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mercredi, 02 janvier 2013 12:13

116ème partie

La place notoire des contes folkloriques, dans la littérature orale, s'avère, certes, incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne à laquelle Hérodote avait, déjà, fait référence et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois... Notre enfance à nous tous est bercée par les contes et légendes ; ces récits qui nous ont emporté avec eux dans l'univers du merveilleux et du fantastique.

Comme il est de tradition, dans ce magazine, nous vous présenterons  une anecdote tirée du thesaurus de la littérature persane ; cette fois-ci, nous voyagerons, dans l'espace et le temps  et vivrons avec le chantre de la poésie mystique persane, un moment de spiritualité avec une anecdote tirée de son monument majestueux le Grand Masnavi, une anecdote où  Molana Jalal al-Din nous relate, avec la verve qui caractérise son beau et chaleureux langage...Ce sera, ensuite, au tour d'un autre proverbe persan.

Il est relaté qu'à l'époque du prophète David, vivait un homme qui refusait de travailler, et passait, jour et nuit, à solliciter le Seigneur, le Très-haut, Lui demandant de le gratifiait et de lui accorder une fortune, sans qu'il se donne de la peine. Il ne voulait entendre aucun conseil, de la part des autres, l'appelant à travailler. Un beau jour de Dieu, alors que le fainéant s'était vautré, sur une chaise, au milieu de son jardin, une vache franchit la porte et entra. L'homme la regarda un instant, puis, il se dit que c'était, sûrement, un don, de la part de Dieu. Il abattit la vache, en prit une partie, pour lui-même, et distribua le reste, parmi les gens. Lorsque le propriétaire de la vache fut au courant, il fut si furieux qu'il conduisit le fainéant,  chez le prophète David, pour lui demander justice. Le prophète David écouta, avec attention, les deux hommes ; il se recueillit un instant, puis il se tourna vers le propriétaire de la vache et dit : «Cette affaire est très difficile, c'est très difficile de juger, avec équité,  cette affaire. Il faut patienter, je dois solliciter le Seigneur de m'aider ; rassure-toi, si tu as raison, tu auras ton dû». Le prophète David rentra chez lui et sollicita toute la nuit le Seigneur, lui demandant de l'aider. Dieu exauça son vœu et lui montra la solution. Le lendemain, le propriétaire de la vache se présenta devant la cour et on amena, aussi, le fainéant. Une grande foule s'était, aussi, rassemblée ; les gens étaient curieux de savoir comment le prophète David réglerait cette affaire et quel serait son verdict.

A ce moment-là, le prophète David appela le propriétaire de la vache et lui murmurait  à l'oreille : «Retire ta plainte et fait don de ta vache à cet homme». Le propriétaire de la vache fut si furieux qu'il ne put se retenir  et cria : «Quoi ? Tu me demandes de donner ma vache  à cet homme fainéant. Mais quel est ce verdict, ce n'est pas équitable ?» Le prophète David lui murmura, encore une fois, à l'oreille : «Ne crie pas, ne crie pas, ce n'est pas dans ton intérêt. C'est dans ton intérêt de donner la vache à cet homme. Dieu a préservé, jusqu'ici, ton honneur et occulté tes péchés. Respecte, donc, l'honneur de cet homme et donne-lui la vache». L'homme était si en colère, qu'il cria encore plus fort : «Ô gens, un homme fainéant a volé ma vache, l'a abattue ; et maintenant, on me demande de lui pardonner ; est-ce qu'on peut accepter un tel verdict ?» Le prophète Davide l'appela encore une fois et lui dit : «Tu as refusé ma demande, et tu n'as pas donné la vache à cet homme ; maintenant, je suis obligé d'appliquer le deuxième verdict. Si tu avais accepté le premier verdict, tu aurais été épargné du second verdict qui aurait été annulé». Le prophète David voulait lui dire à l'oreille le second verdict, mais l'homme lui demanda de le dire, tout haut, devant l'assistance. Le prophète David dit : «Comme tu as refusé de donner ta vache à cet homme, je t'ordonne de lui donner toute ta richesse : tes vaches, tes moutons, ta maison, ton argent, tes champs agricoles, bref, tout ce que tu possèdes». Le propriétaire de la vache éclata de rire et dit : «Voilà c'est une nouvelle justice». L'assistance, aussi, commençait à protester ; chacun plaçait son mot et critiquait ce nouveau verdict, jusqu'à ce que le prophète David appela l'assistance à garder le silence. Il s'adressa au propriétaire de la vache et dit : «Si tu n'acceptes pas ce nouveau verdict, tu seras encore plus malheureux, c'est dans ton intérêt d'accepter le verdict». Le propriétaire de la vache cria : «C'est moi qui suis victime d'un crime, mais vous me traitez comme un criminel». Le prophète David dit : «Tu as commis l'irréparable ; ta femme et toi-même vous devez,  dès lors, servir cet homme». Le propriétaire de la vache devint fou de rage ; il courait de-ci de-là et demandait à l'assistance de l'aider. Les gens, qui ne pouvaient pas connaître son for intérieur, se mirent à protester contre le verdict du prophète David. Le propriétaire de la vache quitta la cour et se rendit chez lui. Mais les gens restaient toujours là et continuaient à contester le verdict. Le prophète David leur demanda de se calmer et leur dit : «Ô gens, c'est un secret que Dieu m'a révélé. Cet homme, en l'occurence, le propriétaire de la vache et sa femme  étaient, jadis, au service du grand-père de ce pauvre homme. Le vieillard les aimait, comme ses enfants, et leur donna même une part de sa fortune. Mais cet homme cruel et ingrat voulait toute la richesse de son maître. Il tua son maître et s'appropria toute sa fortune ; il dit aux gens que le vieillard avait disparu. Légitimement, cette fortune revient au petit-fils du vieillard, c'est-à-dire, ce fainéant, qui priait le Seigneur de lui offrir une fortune, sans qu'il s'en donne la peine. Le propriétaire de la vache a caché la dague avec laquelle il a tué son vieux maître sous un arbre ; si cet homme avait renoncé à sa vache, le Seigneur gardait toujours occulte son péché, pour s'en occuper, dans l'Au-delà. Rendons-nous maintenant hors de la ville et trouvons cet arbre. Vous verrez, donc, que je vous dis la vérité».

La foule accompagna le prophète David hors de la ville. David ordonna qu'on appelle, aussi, le propriétaire de la vache. Chemin faisant, le prophète David disait : «Cet homme cruel n'a jamais regretté, même, un seul instant, son crime ; il ne s'est jamais repenti et n'a pas demandé au Seigneur de lui pardonner».

La foule et le prophète David arrivèrent, enfin, devant l'arbre. Le prophète David ordonna qu'on creuse la terre ; on y trouva la dague et la dépouille du riche vieillard. Toutes les personnes qui étaient présentes, baissèrent la tête de honte ; elles demandèrent au prophète David de leur pardonner. La vérité éclata au grand jour et le véritable pécheur fut châtié.

«La queue du rusé renard a été prise au piège». Oui, vous ne vous trompez pas, il s'agit bien du proverbe de la semaine. Mais d'où vient-il ?

Dans des temps lointains, vivait un paysan qui avait un vignoble. Il travaillait beaucoup, sur sa terre, pour récolter, à la fin de l'été, les plus beaux raisins de la région. Il travaillait, même, parfois, toute la nuit, pour s'assurer que ces vignes étaient, suffisamment, arrosées. Tout allait bien mais... Il y a toujours un mais, alors que tout semble aller le mieux du monde. Notre paysan avait un gros problème. De temps en temps, la nuit, un rusé renard se faufilait,  dans le vignoble, il se régalait de beaux raisins succulents et il s'en allait, en piétinant les vignes. Le pauvre vigneron n'en décolérait plus. Il avait tout essayé, pour capturer le pilleur, mais le renard était plus rusé que lui.

Le vigneron décida de ne pas dormir, pendant quelques nuits consécutives, et de faire le guet, près du vignoble, mais en vain.

Enfin, à force de réfléchir sur ce problème, il y trouva une solution. Il creusa un fossé, sur la route du renard, et la couvrit de raisins. Il espérait que le renard tomberait dans le fossé. Mais ce plan si ingénieux qu'il fut ne put tromper le futé renard, qui sentit le danger et choisit un autre chemin. Le pauvre vigneron ne savait plus que faire ; il se sentait totalement impuissant ; heureusement, pour lui, un vieil homme, plein d'expérience, vola à son secours ; il lui proposa de mettre un peu de viande, dans un piège, à l'intention du renard.

Le paysan accepta la proposition et comme il voulait s'assurer qu'il en finirait, une fois pour toutes, avec le renard, il empoisonna la viande, et sûr de son plan, il dormit sur ses deux oreilles. Lorsque  le lendemain, il retourna à son vignoble, il trouva, avec stupeur, la viande intacte,  tandis que ses vignes étaient piétinées. Il se rendit, chez le vieil homme, et lui raconta tout. «Eh bien mon cher, tu as affaire à un malin renard qui ne tombera pas si facilement dans le piège. N'empoisonne plus la viande, le renard a senti l'odeur du poison et n'a pas touché la viande». Le vigneron fit comme lui avait dit le vieil homme et mit un morceau de viande tout frais, dans le piège. Mais il n'avait plus d'espoir.

La nuit, le renard se faufila dans le vignoble. Il n'avait pas encore touché une grappe de raisin, qu'il sentit l'odeur alléchante de la viande et il comprit qu'elle n'était pas empoisonnée ; mais il ne s'en approcha pas, même si l'odeur de la viande le tentait. Il se dit : "Comment se fait-il que cette viande soit au beau milieu de ces vignes". Il s'approcha, avec prudence, de la viande, et se dit : "Il se pourrait que le vigneron m'ait tendu un piège, mais je suis plus rusé que lui ; au lieu d'approcher ma gueule de la viande, je la jetterai avec  ma queue,  un peu plus loin, et s'il y a même un piège, cela peu importe, demain matin le vigneron s'apercevra qu'il n'y a, ni viande, ni renard". Fort de ce plan, il s'approcha, encore, de la viande, et dès qu'il fut tout près du piège, il se retourna et essaya de dégager avec sa queue la viande. Or, il avait omis, dans son plan, un petit point : à la moindre pression, le piège se déclenchait et la queue du renard fut prise. Le lendemain, le vigneron constata, avec joie, que le renard était, enfin, tombé dans le piège. Depuis, lorsqu'un fauteur très rusé, malgré toute son ingéniosité, n'arrive pas à ses fins et est pris au piège, on dit que «La queue du rusé renard a été prise au piège».

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