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mercredi, 26 décembre 2012 13:00

115ème partie

IRIB- La place notoire des contes folkloriques, dans la littérature orale, s'avère certes incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne à laquelle Hérodote avait, déjà, fait référence, et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois... Notre enfance à nous tous est bercée par les contes et légendes, ces récits qui nous ont emporté, avec eux, dans l'univers du merveilleux et du fantastique.

Comme il est de tradition, dans ce magazine, nous vous présenterons  une anecdote tirée du thesaurus de la littérature persane ; cette fois-ci, nous avons choisi un conte des 98 histoires, «Le paon vaniteux».  Ce sera, ensuite, au tour d'un autre proverbe persan.

Il était une fois un très beau paon, qui traversait, par un beau jour de Dieu, la forêt. Il s'acheminait sur un sentier qui le conduisait vers un lac, dont l'eau limpide brillait, comme un diamant, sous le soleil matinal. Le paon de notre histoire avançait lentement, sous l'ombre fraîche des arbres qui étendaient généreusement leurs resplendissants feuillages ; et  il regardait, de gauche à droite, les belles fleurs qui embaumaient l'air de leur parfum exquis. Le bel oiseau arriva, enfin, au bord du lac, et il se regarda dans l'eau aussi claire qu'un miroir. Il fut très étonné de l'image qui se reflétait ; il se trouva très beau, il ouvrit les plumes et il fut encore plus surpris de sa queue, qui était un éventail de mille couleurs. Il se pavana un moment et se dit : "C'est magnifique, comme je suis beau ! Quel splendide plumage ! Quelle  couronne admirable ! C'est incontestable : je suis le Sultan des oiseaux. Il faut que tout le monde s'incline devant moi, me respecte et m'obéisse".

Après ces réflexions, loin de toute modestie, le paon reprit son chemin, mais, cette fois-ci, son allure avait changé. Il avançait avec une telle arrogance ; qu'il ne daignait  même pas regarder sous ses pieds – pardon, ses pattes. Soudain une maman poule et toute sa couvée bruyante, occupée à picorer, apparurent sur le chemin. Le paon cria : «Attention, écartez-vous, écartez-vous». L'oiseau vaniteux avançait, sans même faire attention aux petits poussins, qu'il foula de ses pieds. Les pauvres petits poussins poussaient des cris de douleurs ; leur maman les prit doucement sous ses ailes, en essayant de les consoler.

Le paon continuait son chemin et croisa, sur l'autre bord du lac, un pélican, qui, les yeux mi-clos,  debout sur un seul pied, se reposait, après un copieux repas. Le paon, en s'approchant du pélican, le heurta. Le pauvre pélican tomba par terre ; le paon éclata de rire et continua son chemin.

Tout à coup, un bruit très fort se fit entendre. Le paon regarda à droite, puis, à gauche, mais il ne remarqua rien. Le bruit se fit plus fort et même terrible. Le paon regarda le ciel ; les nuages assombrissaient l'horizon et le soleil s'éclipsait dans son zénith. Le paon voulut poursuivre son chemin, mais une force plus puissante le poussait vers l'arrière. Il faisait, maintenant, très froid, et le vent soufflait très fort. La maman poule appela ses petits poussins : «Allez, allez ,dépêchez-vous mes enfants, il faut rentrer, le vent est très fort et il va pleuvoir, dans un instant».

Le paon, qui entendait la poule, éclata de rire et dit : «Ha ha ha...Jje suis fort et grand, je suis le Sultan des oiseaux, je ne crains pas la tempête ! Je ne me sauverai pas !» Le paon resta, donc, debout, sur le chemin du vent, et le vent soufflait encore plus fort. Soudain, une plume de l'aile du paon se détacha, puis une autre et une autre... ce fut, ensuite, au tour des plumes de sa queue. Le paon voulut s'enfuir, mais le vent ne le permettait pas. Il entendit, au milieu des sifflements du vent, un canard, qui l'appelait, criant : «Viens chez nous, jusqu'à ce que la tempête s'apaise». Le paon lui jeta un regard dédaigneux et dit : «Fi de ces paroles futiles ! Moi, le Sultan des oiseaux, me rendre dans ton nid misérable,  avec ces plumes si longues ! Tu n'es qu'un pauvre et faible canard ; quant à moi, je suis fort. Je continuerai mon chemin, jusqu'à mon nid ; il n'est, d'ailleurs, pas très loin».

Le têtu paon poursuivit, donc, son chemin, mais il perdit, encore, quelques plumes. Il arriva devant le nid de la maman poule, qui l'invita à se mettre à l'abri : «Ô le paon ! Viens ici, tu vas perdre tes plumes, notre nid te protègera du vent et de la pluie». Le vaniteux paon, qui était transi de froid, continua sa route, sans daigner même répondre à la poule. Il avançait d'un pas, mais le vent le poussait en arrière de deux pas ; la tempête ne cessait pas et devenait plus forte, de sorte que tout ce qui restait encore du beau plumage se détacha et le paon ne fut, en quelques instants, qu'un oiseau sans plume. A ce moment là, un perroquet, qui se trouvait sur une branche d'arbre, éclata de rire et montra du haut de son perchoir, le pauvre oiseau : «Regardez, donc,  le paon, sans plume, ni couronne !» Furieux, le paon accéléra le pas et s'éloigna de l'espiègle perroquet. Harassé, le paon déplumé s'appuya à un arbre, sans se rendre compte qu'il avait détruit une ruche d'abeilles. Très en colère, les laborieux insectes l'attaquèrent et le piquèrent. Le pauvre paon cria de douleur et s'enfuit vers la forêt ; les abeilles le poursuivirent un moment, puis, l'abandonnèrent à son sort et retournèrent vers leur ruche. Le paon déplumé, le corps meurtri par les piqûres, et de surcroît, transi de froid, se laissa tomber à terre. Il gémissait : "Hélas, quel sort ! Si, seulement, j'avais un plumage noir, comme celui du canard ou bien blanc, comme la poule !"

Maintenant, le vent était tombé, les nuages s'étaient dispersés, le ciel se dégageait et le soleil apparut, de nouveau, au beau milieu de la voûte céleste. Le paon s'assit et commença à réfléchir. Il regarda, ensuite, son corps : il croyait rêver, il ne pouvait pas y croire. Son corps était, de nouveau, couvert d'un beau plumage. Il cria de joie et il se dit : "Dieu soit loué, j'ai retrouvé mes plumes. Le Seigneur a exaucé ma prière ; dès lors, je resterai humble, devant les autres oiseaux, et je ne me moquerai jamais de personne".

«Le balaie a heurté la pelle». ». Oui, il s'agit bien du proverbe de la semaine, mais d'où vient-il ? Et qui l'a dit pour la première fois ? Il est relaté que, dans les temps anciens, vivait un  commerçant,  très riche, mais aussi, très capricieux, de sorte qu'aucun valet ne pouvait rester chez lui plus de deux jours ; le troisième jour, il s'en allait le cœur gros. Or, un valet qui cherchait, depuis quelque temps, du travail, se dit : "Je vais servir ce commerçant ; il est riche, et je serai, donc, bien payé". Il voulut, pourtant, s'informer davantage, sur son futur maître. Les voisins et les connaissances du commerçant étaient tous unanimes : ils déconseillèrent  au jeune valet de travailler, pour ce commerçant ; mais le jeune homme fit la sourde oreille. Il se vantait : «Je suis différent des autres, je travaillerais de telle manière, pour mon maître, qu'il ne pourra trouver aucun prétexte. Je ferai un travail impeccable». Ainsi dit, ainsi fait. Le jeune valet commença son travail, chez le commerçant, qui, dès le premier jour, le mit en garde :

«Tu sais que cette maison est différente des autres ?

-         Je sais maître...

-         Tu sais que je ne pardonnerai pas la moindre erreur ?

-         Je sais maître».

Le maître prit une oreille du jeune valet, dans sa main, et tout en la serrant, il siffla dans ses oreilles : «Eh bien, ouvre grand tes oreilles ! Je te donne, seulement, trois jours, pour nettoyer la maison ; je te punirai à la moindre faute,  compris ?» Le jeune valet, qui n'avait rien à dire, s'exclama : «Oui maître» ; et il commença, sans perdre de temps, à nettoyer la maison. Il balaya les pièces, il nettoya le jardin, il essuya partout  la poussière, les fenêtres brillaient... Il travailla, donc, pendant trois jours. Une fois, son travail terminé, il alla chercher son maître et lui dit : «Ô mon maître, j'ai accompli ma tâche, comme vous me l'aviez demandé, tout est impeccable». Le maître hocha la tête et dit : «On ne sait jamais. Il faut que je vérifie moi-même !» Le maître commença, donc, son tour par le jardin. Il remarqua trois petites feuilles, sous un arbre, et il les montra au jeune valet : «Eh bien, que font, donc, ces feuilles ici ?» Le valet en prit une et dit : «Regardez vous-même maître, elles sont tout fraîches, c'est-à-dire, que le vent les a fait tomber, juste à cet instant-là, ce n'est pas ma faute». Le maître ne put rien dire à ce raisonnement et il continua son inspection. Soudain, il remarqua les bords du bassin qui étaient sales. Il dit : «Eh bien, quel est ton prétexte, pour ces bords si sales ?» Le valet répondit : «Maître, j'ai nettoyé le bassin et ses bords, mais regardez en haut, sur ces arbres. Ces effrontés corbeaux sont responsables de cela». Le maître ne put, encore, rien dire. Il se rendit à la cave qu'il trouva très propre. Il regarda un peu partout et soudain il cria : «Qu'est-ce que tu as fait ?» le valet répondit : «Qu'est-ce que j'ai fait maître ?»

Le maître lui montra un coin et lui dit : «Regarde, donc, le balai et la pelle ?»

Le valet dit : «Eh bien, qu'est-ce qu'il y a ?

-         Dis donc, regarde : le balai a heurté la pelle.

-         Quoi ?

-         Je te dis : le balai a heurté la pelle. Il ne faut pas que le balai et la pelle se heurtent, il faut qu'ils soient loin l'un de l'autre. Tu ne peux plus travailler ici».

Dès lors, on dit au quidam qui cherche midi à quatorze heures, «Le balai a heurté la pelle». Merci de votre fidélité.

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