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mardi, 22 janvier 2013 15:22

119ème partie

IRIB- Il était une fois... Une formule, qui éveille chez chacun de nous, toute notre enfance, cette enfance  bercée par ce mot magique, une formule qui jaillit, toujours, aussi jeune et dynamique, même, en ce monde du troisième millénaire, emporté dans le tourbillon vertigineux du boom de l'information, cloué devant les grand et petit écrans.

Combien de fois cette formule magique nous a emportés sur les ailes de l'imaginaire vers l'univers du merveilleux et du fantastique ? Combien de fois l'avons-nous entendue de la bouche de notre mère ou grand-mère, qui, de sa voix douce et tendre, nous a raconté ces contes et  histoires qu'elle avait entendus de sa mère et elle-même de sa mère...

Comme nous vous l'avons promis, nous allons vous raconter la suite de l'anecdote tirée du Masnavi du grand poète mystique iranien, Molana Jalal al-Din, et nous vous relaterons ce qui adviendra à ce jeune homme, qui, souhaitant apprendre le langage des animaux, se rendit chez le vénéré Moïse. Nous vous raconterons, ensuite, l'histoire qui a donné naissance à un proverbe iranien. Restez avec nous.

Nous avons dit qu'à l'époque du vénéré Moïse – béni soit-il – un jeune homme se rendit chez lui, pour lui demander de lui apprendre le langage des animaux. Le vénéré Moïse lui déconseilla de s'impliquer dans une telle affaire et lui en rappela les effets dangereux. Or, devant l'insistance du jeune homme, le vénéré Moïse s'adressa au Tout-Puissant, le sollicitant de l'aider dans cette affaire si difficile. Il lui a été dit que si le jeune homme persistait dans sa demande, il fallait lui apprendre le langage des animaux, mais aussi, l'avertir du danger que représente une telle faculté. Le vénéré Moïse n'eut d'autre choix que d'apprendre à l'homme le langage des coqs, des poules et des chiens. Le jeune homme écouta les conversations des habitants de sa basse-cour et il sut ainsi que son cheval, puis, son âne et son esclave allaient mourir ; il se pressa, donc, de les vendre, avant de les perdre. Il était très content d'avoir appris le langage des chiens, des poules et des coqs, car cela lui avait épargné de grandes pertes. Le lendemain, le chien dit au coq : «Tu es un véritable menteur, tu ne dis que des absurdités». Le coq répondit : «Nous, les coqs, nous ne mentons jamais».. Et maintenant, la suite de l'histoire...

Très indigné, le coq s'exclama : «Nous, les coqs, nous ne mentons jamais, si tu veux savoir de quoi il s'agit vraiment, ouvre grand tes oreilles et écoute-moi, je vais tout raconter : je n'ai pas menti. Le cheval, l'âne et l'esclave ont tous perdu la vie, mais pas ici, chez ceux qui les avaient achetés. Notre maître, en vendant ces biens, avant de les perdre, a pu sauver son bien, mais il s'est exposé, lui-même, au danger ; un petit dommage peut épargner à l'homme de grandes calamités; or, notre maître mourra demain, ses héritiers immoleront sa vache, pour les cérémonies de deuil ; quant à toi, le chien, tu pourras en manger, tant que tu voudras».  Le jeune homme en entendant la conversation du coq et du chien, se frappa la tête et se dit : "Qu'est-ce que j'ai fait ! Que je sois maudit, car c'est moi-même qui en suis coupable". Sans perdre de temps, il se rendit, en courant, chez le vénéré Moïse, et il se mit à pleurer et à gémir. Il dit qu'il regrettait d'avoir appris le langage des animaux. Le vénéré Moïse lui demanda : «Lorsque tu entendis le coq dire que ton cheval va mourir, qu'as-tu fait ?» L'homme dit, avec un grand soupir : «Je l'ai vendu».

-         «Et lorsque le coq parla de la mort prochaine de ton âne, qu'as-tu fait ?

-         Je l'ai vendu.

-         Lorsqu'on tu sus que ton esclave allait mourir, qu'as-tu fait ?

-         La même chose, je l'ai vendu ; tous les trois sont morts et ce sont les acheteurs qui en ont payé le prix».

Le vénéré Moïse lui dit : «Tu dois faire, aussi, maintenant la même chose ?»

Surpris, l'homme dit : «Quoi, je devrais me vendre aussi ?» Le vénéré Moïse répondit : «Tu n'as pas d'autre choix, si tu veux te sauver de la mort, tu dois faire la même chose». Il lui rappela, ensuite, ses conseils : «Dès le début, je t'avais averti des énormes problèmes qu'un tel caprice engendrerait, mais tu n'as rien voulu entendre. Eh bien, tu dois en payer le prix». L'homme se mit à supplier : «Pardonne-moi, sauve-moi». Le vénéré Moïse hocha la tête : «L'eau qui a coulé, ne reviendra jamais ; c'est impossible». Le jeune homme se sentit très mal. Des gens qui se trouvaient là, se précipitèrent, pour le secourir, et ils le conduisirent chez lui, alors qu'il était en agonie.

Tournons, à présent, la page des proverbes et voyons ce qu'elle nous réserve, pour cette semaine. «Fais tout ce que tu voudras, arrivera, aussi, notre tour de danse».  Et bien va pour ce bon vieux dicton. Mais qui l'a dit pour la première fois et pourquoi ?

Il est relaté que, dans des temps lointains, vivait un chameau sans maître. Il broutait  et buvait tout son soûl, et il dormait quand bon lui semblait. Joyeux et content, il ne portait pas de fardeau et se promenait, à son gré. Un beau jour que le chameau était en train de brouter et de se promener, dans une prairie verdoyante, il aperçut un âne chétif, qui, plié sous un lourd fardeau, traversait, cahin caha, la route. Le chameau eut pitié de l'âne ;, il s'approcha doucement de lui et dit : «Jette ce fardeau, libère toi de ce faix. Dès lors, tu pourras, comme moi, vivre libre et sans maître. Si tu viens avec moi, nous irons ensemble à la campagne, et personne ne nous dérangera».

L'âne apprécia beaucoup la proposition du chameau. Il se rua, jeta par   terre la charge qu'il avait sur le dos, il suivit le chameau. Les deux inséparables vivaient, ainsi, au jour le jour, broutant là, à leur gré, et buvant là où se trouvait un ruisseau chantant. L'âne prenait du poil, et se sentait, désormais, en pleine forme. Un beau jour, il voulut lancer un long et bruyant hi han. Le chameau, qui comprit ce que  l'âne voulait faire, lui dit : «Si tu brais, les villageois, qui sont, dans les alentours, s'apercevront de notre présence ;  ils nous captureront et nous reviendrons à la case de départ. Tu devras transporter de lourds fardeaux. Tu ferais mieux de te taire, afin que personne ne nous retrouve».

Le pauvre chameau eut beau parler, mais l'âme, qui avait oublié son passé misérable, n'écouta pas les conseils de son ami et il se lança dans un long braiement : «Hi han ! Hi han» ! Le chameau fit tout, pour l'en empêcher, mais en vain. Plus il se démenait et disait : «Tais-toi», plus l'âne brayait. «Que puis-je faire ? Je me suis souvenu des braiements paternels et je ne peux pas me retenir». Furieux, le chameau répliqua : «Très bien, pas de problème. Mais arrivera, aussi, mon tour de danse».

Les villageois, qui avaient entendu le cri de l'âne, se dépêchèrent de retrouver les deux amis. Ils jetèrent une corde au cou de l'âne et du chameau et l'emmenèrent avec eux. Ce fut, à cet instant, que l'âne comprit qu'il avait commis l'irréparable. Il eut l'idée de faire semblant d'être malade, dans l'espoir que les villageois l'abandonnent à son sort. Il se jeta, donc, à terre, et resta raide. Les villageois le bourrèrent de coup, mais il ne bougea pas d'un pouce. La ruse de l'âne porta ses fruits. Les villageois décidèrent d'abandonner l'âne. Or, le chameau qui se rendit compte du stratagème de l'âne, se jeta, à son tour, à terre. L'un des villageois proposa : «Le chameau étant assis, nous pouvons mettre l'âne sur son dos. Qui sait, il se peut que l'âne se rétablisse, demain, et que nous puissions le charger de nos marchandises».  Les autres villageois saluèrent le bon sens de leur ami et dit : «Quoi de mieux ? Nous n'avons rien à perdre. S'il se rétablit, nous l'utiliserons, pour transporter nos charges ; dans le cas contraire, nous l'abandonnerons quelque part». Aussitôt dit, aussitôt fait, les villageois prirent l'âne et le juchèrent, tant bien que mal, sur le dos du chameau. Le chameau, qui ne décolérait pas, avançait, lentement, et ruminait sa colère. Ils arrivèrent à un précipice. Soudain, le chameau commença à se ruer. L'âne comprit que si le chameau continuait à se démener, il serait bientôt au fond du précipice. Il murmura à l'oreille du chameau : «Calme-toi camarade, ce n'est pas le moment de ruer !» Le chameau répliqua : «Que dois-je faire ? Moi aussi, je me suis souvenu de la danse de ma mère, et je veux danser».

C'est ainsi que le pauvre âne fut jeté au fond du précipice. Quant au chameau,  il saisit l'occasion  et s'enfuit au galop. Depuis, lorsque quelqu'un s'entête à faire quelque chose qui pourrait nuire aux autres, on dit : «Fais tout ce que tu voudras, arrivera, aussi, notre tour de danse».  Merci de votre fidélité.

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