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mardi, 08 janvier 2013 16:44

117ème partie

IRIB- La place notoire des contes folkloriques dans la littérature orale s'avère, certes, incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne  à laquelle Hérodote avait, déjà, fait référence, et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois...

Comme il est de tradition, dans ce magazine, nous vous présenterons  une anecdote tirée du thesaurus de la littérature persane ; cette fois-ci, nous voyagerons, dans l'espace et le temps, avec une anecdote du Golestân, ce monument majestueux de Saadi de Chiraz, pour  vivre  une autre histoire que le grand poète nous relate, dans son beau et chaleureux langage. Cette histoire est  celle de «l'homme dévot» ; nous vous raconterons, ensuite, une autre histoire, celle qui a donné naissance à un proverbe iranien. Restez avec nous.

Il était une fois, dans les temps anciens, un homme solitaire, qui était connu, dans  toute la ville, pour sa piété. Il se rendait, jour et nuit, à la mosquée, pour prier. Pas un jour ne passait, sans le trouver, dans un coin de la mosquée, en train d'invoquer le Seigneur, le Très haut. Il ne se contentait pas, uniquement, de prier à la mosquée. A chaque occasion qui s'offrait, il étendait son tapis de prière. Même, pendant le voyage, il priait le Seigneur, à cheval. Bref, il était devenu si célèbre que même le roi eut vent de  sa piété, de sorte qu'il voulut en savoir davantage. Il dit, donc, à son vizir :  «J'ai beaucoup entendu parler de l'homme dévot qui vit dans cette ville. Je voudrais le rencontrer, et lui offrir un grand cadeau. S'il ressemble à ce que les gens disent à son sujet, il devrait être une personne très intéressante». Le vizir répondit : «Sire, il suffit de l'ordonner et je vous l'emmènerai à l'instant même». Le roi dit : «Parfait ; allez lui dire que je le recevrai, dans une semaine, par un tel jour et à la même heure». Le vizir envoya un valet, chez le dévot, pour qu'il se prépare pour l'audience royale. Le valet se rendit, chez le dévot, et lui dit : «Le roi t'attend, avec impatience, il voudrait savoir si tu passes vraiment ta vie comme la décrivent les gens, à prier et à invoquer le Seigneur. Si tu parviens à retenir l'attention du roi, tu arriveras à un rang élevé. Fais attention, essaie de te montrer très faible, pour que le roi voie en toi le dévot».

Notre homme fut très heureux de cette nouvelle. Une fois seul, il se dit : "Si tout ce que ce valet raconte était vrai, il faudrait convaincre, coûte que coûte, le roi de ma piété. Il me reste toute une semaine pour que le roi me trouve pâle, maigre et affaibli. Il faut que je montre au roi que je me suis entièrement consacré à la prière, à telle enseigne que je n'ai même pas le temps de manger, ni de boire. Je pourrais même prendre une potion qui me rendrait plus faible et j'apparaîtrais aux yeux du roi comme un grand dévot. Je pourrais, ainsi, parvenir à un rang élevé".

Bref, le dévot de notre histoire que, maintenant, tout le monde savait qu'il n'était pas un dévot véridique et qu'il faisait tout cela, pour que tout le monde l'admire et parle de lui, chercha parmi les onguents et les potions qu'il avait chez lui et en trouva un qu'il lui sembla bon. Il en prit une grande cuillerée. Il se disait qu'une semaine après, il serait si maigre que personne ne douterait de sa piété. Le dévot  prit encore une autre cuillerée de la potion qui était très amère et sentait très mauvais. Quelques instants plus tard, notre homme sentit son cœur se battre à éclater, son front était aussi chaud qu'un four, le monde tournait autour de lui, il se dit qu'il ferait mieux de s'allonger. Il s'allongea, tandis que, peu à peu, ses mains et ses pieds se glaçaient, un voile ternissait ses yeux et il commença à trembler, de la tête au pied, et quelques instants plus tard, il ne sentit plus rien. Il tomba raide et rendit l'âme. Ses yeux stupéfaits fixaient le plafond. Le jour s'écoula et personne ne vit le dévot, à la mosquée. Tout le monde était surpris, qu'est-ce qui était donc arrivé à l'homme dévot ? Le lendemain, aussi, passa, sans que le dévot se rende à la mosquée. «C'est impossible. Il doit, donc, être malade ; et si on se rendait chez lui, pour en avoir le cœur net», s'exclama un vieillard. Ce fut ainsi que quelques connaissances du dévot et le vieillard se rendirent chez lui, où ils y découvrirent le corps inanimé de l'homme qui se faisait passer pour un dévot. Lorsque le médecin examina le corps, il fut très surpris. Comment était-il possible qu'un homme si dévot se suicide ? Cette potion est celle de la mort. Personne ne se rendit compte que le dévot ne s'était pas suicidé ; il n'avait l'intention que de leurrer autrui. Sauf le valet du roi qui lui avait transmis le message du roi, sourit, avec amertume, lorsqu'il vit le corps sans vie du dévot.

«On voulait ferrer le chameau, la grenouille a aussi levé la patte», Oui, il s'agit bien du proverbe de la semaine, mais d'où vient-il ? Il est relaté que, dans les temps anciens, une grande foule s'était rassemblée, dans un endroit, de sorte que ceux qui passaient par là,  ne pouvaient s'empêcher, par curiosité, d'y jeter un coup d'œil, pour savoir ce qui se passait. D'instant en instant, la foule grossissait, tandis que le brouhaha s'amplifiait. Quelle en était donc la cause ? Il s'agissait d'un chamelier qui avait décidé de ferrer son chameau. Il arguait : «Avec mon chameau je transporte des charges, pour les gens, je crains que tout au long de ces allées et venues, mon chameau ne soit blessé ; c'est pour cette raison que j'ai décidé de le ferrer, afin qu'il ne lui arrive aucun problème».

L'un disait : «Mais est-ce que le chameau est un cheval ou un âne, pour qu'on ferre ses sabots ?», tandis qu'un autre renchérissait : «C'est du jamais vu !» Et un autre rappelait : «Eh bien, quelle différence entre le sabot du chameau et celui du cheval ou de l'âne. S'il n'est pas ferré, il sera, lui aussi, blessé» !

On lui répondit : «Le sabot du chameau n'est pas dur, comme celui du cheval et de l'âne ; il n'a pas besoin d'être ferré, il peut transporter des charges, sans être, pour autant, ferré». Et ainsi de suite, chacun essayait d'y placer son mot. Mais le grand problème était le chameau lui-même, qui refusait qu'on lui cloute quatre fers à ses pieds. Il restait campé, sur ses pieds, de sorte que personne n'arrivait à les lui faire lever. Dans ce tumulte, une grenouille qui vivait à proximité, entendit le bruit de la foule. Curieuse, elle voulut savoir ce qui se passait. Elle se fraya un chemin parmi la foule et arriva au premier rang devant le chameau. Elle attendit un moment et écouta, attentivement, tout ce qu'on disait pour comprendre. Soudain, la petite grenouille bondit sur la bosse du chameau. La foule resta un moment interdite, puis, éclata de rire. La grenouille dit : «Ce pauvre chameau croit qu'il aura mal, c'est pour ça qu'il ne lève pas les pieds. Je lèverai, donc, la patte pour que vous me ferriez, afin que le chameau voit de ses propres yeux que cela ne lui fera pas mal».

La foule éclata de rire devant tant de stupidité. Le chameau qui l'avait aperçue, la  jeta  à terre et pour échapper à la foule, il donna quelques coups de pied  par-ci par-là, en se ruant vers la foule qui se fendit en deux pour le laisser passer. Depuis, lorsqu'une personne chevronnée et expérimentée refuse d'accomplir une tâche ingrate, mais qu'un individu ignorant l'accepte, sans en connaître les conséquences et les difficultés, on dit alors : «On voulait ferrer le chameau, la grenouille a, aussi, levé la patte !» Merci de votre fidélité.

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