This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
jeudi, 08 novembre 2012 13:19

109ème partie

IRIB- La place notoire des contes folkloriques, dans la littérature orale, s'avère, certes, incontestable.

Le conte est une vieille tradition iranienne qu'Hérodote avait, déjà, soulignée ; et tout au long de leur histoire mouvementée, les Iraniens ont fait porter à leurs récits, la marque d'une culture qui variait avec le temps.  C'est ce thème, aussi vieux que l'homme sur la terre, que traite cette série d'émissions, Il était une fois... Notre enfance à nous tous est bercée par les contes et légendes ; ces récits qui nous ont emporté avec eux dans l'univers du merveilleux et du fantastique.

Comme nous vous l'avons promis, nous allons vous raconter la suite de l'anecdote tirée du Golestân de Saadi de Chiraz. Nous vous relaterons, ensuite, l'histoire qui a donné naissance à un proverbe persan. Restez avec nous.

Nous avons dit, la dernière fois,  que dans les temps anciens, il y avait un roi souffrant d'une maladie incurable.  Désespérés, ses vizirs demandèrent à un médecin de grande renommée, qui vivait, en Grèce, de se rendre chez eux, pour guérir le roi. Le médecin grec parvint à découvrir enfin après des jours de recherches, un remède au mal du roi, mais un remède étrange. Le médecin réunit les vizirs et leur expliqua que, pour guérir cette maladie, il était  obligé de tuer un homme. Surpris  le grand vizir dit : «De quoi parles-tu ? Que veux-tu dire ? Parle plus clairement. Quel rapport y a-t-il entre le traitement de la maladie du roi et la vie d'une autre personne ?» Le médecin expliqua : «La maladie du roi ne se guérira que par le fiel d'une personne avec des spécificités que je vous signalerai». Embarrassés, les vizirs se regardèrent, ils n'osaient rien dire. Le médecin continua : «Vous devez chercher partout et trouver celui qui aura toutes les spécificités voulues». Le grand vizir demanda : «De quelles spécificités vous parlez ?»

Le médecin répondit : «Cet individu devra avoir de nombreuses spécificités, desquelles je parlerai, en son temps, mais, avant tout, il me faut un enfant de douze ans». Le vizir dit : «Tu es sûr de ce que tu dis ? Il te faut un enfant». Le médecin répliqua : «Oui, un garçon de 12 ans, et non pas une fille. Bien entendu, l'âge de cet individu est une des spécificités qu'il devra avoir». Le grand vizir s'adressa aux vizirs et aux médecins qui étaient présents et leur demanda : «Qu'en dites-vous ? Nous avons le droit de tuer un enfant innocent, pour sauver le roi ?» Un des vizirs répondit : «Il faut débattre de la question, réfléchir davantage, avant de prendre une telle décision». Le grand vizir mit au courant le roi ; celui-ci, qui était un homme juste et bienfaisant, en fut bouleversé, il se mit à pleurer : «Je ne voudrais pas qu'un enfant innocent perde sa vie, pour que je guérisse». Le grand vizir dit : «Sire, je dois vous rappeler, toutefois, que si quelque chose vous arrive, le pays basculera, dans le chaos, et, à ce moment-là, il ne sera plus question de la vie d'un enfant, il s'agira de la vie de milliers d'hommes et de femmes innocents qui sera en danger». Perplexe, le roi dit : «Je ne peux rien dire, vous feriez mieux de vous réunir et de vous consulter davantage. Tous les vizirs, les médecins, les notables, devront être présents à cette réunion, sans oublier le grand juge. J'accepterai la décision de l'assemblée». Le grand vizir exécuta, sans perdre un seul instant, l'ordre du roi. Les assistants délibérèrent toute une journée. Ils furent tous unanimes pour dire que la vie du roi valait plus que celle d'un simple mortel, puisque sa disparition entraînerait le pays, dans le chaos, et la mort de centaines de milliers de personnes. Au terme de la réunion, le roi fut mis au courant de la décision de l'assistance. Il fut, donc, convenu de chercher le garçon, qui aurait les spécificités souhaitées par le médecin grec. Les agents du roi cherchèrent, partout, dans le pays, et le trouvèrent, enfin, dans un village. Ils le conduisirent avec ses parents, auprès du roi, qui leur raconta toute l'affaire. Les parents de l'enfant acceptèrent de le sacrifier, pour le roi, ce dernier leur donna une énorme récompense.

Le grand jour arriva, ce jour où le garçon devrait être tué, afin que son fiel serve de remède au roi. Les parents de l'enfant, le roi et ses vizirs, le grand juge et les médecins étaient tous présents. Le juge prit la parole et expliqua qu'il admettait que le sang d'une personne soit versé, pour sauver le roi. Le vizir ordonna que le bourreau arrive pour exécuter l'enfant. Le bourreau se rendit devant l'assistance, il mit son épée sur le cou de l'enfant et attendit l'ordre du vizir. A ce moment là, le pauvre enfant leva la tête vers le ciel et sourit. Toute l'assistance fut surprise. On se demandait comment se faisait-il que ce garçon, à deux doigts de la mort, soit si heureux. Le roi lui dit : «Pourquoi ce sourire, alors que tu dois mourir ?» Le garçon répondit : «Lorsqu'un enfant est victime de la tyrannie, il se plaint à ses parents ; or, je ne peux pas me plaindre à mes parents, car ils m'ont vendu et ont préféré les biens de ce monde d'ici-bas à leur enfant ; si quelqu'un n'a, ni père, ni mère, il porte plainte auprès du juge ; or, le juge a vu l'intérêt du pays, dans ma mort, je ne peux, donc, pas me plaindre chez lui. Dans ces conditions, il ne reste que le roi, pour s'occuper de cette plainte. Or, dans mon cas, le roi a ordonné, lui-même, de me tuer ; en fait, cette tyrannie vient de lui. Je ne peux, donc, saisir, ni mes parents, ni le juge, ni le roi. Il ne me reste d'autre refuge que le Seigneur, le très Haut. J'ai levé ma tête vers le ciel, j'ai souri et j'ai porté plainte, auprès de Lui». Ainsi parla l'enfant. Le roi fut bouleversé et se mit à pleurer. Il prit l'enfant dans ses bras, lui demanda pardon,  et le confia à ses parents, qui l'emmenèrent. Il est dit que le roi fut guéri, une semaine plus tard.

« Souffle, tu peux mourir, mais  souffle !» Oui, vous ne vous trompez pas, il s'agit du proverbe du jour. Mais d'où vient-il, ce bon vieux dicton ?  Il est relaté que, dans les temps anciens, les pères de famille, soucieux d'assurer un avenir à leur progéniture et de les écarter de la paresse, confiaient leurs fils à des maîtres artisans, pour qu'ils apprennent un métier. En ce temps-là, vivait un adolescent très paresseux, détestant le travail. Le père, qui en avait assez, décida de confier son jeune fainéant de fils à l'homme qui avait le plus dur des métiers, un forgeron. Il conduisit, donc, le jeune homme, chez le forgeron, et, après les salutations, il dit : «Maître ! J'ai un fils très intelligent, qui aime beaucoup travailler, j'aimerais que, pendant l'été, il vienne chez vous et que vous fassiez de lui un maître, comme vous-même». Le maître forgeron accepta. Il jeta un coup d'œil sur le jeune homme et commença à lui expliquer les outils de son travail et comment on les maniait. Ensuite, il s'adressa au père de l'adolescent et le rassura : «Sois tranquille,  je ferai de ton fils un meilleur forgeron que moi-même». Le père le remercia : «Ô maître, il est totalement à toi, fais comme si c'était ton propre fils. Tu pourras le former, comme tu l'entends, je ne te demande que d'en faire un forgeron accompli». Le père confia, ensuite, son fils au forgeron et partit. Le paresseux jeune homme comprit qu'il n'était plus question de passer son temps à ne rien faire. Mais il cherchait toujours un moyen lui permettant de se dérober au travail. Le maître forgeron lui montra le four et lui expliqua : «Ecoute mon fils, pour fabriquer quoi que ce soit, nous devons, tout d'abord, fondre le fer, dans le four, pour, ensuite, lui donner la forme souhaitée. Pour cela, nous avons besoin d'un feu bien entretenu, dans le four. Eh bien, installe-toi près du four et actionne le soufflet, afin que l'air passe, dans le four, et embrase le feu. Nous, les forgerons, nous l'appelons «soufflet». Tu dois, donc, actionner le soufflet du four.

Le jeune homme paresseux s'empressa d'obéir à son nouveau maître, il dit : «Oui, maître», et il s'installa près du four. Ensuite, comme le lui avait expliqué le forgeron, il commença à souffler, dans le four, pour entretenir le feu. Chaque fois que le jeune homme actionnait le soufflet, l'air passait au travers du sac en cuir et atteignait le four, embrasant le feu. Une heure passa ainsi, le jeune homme se sentit fatigué. Il s'adressa au forgeron : «Maître, je suis fatigué, puis-je allonger ma jambe droite et souffler dans le four ?»  Le maître forgeron, essuya son front en sueur d'un revers de main et dit : «Comme tu t'es vite fatigué ! Pas de problème tu peux allonger ta jambe». Peu de temps après, le jeune paresseux dit : «Maître, je peux allonger ma jambe gauche». Le forgeron dit : «Oui, allonge ta jambe gauche». Mais cela ne put apaiser le jeune homme, qui, plus le temps passait, plus il se sentait fatigué. Il dit, enfin, au forgeron : «Maître, je peux m'allonger et travailler ? Comme ça, le four sera plus chaud». Le forgeron hocha la tête  et dit : «J'ignore comment on peut s'allonger et en même temps souffler dans le four, mais pas de problème, si tu te sens ainsi plus à l'aise, je n'ai rien à dire». Le jeune paresseux continua, donc, à souffler, dans le four, puis il se dit : "Comme je suis bête, pourquoi ne pas dormir près du four ?" Il bailla, s'étira et dit au forgeron : «Maître, il fait chaud, quand on travaille, on est fatigué, permets, donc, que je dorme près du four, tout en y soufflant». Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Ces paroles firent sortirent le pauvre  forgeron de ses gonds, qui jeta son marteau, dans un coin, et vociféra : «Souffle mon garçon, tu peux mourir, mais souffle !» Depuis on entend souvent dire à celui qui essaie de se dérober à sa tâche, par divers prétextes : «Souffle, tu peux mourir, mais souffle». Merci de votre fidélité et à la semaine prochaine !

Plus dans cette catégorie : « 108ème partie 110ème partie »

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir