter les cuillères, il n'en a pas encore pris».

L'apprenti se leva et dit : «Excusez-moi, j'ai mal aux dents. La prochaine fois que je viendrai chez vous, j'attendrai que la soupe refroidisse, afin de ne pas me brûler la bouche». Et il s'en alla. Ce fut seulement à ce moment-là que le commerçant comprit sa gaffe. Depuis lorsqu'on reproche à quelqu'un une faute qu'il n'a pas commise, celui-ci se dit à lui-même : «On n'a même pas goûté à la soupe, qu'on en a, déjà, la bouche brûlée !»

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