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mardi, 18 décembre 2012 15:30

114ème partie

IRIB- La place notoire des contes folkloriques dans la littérature orale s'avère, certes, incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne à laquelle Hérodote fait, déjà, référence,  et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois...

Comme il est de tradition, dans ce magazine, nous vous présenterons  une anecdote tirée du thesaurus de la littérature persane ; aujourd'hui, nous voyagerons dans l'espace et le temps avec une anecdote du Golestân, ce monument majestueux de Saadi de Chiraz, pour  vivre  une autre histoire que le grand poète nous relate, dans son beau et chaleureux langage ; cette fois-ci, il s'agit du récit du «jeune lutteur». Nous vous raconterons, ensuite, l'histoire qui a donné naissance à un proverbe iranien. Restez avec nous.

Il était une fois, dans les temps anciens, un jeune lutteur très fort, mais pauvre. Il décida de quitter sa ville natale, en quête d'un métier, qui lui permettrait de vivre décemment. Il rassembla ses modestes affaires et se rendit chez son père pour lui faire ses adieux. Son père, un homme très sage, ne voyait rien de bon, dans ce voyage, pour son fils ; il essaya de l'en dissuader, lui parla des nombreuses difficultés qui l'attendaient ; il lui demanda de rester dans leur ville. Or, le jeune homme avait pris sa décision et rien ne pouvait le persuader d'y renoncer. Il énuméra les bienfaits du voyage, pour son père, et l'assura que rien ne lui arriverait et qu'il prendrait soin de lui-même. Le père soupira et laissa son fils partir.

Le jeune lutteur sortit de sa ville et arriva à un port, où il rencontra un capitaine ; il lui demanda de l'accepter sur son bateau, mais, comme il n'avait pas d'argent, le capitaine refusa. Le jeune homme insista et après beaucoup de marchandage, il céda ses vêtements au capitaine qui les accepta, en contrepartie, sur son bateau.

Le jeune homme  prépara un coin douillet, dans le bateau, et s'y installa ; un peu plus tard, il se dit qu'il était temps de récupérer ses vêtements ; sans perdre un instant, il alla trouver le méchant et cupide capitaine, qu'il roua de coups. Les amis du capitaine se précipitèrent sur le jeune homme, mais ils n'étaient pas à la hauteur et le jeune lutteur s'en débarrassa d'un coup de poing. Le capitaine et ses amis capitulèrent, lui rendirent ses vêtements, mais ils restèrent à l'affût d'une occasion, pour se venger. Pendant ce temps, le bateau s'éloigna de la côte et prit le large. Le bateau avançait, ainsi, jusqu'à ce qu'il arriva à des piliers qui se dressaient au milieu de la mer. Le capitaine dit : «La traversée sera très difficile, j'ai besoin d'une personne courageuse et forte qui n'aurait pas peur de monter sur ces piliers et de guider le bateau sur son chemin». Le jeune homme qui avait oublié sa rancune et qui se croyait le plus fort et le plus courageux, se déclara volontaire, sans se rendre compte du plan qu'on avait tramé à son encontre. Bref, le jeune homme escalada, agilement, les piliers et guida le bateau ; le vaisseau passa, ainsi, sain et sauf, entre les piliers,  mais le jeune homme resta toujours en haut ; ce fut, à cet instant, qu'il comprit ce qui lui était arrivé ; le bateau s'éloignait, tandis que le jeune homme entendait toujours les éclats de rire du capitaine et de ses matelots.

Le pauvre jeune homme n'avait d'autre choix que de s'accrocher au pilier ; il avait si peur qu'il ne pouvait même pas regarder  les vagues rugissantes qui se déchaînaient sous ses pieds ; enfin, épuisé il s'endormit et sans s'en rendre compte, il tomba à l'eau ; il nagea, pendant une longue journée ; soudain, il vit la terre et en quelques brassées, il se trouva, enfin, sur la terre ferme ; mais il était si assoiffé, si affamé et si fatigué qu'il ne pouvait même pas se tenir debout ; il s'évanouit ; quelques heures plus tard, lorsqu'il reprit conscience, il se mit à marcher, tant bien que mal, et ce fut, à cet instant, qu'il croisa une caravane. La nuit était tombée et les voyageurs avaient peur des bandits qui pouvaient les attaquer. Le jeune homme trouva le moment propice ; il s'approcha et leur dit : «Ne craignez rien, soyez tranquille ; tant que je serais à vos côtés, aucun voleur n'osera vous attaquer». Les voyageurs se sentirent rassurés ; ils lui apportèrent de quoi manger et boire. Le pauvre jeune homme qui n'avait rien pris, ces derniers jours, avala tout ce qu'on lui avait apporté ; une fois, rassasié, il s'endormit. Son sommeil était si lourd que rien ne pouvait le réveiller. Un homme sage, qui se trouvait, parmi les caravaniers, dit aux autres : «Je ne crois pas que ce jeune homme vantard puisse nous protéger devant les bandits ; nous ferions mieux de le laisser et de continuer, tranquillement, notre chemin, avant qu'on nous attaque. La caravane s'éloigna et abandonna le jeune homme à son sort. Lorsqu'il se réveilla, enfin, il se trouva tout seul au milieu du désert aride. Soudain, il vit un cavalier qui s'approchait ; c'était un prince qui chassait, dans le désert, mais qui avait perdu ses hommes. Le prince eut pitié du jeune homme, lui dit de monter sur son cheval, et il continua, ainsi, son chemin, jusqu'à ce qu'il retrouva ses hommes. Le jeune lutteur lui raconta ses mésaventures. Le prince lui donna une grosse somme d'argent et lui dit de rentrer chez lui. Lorsque le jeune homme rentra, sain et sauf, chez lui, son père en fut très heureux et loua le Seigneur, le Très Haut. Le jeune homme lui raconta ses aventures : «Mon cher père, comme vous le constatez, il faut voyager et s'exposer au danger, pour s'enrichir. Je suis devenu riche, en peu de temps». Le père lui répondit : «Mon fils, cette fois-ci, la chance était de ton côté, mais la porte ne tournera jamais de la même façon sur ses gonds ; oublie, donc, ce voyage et ne raconte à personne tes aventures ; il se pourrait que quelqu'un s'imagine  trouver un prince au milieu du désert ; ce n'est pas un hasard auquel on se pourrait se fier».

«Si tu étais à ma place, tu te sauverais de montagne en montagne». Eh bien oui, il s'agit du proverbe de cette semaine, mais qui l'a dit pour la première fois et en quelle occasion ? C'est ce que nous allons savoir, dans un instant.

Il est relaté que, dans des contrées lointaines, un chasseur acheta un faucon et l'emmena chez lui. Après quelques jours, le faucon et la poule du chasseur devinrent des amis. Ils parlaient, ensemble, de tout et de rien et se racontaient ce qu'ils faisaient dans la vie. Le faucon disait : «J'ai la tâche de trouver les animaux que notre maître a chassés». La poule disait à son tour : «Quant à moi, je dois pondre des œufs et veiller sur ma couvée». Le faucon lui demanda : «Cela fait combien de temps que tu es chez le chasseur ?» La poule répondit : «Il y a quelques années. Mais pourquoi cette question ?» Le faucon dit : «Alors, pourquoi tu es si infidèle envers ton maître ? N'est-ce pas lui qui te donne de quoi manger et un nid pour te reposer». Surprise la poule rétorqua : «Mais comment se fait-il que tu penses que je suis infidèle envers notre maître ?» Le faucon répondit : «A chaque fois que tu vois notre maître ou une autre personne qui s'approche de toi, tu t'enfuis et tu te refuges sur le mur ou sur le toit ; c'est de l'ingratitude. Nous, les oiseaux prédateurs qui avons vécu dans les montagnes ou les forêts, du moment qu'un homme fait preuve de gentillesse, à notre égard, nous nous sentons des devoirs envers lui et nous nous mettons à son service».

La poule dit : «Mais nous aussi, nous les poules, nous sommes au service des hommes». Le faucon rétorqua : «Pas du tout ; vous, les poules vous naissez chez les hommes, et grandissez avec, mais dès qu'ils s'approchent de vous, vous vous sauvez. N'as-tu pas vu comment les oiseaux prédateurs s'assoient sur l'épaule des hommes ?» La poule qui se sentait très malheureuse, répondit : «Si, j'ai vu les oiseaux prédateurs, sur les épaules des hommes, mais toi, tu n'as jamais vu une chose, à propos des poules».

Curieux, le faucon dit : «Quoi ?» La poule dit : «Tu as vu une poule vivante mais tu n'as jamais vu comment elle meurt». Le faucon battit des ailes et dit : «De quoi tu parles ? Comment meurent, donc, les poules ?» Et la poule de répondre : «As-tu jamais vu un prédateur que l'on tue, qu'on déplume ensuite, qu'on fait griller sur le feu ? As-tu jamais senti l'odeur de la chair grillée ? As-tu jamais entendu les cris et les gémissements de ton congénère, qui crie au secours, mais tu ne peux rien faire pour lui ?» Le faucon dit : «Non, je n'ai jamais, ni vu, ni entendu, ces choses-là». La poule sourit : «Tu n'as jamais vu de telles choses et tu vis, tranquillement, auprès des hommes ; quant à moi, j'ai vu de mes propres yeux, à maintes reprises comment on coupe la gorge de mes congénères, j'ai entendu leurs cris désespérés ; si tu étais à ma place,  tu te sauverais de montagne en montagne, je suis donc une poule très fidèle, puisque je me contente de me sauver du mur au toit». Depuis, lorsqu'au moment des difficultés, un quidam  reproche sa conduite à autrui, sans être au courant de ce qu'il vit, on lui dit : «Si tu étais à ma place, tu te sauverais de montagne en montagne». Merci de votre fidélité.

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